Ils vendaient de faux certificats de vaccination: deux médecins généralistes brabançons, un membre du personnel d’un centre de vaccination de Tubize et une mule de Charleroi sont désormais inquiétés. Des plaintes ont été déposées contre eux, ainsi que contre les bénéficiaires de faux CST. Voici nos révélations.
Nouveaux rebondissements dans le cadre de la délivrance de faux Covid Safe Ticket (CST): deux médecins généralistes du Brabant wallon, un membre du personnel administratif d’un centre de vaccination de Tubize et une mule originaire de Charleroi sont le coup de plaintes avec constitution de partie civile déposées auprès d’un juge d’instruction, a appris ce lundi L’Avenir auprès de la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS).
Centre de vaccination de Tubize: un membre du personnel en fuite
Une enquête minutieuse de l’Aviq (l’Agence wallonne pour une Vie de Qualité) a permis de démanteler l’implication d’un membre du personnel administratif d’un centre de vaccination situé à Tubize. Cette personne est soupçonnée d’avoir réalisé une centaine de faux encodages aux carnets de vaccination. Via Vaccinnet, le logiciel d’encodage de la vaccination, elle encodait des personnes qui auraient dû être vaccinées mais qui ne l’ont pas été.
Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée auprès d’un juge d’instruction, mais la personne est actuellement introuvable. "L’Aviq est en train de supprimer tous les encodages suspects", précise-t-on au cabinet de la ministre wallonne de la Santé. Les procédures ont, par ailleurs, été renforcées, notamment dans l’identification des encodages. Un certificat de bonne vie et mœurs vierge est, en outre, réclamé.
Une cinquantaine de vaccinations suspectes de deux médecins
Deux médecins généralistes du Brabant wallon font, eux aussi, l’objet d’une plainte avec constitution de partie civile pour avoir réalisé une cinquantaine de vaccinations suspectes. Une requête unilatérale d’urgence en justice a permis à l’Aviq de leur retirer l’accès au logiciel d’encodage de la vaccination. Le retrait en pharmacie des vaccins ne leur est également plus possible. Les faux CST délivrés sont en train d’être désactivés.
"Les personnes qui ont acheté ces faux certificats de vaccination font également l’objet d’une plainte et pourront être poursuivies. Elles ne peuvent déjà plus utiliser leur Covid Safe Ticket, qui a été suspendu. Nous allons leur écrire à chacune pour leur proposer de se faire vacciner dans un centre de vaccination."
Interpellé alors qu’il s’apprête à recevoir une… 9e dose de vaccin
Un quidam de la région de Charleroi a, pour sa part, été interpellé dimanche soir dans un centre de vaccination alors qu’il s’apprêtait à recevoir... pour la neuvième fois un vaccin contre le Covid-19. Considéré comme une mule, l’homme avait été repéré par le personnel du centre. Il s’est avéré qu’il s’était déjà rendu sur place à 8 reprises pour se faire vacciner, avec des cartes d’identité différentes, contre probable rémunération des personnes concernées. Il a finalement été appréhendé par la police. Une plainte avec constitution de partie civile sera prochainement déposée contre cette mule, ainsi que contre les personnes qui ont fait appel à son service.
La ministre a également indiqué que d’autres contrôles sont effectués en ce moment auprès d’autres praticiens. Cinq enquêtes administratives sont actuellement en cours concernant des médecins, et une autre dans un centre de vaccination.
Un médecin urgentiste avait déjà été placé sous mandat d’arrêt
Fin novembre, des mesures fermes avaient été prises contre un médecin liégeois suspecté d’avoir fourni plus de 2.000 faux certificats de vaccination à la suite d’une plainte et d’une constitution de partie civile de l’Aviq (l’Agence wallonne pour une Vie de Qualité). Inculpé, Mouhamadou Diagne a été placé sous mandat d’arrêt pour faux informatique, fraude informatique et atteinte à un système informatique. Il est en aveu des faits, son mandat d’arrêt a été confirmé pour un mois. Originaire de Liège, l’homme, qui aimait l’argent ou encore les belles voitures, a délivré les CST contre rémunérations. Certaines d’entre elles étaient parfois importantes, allant jusqu’à 1.000 euros. L’inculpé comparaîtra dans le courant de la semaine prochaine devant la chambre du conseil de Mons, qui décidera de son maintien ou non en détention préventive.
Plusieurs tribunaux de première instance avaient reçu une requête en extrême urgence exigeant que ce médecin n’ait plus accès au système de vaccination Vaccinnet. L’Inami et l’ordre des médecins avaient également été saisis. Il n’est pas exclu que le médecin soit suspendu. Les faux certificats ont bien entendu été désactivés et les fraudeurs vont être poursuivis. Une plainte avait été déposée à leur encontre par les autorités compétentes.
Le cas du médecin urgentiste liégeois n’est donc pas un cas isolé, comme l’avaient déjà sous-entendu les autorités wallonnes. Une dizaine d’autres praticiens faisaient, en effet, l’objet d’enquêtes.

