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NATURE

Parc national: à quatre pour deux places

Parc national: à quatre pour deux places

Les Hautes Fagnes accusent quelques longueurs de retard sur la concurrence à l’issue des présélections. Mais tout est encore jouable, les compteurs sont remis à zéro. ÉdA Philippe Labeye

L’Entre-Sambre-et-Meuse, la Vallée de la Semois, la Forêt d’Anlier et les Hautes Fagnes toujours en lice pour devenir parc national.

Le gouvernement wallon a octroyé quatre sésames ce jeudi, suite à l’appel à projets lancé en juillet dernier. À savoir Entre-Sambre-et-Meuse (84% des voix), Vallée de la Semois (80,44%), Forêt d’Anlier (74,33%) et Hautes Fagnes (71,67%)

Signalons, et c’est important, que les compteurs seront remis à zéro pour la seconde étape du processus de sélection. Les candidats vont recevoir l’analyse fouillée réalisée par le jury composé d’experts indépendants. Ils pourront donc améliorer leurs points faibles, à l’instar des Hautes Fagnes, cité comme favori et dont le projet a finalement été présélectionné de justesse! Trois dossiers n’ont pas été retenus: la Famenne-Ardenne, les forêts de Brabant et la forêt de Saint-Hubert.

 

Entre-Sambre-et-Meuse: «Une biodiversité très élevée!»

 

Le fond de la Botte a donc émergé, le début d’une prise de conscience des richesses d’une région (Chimay, Couvin, Viroinval et Froidchapelle) qui a trop cultivé la sinistrose, à entendre Céline Tellier, la ministre régionale de l’Environnement et de la Nature: "Les experts ont considéré qu’il s’agissait d’un dossier qui insufflait une belle dynamique. Ils ont considéré que le territoire comporte des joyaux de la nature trop peu mis en valeur. Le côté "défi pour la région" a séduit les experts."

 

Vallée de la Semois: « Enchantés !»

 

"Nous sommes enchantés! D’autant qu’il faut bien l’avouer, au départ nous étions peu motivés parce qu’on entendait dire que le projet des Hautes Fagnes et surtout celui de Nassonia étaient déjà gagnants, commente Nicolas Ancion, directeur du parc naturel de Gaume. Un projet tel que celui-là ce n’est pas que de l’écologie, il y a les volets économique, touristique, culturel… Tout le monde a à y gagner."

Ce qui a plu au jury dans le projet? Une forte cohérence liée au fil conducteur qu’est la Semois, explique la ministre Tellier citant également une coalition forte d’acteurs et plurielle (public, privé et associatif), un potentiel touristique indéniable, le retour de certaines espèces comme le lynx, la loutre et le loup ou encore la mise en œuvre d’une forêt résiliente.

 

Forêt d’Anlier: «Nous avions de bons espoirs»

 

"Nous sommes très contents, confie Donatien Liesse, directeur du parc naturel Haute-Sûre Frêt d’Anlier porteur du projet. Je vais un peu mettre la modestie de côté, nous nous attendions à être dans le Top 5 et nous avions de bons espoirs d’être dans le Top 4. "

Voilà plusieurs années maintenant que la forêt d’Anlier, plus grand massif feuillu de Belgique (12 000 hectares au total principalement sur Léglise, Fauvillers, Martelange, Attert et Habay), s’inscrit dans une démarche de préservation de la biodiversité et de slow tourisme (un tourisme durable) ainsi que dans une dynamique de partage de la forêt entre tous ses utilisateurs.

 

Prochaine étape en octobre 2022

 

Pour la ministre du Tourisme Valérie De Bue, "les projets retenus s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Stratégie 2030 pour le Tourisme wallon. Ils proposent de développer quelque chose de nouveau en capitalisant les spécificités et les forces de chaque territoire".

Pour rappel, l’objectif du projet de création de parcs nationaux en Wallonie est double. Par la valorisation des espaces naturels remarquables de Wallonie il tend à contribuer au développement de la biodiversité, tout en constituant une opportunité touristique et économique exceptionnelle.

Prochaine étape: établir un plan directeur et un plan opérationnel, à déposer pour octobre 2022. Pour ce faire, chaque candidat pourra compter sur enveloppe de 250 000€ (et sur 250 000€ supplémentaires pour mener à bien quelques projets). Les deux parcs nationaux bénéficieront chacun de 13 millions d’euros.


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