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Le bourgmestre fouille un dépôt clandestin et y découvre l’adresse de l’auteur

Jackpot pour le bourgmestre d’Oreye, Jean-Marc Daerden. Ce dernier, en ramassant un dépôt sauvage il y a quelques jours, y a découvert une même adresse présente sur trois documents jetés là. Il y aura des suites.

Les "barakis" ont encore frappé, à Oreye. Il y a trois jours, le bourgmestre de la Commune, Jean-Marc Daerden, a été averti par un habitant qu’un dépôt sauvage se trouvait dans la rue Henri Dubois. "Il s’agissait d’un dépôt de machines de type électroménager, dit ce dernier. Je suis allé constater sur place. Ensuite, avant de rentrer chez moi, je suis allé faire un tour du village. C’est là que j’ai vu un grand nombre de déchets étalés sur le bas-côté de la route", sur la chaussée Romaine cette fois. Un second dépôt clandestin qui fit, comme on peut s’en douter, bouillonner le mayeur. "J’étais énervé. J’ai toujours des sacs-poubelle dans ma voiture, au cas où. J’ai alors décidé d’enfiler mon gilet jaune et de ramasser les déchets tout en cherchant un indice sur leur provenance."

Et là, jackpot! Jean-Marc Daerden trouve non pas un, ni deux mais bien trois documents sur lesquels figurait une même adresse. Celle-ci située à Tongres. Et cette affaire ne va pas en rester là. "Je vais rédiger un rapport via l’application FixMyStreet (NDLR: une application de Be WaPP utilisée à Oreye). Avec ce rapport, j’irai à la police pour déposer une plainte." En plus de la sanction administrative qui attend l’auteur de ce dépôt, le bourgmestre précise qu’une facture lui sera envoyée par la Commune "pour les frais que ce dépôt a engendrés".

 

Des caméras bientôt installées

 

Pour contrer ce phénomène de dépôts clandestins de plus en plus présent, la Commune d’Oreye a inscrit à son budget 2021 l’acquisition de caméras de surveillance prévues spécialement pour ce type d’incivilités. Un budget de 35 000€ subsidié par la Région wallonne à hauteur de 16 000€. "On vient juste de les recevoir: huit caméras fixes, deux mobiles ainsi que les piquets et les panneaux “ Vous êtes filmés ”. Ce vendredi, le fournisseur viendra en placer une pour montrer à notre technicien comment procéder. Les autres seront placées dans le courant de ce mois de décembre."

Les panneaux seront affichés aux entrées du village, "c’est une obligation légale pour avertir les visiteurs que, où qu’ils soient sur la commune, ils sont susceptibles d’être filmés". Les caméras fixes seront placées autour des bulles à verre, sur la plaine de jeux du clos Marchal, "où on constate de nombreuses incivilités".

Les caméras mobiles, elles, seront installées tour à tour "aux entrées du village, dans des rues isolées et notamment les rues Delvaux et Dubois". De quoi, on l’espère, se préserver des crasseux.

 

 

" Les caméras dissuadent assez bien les indécrottables pollueurs"

 

D’autres Communes ont déjà installé des caméras en vue de prévenir ce phénomène de dépôts sauvages. À Saint-Georges, on est en train d’en placer une vingtaine en divers lieux stratégiques. "Il est encore difficile de dire ce que ça va donner sur le long terme, exprime le bourgmestre, Francis Dejon, mais nous avions placé une caméra d’essai près d’un filet à canettes, qui nous a déjà permis de prendre quelqu’un la main dans le sac. La caméra a filmé la plaque d’immatriculation de la personne, ce qui nous a permis de l’identifier. Je pense vraiment que ces caméras vont faire du bien à l’environnement."

Du côté de Hannut, cela fait déjà plusieurs années que ce type de surveillance est mis en place. "On a constaté une diminution des dépôts même si le problème est encore récurrent, informe l’échevine Florence Degroot. Les panneaux qui informent que des caméras sont présentes sur le territoire communal dissuadent assez bien les indécrottables pollueurs. Ce n’est pas non plus la panacée, mais ça, on le savait."

 

La zone de police du Condroz soutient les Communes

 

À Clavier aussi, on s’est armé d’un système de caméras de surveillance pour combattre les incivilités. "Grâce aux caméras, on a déjà chopé 2-3 contrevenants. Mais on n’a pas assez de recul pour savoir si elles ont un effet dissuasif", déclare l’échevin Damien Wathelet, qui précise que les caméras seules ne suffiront pas à régler ce problème de dépôts clandestins. "Il faut mettre en place divers outils comme la sensibilisation, proposer des services aux citoyens, régler la problématique des canettes…"

Le bourgmestre de Clavier Philippe Dubois, également président du collège de police de la zone du Condroz, informe que le chef de corps de la zone a exprimé être derrière les Communes face à ce fléau. "Il nous a proposé de communiquer à la zone l’emplacement des caméras et de permettre à la police de consulter les images pour recouper des informations dans le cadre d’un délit, qu’il soit environnemental ou non."

 

 

Que risquent les contrevenants?

Les sanctions prévues pour un dépôt sauvage d’immondices peuvent aller de 50 à 100 000€ d’amende, en plus des frais inhérents à l’enlèvement, au traitement des déchets et à la main-d’œuvre nécessaire à ces derniers. "Il s’agit d’une sanction administrative communale, informe le chef de corps de la zone de police de Hesbaye, André Jamers. Un agent constatateur (NDLR: policier de proximité, écoconseiller…) monte un dossier sur base du constat, qu’il transmet à l’agent sanctionnateur provincial. Ce dernier dresse un rapport et décide du montant de l’amende en fonction du méfait, qu’il envoie ensuite à la Commune. Cette dernière décide alors si elle sanctionne ou non le contrevenant." Et il va de soi que les Communes suivent toujours les sanctions proposées par le sanctionnateur provincial.

 


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