Covid: la SNCB va supprimer 120 trains à partir de lundi en raison de personnel absent

Covid: la SNCB va supprimer 120 trains à partir de lundi en raison de personnel absent

BELGA

La SNCB supprimera 120 trains chaque jour à partir de lundi en raison de cas de maladie et/ou de quarantaine parmi son personnel, signale-t-elle jeudi.

L’entreprise ferroviaire est en effet confrontée à une augmentation du nombre de contaminations au coronavirus. Cette situation implique la suppression temporaire et planifiée d’une centaine de trains sur un total de 3.800 (soit environ 2,5%), à partir de ce lundi 6 décembre.

Depuis lundi dernier, une vingtaine de trains P (trains de pointe) vers et depuis Bruxelles avaient déjà été retirés de l’offre. Dès lundi, une centaine de trains supplémentaires, qui concernent cinq relations ferroviaires, seront également supprimés quotidiennement.

Un retour à l’offre complète sera effectué dès que possible, en fonction de l’évolution des chiffres liés aux maladies/quarantaines, espère la SNCB.

La SNCB souhaite limiter au maximum les désagréments pour ses voyageurs en adaptant temporairement son offre et ainsi éviter que, chaque jour, des trains ne doivent être supprimés de manière imprévue, justifie-t-elle. Elle renforcera la composition des trains de l’offre existante là où cela s’avère nécessaire, afin de garantir le confort de ses clients.

Le détail des trains impactés

Concrètement, à partir du 6 décembre, outre la suppression de certains trains P, un des quatre trains IC par heure entre Anvers et Bruxelles sera supprimé en semaine. La liaison S32 entre Puurs, Essen et Roosendaal passera à une fréquence d’un train toutes les heures au lieu de toutes les demi-heures. Par ailleurs, les trains S53 entre Gand-Saint-Pierre et Lokeren sont quant à eux supprimés.

Les trains IC entre Mons et Aulnoye ainsi qu’entre Namur-Charleroi et Maubeuge sont également supprimés de manière provisoire (en semaine et durant le week-end). Les voyageurs se rendant en France sont invités à voyager via Lille.

Avec le renforcement des mesures Covid prises par le gouvernement, le nombre de voyageurs a à nouveau chuté à 70% des chiffres de fréquentation d’avant la crise sanitaire, constate la SNCB.

En septembre et en octobre, le nombre de voyageurs était encore de 80% des volumes observés aux mêmes périodes en 2019.

Navetteurs.be s’inquiète que la situation devienne définitive

L’association de voyageurs Navetteurs.be s’inquiète des décisions de la SNCB. Cela alors que, selon elle, les trains en circulation sont pour la plupart bondés. Elle craint que l’entreprise ferroviaire profite de l’occasion pour faire des économies sur ses frais d’exploitation et que cette situation se prolonge dans le temps jusqu’à devenir définitive.

"Bien que le télétravail soit recommandé, il ne faut pas perdre de vue que certaines catégories de personnes doivent continuer à pouvoir se déplacer que ce soit pour le travail, les études ou encore de motifs d’ordre privé", souligne Navetteurs.be.

Outre les récentes suppressions, 18 trains P supplémentaires ne circulent plus depuis le 16 mars 2020 et des voyageurs sont pénalisés depuis cette date, rappelle l’organisation. Sur base des informations qu’elle a pu recouper, elle dénonce le fait que bon nombre de ces trains P ne sont pas réellement supprimés et qu’ils effectuent des voyages à vide alors que ces places supplémentaires permettraient d’apporter une sécurité tant pour les voyageurs que le personnel.

"Nous ne pouvons accepter ces décisions prises par la SNCB qui reçoit pourtant des dotations pour assurer ses missions de service public. Avec ces suppressions, ce sont les voyageurs les plus réguliers qui sont pénalisés et doivent s’adapter aux alternatives proposées avec les désagréments qu’elles entraînent: trains bondés, fréquence diminuée ou encore temps de parcours allongés. Nous craignons que ces mesures soient avant tout prises pour faire des économies et compenser les pertes de recettes depuis le début de la pandémie", réagit Gianni Tabbone, porte-parole de l’association.

Navetteurs.be demande au ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet d’analyser en urgence la problématique et de rappeler à la SNCB ses missions.

Elle exige dès lors de leur part des garanties quant à la remise en service de ces trains dès que le pourcentage de personnel présent le permettra, la mise en place immédiate de mesures visant à renforcer la capacité des trains du plan de transport adapté et permettant de garantir la distanciation sociale, et la publication, tous les 15 jours, de l’évolution du taux d’absentéisme du personnel impactant le service des trains.



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