HUY

Les "points infos" dans les pharmacies pour lutter contre la violence: informer davantage

Les "points infos" dans les pharmacies pour lutter contre la violence: informer davantage

Toutes les pharmacies hutoises ont rejoint le mouvement. Annabelle Vanvolsen a aménagé un espace pour recevoir les femmes victimes de violences. Heymans

Depuis 2020, les pharmacies hutoises sont devenues des points relais pour les femmes victimes de violence. Un an après, on fait le point.

Durant l’année 2020, la ministre wallonne des Droits des femmes, Christie Morreale, lançait les points relais dans les pharmacies. À Huy comme ailleurs, de nombreuses officines ont ainsi rejoint le mouvement. Concrètement, si une femme est victime de violence et qu’elle a besoin de conseils, d’une assistance ou d’une prise en charge rapide en toute sécurité et en toute confidentialité, il lui suffit de se rendre chez son pharmacien et de lui donner le code. Celui-ci prendra le temps d’écouter sa patiente avant de relayer la demande auprès d’un point de contact communal qui se chargera d’orienter et d’accompagner la victime vers les partenaires locaux en fonction de la situation. La Ville de Huy a emboîté le pas en ajoutant les points infos. Un flyer et des affiches qui reprennent les contacts de la région et qui permettent aux pharmaciens hutois d’être ancré davantage dans la réalité hutoise. "Nous avons relancé et redistribué les folders informatifs. Toutes les pharmacies de Huy ont répondu présentes à cette action, relève Adrien Housiaux, échevin de l’Égalité Femmes-Hommes et de l’Égalité des chances. Le collège communal estime qu’il est important de pouvoir mettre en place un dispositif permettant une meilleure prise en charge des victimes et les pharmacies sont des acteurs importants car elles permettent aux femmes d’obtenir de l’aide ou des informations sans éveiller de soupçons. C’est un endroit où elles vont fréquemment seules et où elles se sentent en confiance."

Former et sensibiliser

Au niveau des acteurs de terrains, le dispositif séduit, mais il reste encore perfectible. "Il y a une vraie plus value et je pense que nous, pharmaciens avons un rôle à jouer, débute Annabelle Vanvolsen, de la Pharmacie Pharmavrai, rue Delloye Matthieu. Nous avons mis un local à l’écart mais nous n’avons encore jamais été confrontés à cette situation. Je pense qu’il est important qu’il y ait davantage de communication et qu’il serait bon également de développer d’autres outils, comme une permanence téléphonique." La pharmacienne relève également que les femmes victimes de violence peuvent ne pas se sentir en confiance s’il y a d’autres patients en même temps. D’autant que les pharmaciens, bien que professionnels du secteur de la santé, ne sont pas formés spécifiquement pour encadrer et faire face à ces situations. "Nous sommes bien sûr à leur écoute, mais il est souvent déjà très difficile pour ces femmes de faire la démarche. Quand elles le font, elles espèrent surtout avoir des réponses et un encadrement rapidement. Ce qu’on ne peut leur offrir complètement", étaye Annabelle Vanvolsen. Une réalité dont Adrien Housiaux a bien conscience: "On est en train de faire l’état des lieux et on souhaite mettre en place des formations. On espère pouvoir entamer cet accompagnement dans le courant de l’année 2022. Nous l’avons fait pour la police, on aimerait donc l’étendre à d’autres acteurs."


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