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Mettet : l’échevin des travaux, Philippe Lambot, est décédé à l'hôpital

Mettet : l’échevin des travaux, Philippe Lambot, est décédé à l'hôpital

Jeudi dernier, il était encore présent au conseil. On a appris la triste nouvelle samedi. ÉdA – 40719499543

Victime d’un arrêt cardiaque alors qu’il était hospitalisé depuis lundi, l’échevin des travaux Philippe Lambot est décédé ce samedi. Il avait 62 ans.

Philippe Lambot souffrait d’une maladie du sang depuis plusieurs années. L’annonce de son décès, survenu samedi après-midi en milieu hospitalier, des suites d’un arrêt cardiaque, a jeté un grand froid à Mettet. Il n’avait que 62 ans.

Malgré ses ennuis de santé, il ne s’était jamais éloigné des obligations liées à son mandat d’échevin chargé de la bonne exécution des travaux publics. Jeudi dernier, il avait encore pris la parole dans l’enceinte du conseil communal à propos de futurs aménagements de sécurité dans le village de Graux. Il semblait en forme. Personne ne s’attendait à une fin aussi brutale.

" C’était un homme de terrain, pas de parti ni de dossier. Il était très apprécié des citoyens car il se décarcassait pour eux, faisant fi des couleurs politiques. Il trouvait des solutions à des problèmes concrets. Dans les communes, il faut des élus de sa trempe, travailleur et ayant ce sens du service", a réagi le bourgmestre Yves Delforge. C’est-à-dire des mandataires ne tergiversant pas pour mettre rapidement un terme à des situations potentiellement dangereuses.

"C’est vrai. Affectueusement, un temps, au début des années 2000, on l’appelait Monsieur Miroir. Il en plaçait à la demande de citoyens qui n’avaient pas la visibilité optimale pour sortir de chez eux. C’était un homme serviable, une qualité qui l’avait rendu populaire", se souvient Robert Joly, qui fut son chef de groupe.

 

«Resté bourgmestre grâce à lui»

 

Cheminot contrôleur des billets, accompagnateur de train selon la terminologie actuelle, il a commencé à faire de la politique en 1982 sous l’étiquette du parti socialiste. Une affiliation qui, à Mettet, commune rurale abonnée de longue date aux valeurs chrétiennes et conservatrices du PSC, puis du cdH, ne prédisposait pas naturellement à exercer des responsabilités.

Cependant, le PS, grâce à une personnalité sémillante comme celle d’Adelin Mathieu, remportera quelques batailles. Philippe Lambot intégrera ainsi le collège de 1994 à 2000, en coalition avec les libéraux, sous le mayorat de feu Pierre Hubot. À chaque élection, il figurait parmi ceux qui recueillaient le plus de suffrages, au-delà des 700 voix de préférence, un succès qui le ramènera au collège de 2001 à 2006, cette fois sous le mayorat de son mentor, Adelin Mathieu.

Le PS sera ensuite rejeté dans la minorité. À la surprise générale, avec Robert Joly aux manettes, la gauche revient aux affaires en 2016, à la faveur d’une motion de défiance constructive. Le bourgmestre Yves Delforge a débranché la prise de sa majorité. Mais Philippe Lambot ne sera cette fois plus du casting, Robert Joly, chef de file d’une nouvelle équipe, sous la bannière Rops, lui ayant préféré Isabelle Doneux et Luc Vanderweyden pour remplacer le banc libéral, éjecté.

Dans ce PS rebaptisé Rops et réinventé dans la foulée, qu’il juge trop intellectuel et élitiste, Philippe Lambot ne trouve plus sa place et ne reconnaît plus l’authenticité et l’essence de ses valeurs de gauche. À ses yeux, le PS s’est dénaturé. Il se fâche avec Robert Joly et fait dissidence. Il se présentera aux électeurs comme premier de sa propre liste, Oxygène. Rétrospectivement, c’est bien joué. En 2021, Rops prend une claque et perd deux sièges, passant de 7 à 5 élus, tandis qu’il émerge comme l’unique élu de sa formation avec seulement 193 voix.

Le bourgmestre conserve un souvenir fort de cette rocambolesque après-élection de 2018. Rops, le partenaire sortant, bien qu’ayant perdu des plumes, est tout désigné. "Sauf qu’il y a eu tentative de coup d’état. La minorité s’est liguée pour évincer le groupe le plus fort (Icap). Philippe Lambot a fait la différence. Si je suis resté bourgmestre, c’est grâce à lui", se rappelle le mayeur avec émotion et reconnaissance.

En 2018, le destin lui avait souri. Le complot ourdi par les uns avait fait son affaire, il était revenu une troisième fois dans un collège, toujours sous cette casquette d’échevin des travaux qui convenait bien à son besoin de voir les choses bouger.

 

Marcheur de Biesmerée

 

Mais, ce samedi de décembre, il lui a brutalement repris son écharpe, à mi-mandat.

S’il a rompu avec ses camarades à la veille du scrutin de 2018, six ans plus tôt, en 2012, il s’était cependant lancé dans cette refondation du PS local avec enthousiasme et espoir. Chaque candidat avait dû se présenter avec un objet collant bien à sa personnalité et à ses valeurs. Philippe Lambot, sociétaire dans l’âme, s’était reconnu dans son képi de marcheur à la marche Saint-Pierre de Biesmerée, son cher village, où il résidait Vive Al Rue, et qu’il s’amusait à comparer à une originale principauté. La pittoresque camaraderie sortant des rangs aux sons du fifre et des tambours, comptait parmi les beaux moments de sa vie, en toute simplicité.


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