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CHARLEROI

La photographie de jouets comme passion: "J’ai l’impression d’être un réalisateur"

Depuis 18 mois, Frédéric Haentjens réalise fréquemment des clichés de figurines articulées. Rencontre.

Et si les figurines articulées n’étaient finalement pas destinées qu’aux enfants? À Charleroi, Frédéric Haentjens (39 ans) prouve en tout cas quotidiennement que ces jouets peuvent également faire le bonheur des plus grands.

Manipulant cette fois le Joker avec précaution, ce jeune papa au foyer s’amuse régulièrement à imaginer une seconde vie aux personnages qu’il possède. "Dans le jargon, on dit que je fais de la toy photography, explique-t-il. Concrètement, je reproduis des scènes de films à l’aide de figurines et de quelques accessoires."

«Mettre en scène des méchants»

Très tendance aux États-Unis et en Asie où elle rassemble une énorme communauté de nostalgiques, la toy photo (ou photographie de jouets, en français) intéresse Frédéric Haentjens depuis quelques années déjà. "Mais c’est avec le confinement qu’elle s’est amplifiée, reconnaît celui qui se fait appeler Elilolatops sur les réseaux sociaux. Avant le coronavirus, je n’avais pas forcément le temps de m’adonner pleinement à ce passe-temps. À l’époque, je travaillais encore et j’étais rarement à la maison. Aujourd’hui, avec la pandémie, les choses ont changé et j’ai plus de temps pour moi. Pendant les siestes de ma fille, je réfléchis donc de temps en temps à ce que je pourrais faire faire avec tel ou tel personnage." À l’image d’un metteur en scène, l’ancien assistant en pharmacie déplace donc ses héros de décor en décor, au gré de l’histoire qu’il souhaite raconter.

"À chaque fois que je prépare une photo, j’ai l’impression d’être un réalisateur. Mais contrairement à d’autres passionnés, je n’ai pas vraiment d’univers précis, poursuit le Carolo. Je photographie aussi bien des personnages de la saga Batman que les Tortues Ninja ou Toy Story. Toutefois, je reconnais que j’ai une réelle affection pour les méchants. Bien souvent, ils ont une gueule sympa, beaucoup moins lisse que celle d’un héros type Superman, par exemple. Je les trouve plus intéressant dans l’ensemble."

Des tutos pour s’améliorer

Inspiré par le travail de photographes américains et français "à défaut de pouvoir se tourner vers une vraie communauté belge", Frédéric Haentjens a tout appris sur le tas. De l’éclairage des figurines à la retouche - "toujours légère" - de ses clichés.

"Comme beaucoup d’amateurs, j’améliore ma technique grâce à des tutoriels que je trouve sur Instagram ou YouTube, confie-t-il. C’est comme ça que j’ai appris qu’on pouvait ajouter une fumée d’ambiance en utilisant une vapoteuse, par exemple."

Bien plus à l’aise qu’il y a 18 mois, lorsqu’il avait réalisé son premier cliché - "J’avais simplement installé un sackboy (le personnage principal du jeu vidéo Little Big Planet, NDLR) sur une voiture" -, Elilolatops peut désormais shooter une scène prédéfinie en seulement cinq minutes et obtenir un résultat très réaliste. De quoi l’inciter à poursuivre sur sa lancée en espérant "peut-être un jour" devenir "la" référence de la toy photography en Belgique.

"Certaines figurines coûtent près de 600 euros"

S’il adore photographier les figurines qu’il met en scène, Frédéric Haentjens fait attention à ne pas se laisser emporter par sa passion.

"Je privilégierai toujours ma vie de famille. Et financièrement, je reste modéré, assure le Carolo. Par exemple, je shoote mes figurines avec peu de matériel: un appareil photo basique et un petit trépied me suffisent."

Bien que le marché des figurines soit en plein essor, "il y a de plus en plus de contrefaçons et certains modèles peuvent atteindre jusqu’à 600 euros", Elilolatops fait rarement de grosses folies pour ses jouets. "La plupart des personnages que j’achète se vendent autour des 25 euros. Certains coûtent moins de 20 euros mais ils possèdent alors moins d’articulations ou celles-ci sont de moins bonne qualité, ce qui limite les postures que l’on peut réaliser."

Excepté une reproduction de Bruce Lee "qui vaut désormais près de 150 euros" ou encore la figurine de Chin-Li (NDLR: l’héroïne de Street Fighter) dont le prix avoisine les 100 euros, la collection de Frédéric Haentjens prouve en tout cas qu’il est possible de réaliser de beaux clichés avec un matos de base. Le plus important étant "d’avoir une bonne idée et de prendre le temps de la réaliser correctement".


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