FRANCE

Présidentielle 2022: Eric Zemmour officialise sa candidature

Présidentielle 2022: Eric Zemmour officialise sa candidature

Eric Zemmour est bien officiellement candidat à l’élection Présidentielle de 2022. AFP

Le polémiste Eric Zemmour a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2022 en France.

Comme cela était pressenti, le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour a annoncé mardi dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux qu’il avait "décidé de (se) présenter à l’élection présidentielle" d’avril 2022 pour "sauver" la France.

"Depuis des années, un même sentiment vous étreint, vous oppresse, vous hante: un sentiment étrange et pénétrant de dépossession", a-t-il d’emblée déclaré à ses "compatriotes". "Vous n’avez pas déménagé et pourtant vous avez la sensation de ne plus être chez vous. Vous n’avez pas quitté votre pays mais c’est comme si votre pays vous avait quitté", a ajouté celui pour qui l’immigration, "n’est pas la cause de tous nos problèmes, même si elle les aggrave tous".

"Nous devons rééquilibrer notre balance commerciale, réduire notre dette qui grossit, ramener en France nos entreprises qui ont déménagé, redonner du travail à nos chômeurs", a entre autres cité Eric Zemmour, dont les cinq priorités sont: identité, instruction, impôts, industrie, indépendance.

"Il n’est plus temps de réformer la France, mais de la sauver. J’ai donc décidé de me présenter à l’élection présidentielle. (...) Pour que nos enfants et nos petits-enfants ne connaissent pas la barbarie. Pour que nos filles ne soient pas voilées et que nos fils ne soient pas soumis. (...) Pour que les Français se sentent de nouveau chez eux et pour que les derniers arrivés s’assimilent à leur culture, s’approprient leur Histoire", conclut l’ex-chroniqueur.

Une annonce en plein tassement, mais qui parasite l’investiture LR

Condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, Eric Zemmour se déclare au moment où les sondages se tassent autour de 14 à 15% d’intentions de vote au premier tour, derrière le président sortant Emmanuel Macron (25%) et la candidate du RN Marine Le Pen (entre 19 et 20%).

Et dans une période agitée pour son camp, où certains critiquent un déficit d’organisation ou l’omniprésence de sa conseillère Sarah Knafo.

En se déclarant mardi, il parasite le processus d’investiture en cours chez les LR qui départagent de mercredi à samedi leurs cinq prétendants, après un dernier débat mardi soir, et l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker.

Il embarrasse également sa rivale d’extrême droite Marine Le Pen (RN), qui a déploré mardi sur Sud Radio qu’il "disperse des voix utiles au redressement du pays". "Il n’apporte rien", a-t-elle dit, en critiquant notamment la "brutalité" de ses mesures sur l’immigration ou sa vision des femmes. Elle considère qu’il n’a pas fait "sa mue" en candidat et espère qu’il la "recentre".

Critique envers l’Islam, adepte du complotisme et inspiré par Trump

Les partisans de Zemmour se targuent d’avoir déjà pesé sur les thématiques de la campagne, particulièrement sur la lutte contre l’immigration, le sujet numéro 1 du polémiste, associé à ses critiques de l’islam, une "civilisation" qu’il juge "incompatible avec les principes de la France".

Adepte de la théorie complotiste du "grand remplacement" de la population européenne par des immigrés non européens, sa mesure la plus controversée vise à interdire de porter un premier prénom d’origine étrangère.

Les polémiques se sont multipliées durant sa pré-campagne. Notamment quand Eric Zemmour a pointé un fusil vers des journalistes durant la visite d’un salon sur la sécurité ou s’est rendu devant le Bataclan, le jour de commémoration des attentats du 13-Novembre, pour accuser l’ancien président François Hollande de n’avoir "pas protégé les Français".

Ou quand il affirme, contre l’avis des historiens, que Pétain aurait "sauvé des juifs de France" pendant la Seconde Guerre mondiale.

Jusque dans la couverture de son dernier ouvrage, "La France n’a pas dit son dernier mot", Eric Zemmour fait de l’ancien président américain Donald Trump une source d’inspiration, même s’il ne bénéficie pas du soutien d’un grand parti.

250 à 300 promesses de parrainages sur les 500 nécessaires

La constitution d’un réseau sur le terrain sera d’ailleurs l’un de ses nombreux défis, ne serait-ce que pour obtenir les 500 parrainages d’élus nécessaires à une candidature à la présidentielle. Son camp assure s’appuyer sur 250 à 300 promesses de parrainages.

Il lui faudra aussi récolter des dons pour sa campagne, alors qu’il a déjà perdu le soutien du financier Charles Gave, qui lui a prêté 300.000 euros.

Le polémiste est en outre accusé d’agressions sexuelles selon plusieurs témoignages de femmes recueillis par Mediapart. Mais aucune plainte n’a été annoncée contre lui.

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