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CHARLEROI

Énergie: un étrange cas de facture à Charleroi

Énergie: un étrange cas de facture à Charleroi

Pietro Firenze, fondateur d’une PME à Jumet, ne comprend pas la hausse irrationnelle de sa facture d’électricité: +270% en quelques mois. D.A.

À Jumet, le patron d’une PME voit ses factures d’électricité augmenter de mois en mois alors qu’il consomme moins. Coup de colère.

Depuis le remplacement du compteur d’électricité de son entrepôt de Jumet à la rue Bayemont, la papeterie Pierrot a vu sa facture… exploser! "Nous sommes passés d’une moyenne de 890 euros mensuels à près de 2 400 pour la dernière facture", constate Pietro Firenze, fondateur directeur de la PME qui occupe 13 travailleurs (lire ci-dessous). Cela représente une augmentation de près de 270%! Ce qui n’a aucune justification, selon l’entrepreneur.

Ce dernier est formel: les consommations d’énergie n’ont quasi pas changé, elles sont même à la baisse ces trois derniers mois. "En attendant l’aménagement d’une nouvelle chambre froide, nous avons juste acquis une voiture électrique qui est chargée sur place." Or, les besoins en énergie du véhicule ne peuvent pas justifier une telle majoration. "J’ai donc logiquement demandé des explications à mon fournisseur d’électricité", rapporte Pietro Firenze.

Dans sa réponse, Luminus lui explique que les données qui servent de base au calcul des provisions sont fournies par ORES, gestionnaire de l’infrastructure. C’est cet opérateur qui a procédé à l’installation du nouveau compteur. "Nous avons payé un montant de 8 800 euros au mois de mai pour cela", précise l’entrepreneur, qui enchaîne: "À partir de fin juillet, le coût du service et des fournitures a grimpé en flèche." Une indexation qui se poursuit en dépit de la diminution des volumes consommés.

Pietro Firenze a écrit à ORES pour comprendre. En date du 18 novembre, il a reçu un mail du service télérelève qui l’invite à faire contrôler son installation par un électricien. En attendant, il doit s’acquitter des provisions astronomiques qui lui sont réclamées.

Nous avons pu consulter les factures litigieuses. Chose troublante: alors que les consommations d’énergie diminuent de manière continue entre août et octobre, les coûts… flambent. La PME a consommé 4 638 kWh de jour et 2 113 kWh de nuit au mois d’août, ce qui a donné lieu à l’envoi d’une facture de 1 791 euros. En septembre, les volumes ont baissé légèrement: 4 529 kWh de jour et 1 863 kWh de nuit. Ça a coûté plus cher: 2 200 euros. Rebelote en octobre avec 4 191 kWh de jour et 1 660 kWh de nuit tandis que le montant réclamé continuait à grimper: 2 391 euros! L’entrepreneur ne comprend pas le calcul. L’évolution du prix de l’énergie ne suffit pas à expliquer cet emballement. Un emballement qui va lourdement grever la rentabilité de la PME: "Si l’on ajoute aux frais de renouvellement du compteur les surcoûts de consommation sur la même base mensuelle, nous en serons à plus de 20 000 euros de dépassement de dépenses d’énergie à la fin de l’année."

 

 

De la papeterie aux produits alimentaires

 

C’est en 1988 que Pietro Firenze crée la papeterie Pierrot. À l’époque, il travaille encore à la Sonaca, où il est élu délégué syndical CSC sur le quota jeunes. Il exercera neuf mandats consécutifs jusqu’à son départ en prépension. Au sein de l’entreprise aéronautique, il siège à la fois en délégation, au conseil d’entreprise et au comité pour la prévention et la protection au travail.

Si la papeterie constitue une simple activité complémentaire au début, sa croissance va nécessiter de nouveaux moyens, matériels et humains. Pietro propose donc à un de ses frères de venir le seconder. Dans un premier temps, l’entreprise fournit les établissements horeca en articles de papeterie et d’emballage (nappes, serviettes, raviers en alu, pizza box, etc.). Mais elle va commencer à importer des produits alimentaires: fromages, salaisons, farine, tomates, etc. "Si nous sommes surtout actifs en Wallonie, nous comptons des clients à Bruxelles et en Flandre", rappelle-t-il.

La crise sanitaire du coronavirus n’a pas été facile à traverser. Quand la fermeture du secteur horeca est décrétée par le gouvernement au printemps 2020, la PME met le paquet sur les emballages take away, qui ont le vent en poupe. "C’est ce qui nous a permis de résister", confie le fondateur.

La PME a même vu arriver de nouveaux clients. Pour les approvisionner, elle dispose d’une flotte de six camions et camionnettes. Treize travailleurs sont actuellement occupés dans les locaux jumétois. Une chambre froide doit venir compléter l’équipement de l’entrepôt de 1 800 mètres carrés. C’est ce projet qui avait amené le gérant à demander le renouvellement et le renforcement du compteur électrique.

 


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