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BELGIQUE - SANTÉ

Covid: le virus se propage moins vite... mais pas dans toutes les provinces

Covid: le virus se propage moins vite... mais pas dans toutes les provinces

D’après les derniers chiffres officiels publiés par Sciensano, le taux de reproduction faiblit de façon plus ou moins constante depuis le début du mois de novembre. Photo News (Illustration)

Le taux de reproduction national, qui représente le niveau de contagiosité du coronavirus à travers le pays, diminue de façon plus ou moins constante depuis début novembre. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas dans toutes les provinces.

La tendance se confirme de semaine en semaine: la propagation du SARS-CoV-2 ralentit petit à petit en Belgique.

D’après les derniers chiffres officiels publiés par Sciensano, le taux de reproduction (ou "Rt" national) – qui se calcule sur base du nombre d’hospitalisations quotidiennes – faiblit de façon plus ou moins constante depuis le début du mois de novembre.

 

 

Évalué à 1,27 il y a un mois, le "Rt" belge (qui est considéré comme un des indicateurs les plus intéressants pour comprendre l’évolution de la pandémie) était estimé à 1,07 en début de semaine.

 

 

Le "Rt", c’est quoi?

 

Considéré comme un indicateur concret de la propagation du coronavirus à travers la société, le taux de reproduction représente globalement la contagiosité du SARS-CoV-2.

D’abord calculé à partir de trois facteurs (la durée de la contagiosité après infection, la probabilité d’une infection après un contact entre une personne infectée et une personne susceptible de l’être, et la fréquence des contacts humains), ce taux de reproduction, anciennement "R0", s’est transformé au fil des mois en "Rt", un indice plus régulier qui évolue aussi plus souvent en fonction des mesures sanitaires adoptées.

"Si ce taux de reproduction reste inférieur à 1, cela veut dire que chaque personne infectée va contaminer moins d’une personne, et que l’épidémie va progressivement disparaître, précisait Frédérique Jacobs, la porte-parole du centre de crise Covid-19 durant l’été. Mais si le R est supérieur à 1, chaque personne infectera plus d’une personne et l’épidémie se poursuivra […] Le but des autorités est naturellement de faire baisser au maximum ce "Rt" et de le maintenir en dessous de 1 afin de contrôler l’épidémie, et ensuite la stopper."

Précision importante, le taux de reproduction "est calculé en fonction de paramètres qui tentent de reproduire le comportement humain", souligne Sciensano. "Ce taux (qui est obtenu sur base de modèles mathématiques complexes, NDLR) doit être apprécié aux côtés d’autres indicateurs", comme le nombre quotidien d’hospitalisations et de décès. Concrètement, ce n’est pas parce que le "Rt" diminue que le virus n’est plus contagieux ou qu’il ne circule plus.

 

Le facteur K, l’autre facteur

 

Parce que le SARS-CoV-2 est apparu il y a un peu plus d’un an et demi, les experts continuent d’en apprendre toujours plus sur le virus et son mode de propagation. C’est ainsi qu’en fin d’année dernière, plusieurs études confirmaient que 10% des personnes testées positives étaient responsables de 80% des contaminations.

Dès lors, si le "Rt" (le taux de reproduction) permet de calculer le nombre total d’individus qu’une personne infectée peut contaminer, il doit être mis en corrélation avec le facteur K, soit le coefficient de dispersion du virus.

D’après une prépublication de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM), le facteur K du SARS-Cov-2 est de 0,1 contre 0,16 pour le précédent SARS-CoV (2003), 0,25 pour le MERS (0,25) et 1 pour la grippe.

 

En cinq semaines, seul un léger rebond (+0,02) a été observé à la mi-novembre. De quoi espérer de meilleurs jours.

Mais si le taux de reproduction national est l’un de seuls indicateurs de la pandémie qui a diminué (-4% entre le 15 octobre et le 29 novembre) depuis le début de la 4e vague, il se situe pourtant toujours au-delà du seuil symbolique de 1. Ce qui signifie que l’épidémie se propage encore et toujours trop rapidement que pour être maîtrisée.

 

 

 

Alors que les experts de Sciensano refusent désormais de prédire un quelconque pic des hospitalisations, ils espèrent que le durcissement des règles sanitaires (annoncées vendredi dernier à l’issue du Comité de concertation) et l’administration d’une 3e dose du vaccin permettront de freiner un peu plus encore la propagation du virus.

À moins que le variant Omicron, qui se répand partout dans le monde, ne prenne le pas prochainement sur son cousin Delta, déjà très contagieux, et ne complique la tâche des services de santé.

 

 

Bruxelles et Namur s’en sortent (un peu) mieux

 

Parce qu’il est calculé sur base du nombre de nouveaux cas diagnostiqués par des tests en laboratoire - et non des hospitalisations -, le taux de reproduction du virus dans les différentes régions du pays met en avant quelques particularités provinciales.

Ainsi, un rapide coup d’œil à l’évolution de l’estimation médiane des "Rt" provinciaux permet de se rendre compte que la Flandre est toujours la région belge où le SARS-CoV-2 se propage le plus rapidement depuis quelques semaines.

À l’inverse, la Wallonie devient peu à peu la région du pays où le virus se propage le moins vite. Alors que Bruxelles a dû faire face à deux importants rebonds en l’espace de trois semaines - dont un pic estimé à 1,181 entre le 06 et 12 novembre -, sa voisine du sud affiche des tendances beaucoup plus encourageantes depuis le début du mois.

 

 

 

Malgré un taux de reproduction toujours supérieur à 1, Namur fait ainsi partie des meilleurs élèves du pays. Après avoir un pic incroyable (1,515) à la mi-octobre, la province voit ses efforts récompenser puisque son "Rt" (1,059) se rapproche peu à peu du seuil symbolique de 1.

Dans la même veine, Liège reste une des provinces belges où le virus se propage le moins vite depuis le début de la 4e vague.

La situation, elle, semble plus compliquée à gérer dans le Brabant wallon et dans le Hainaut où le "Rt" reste assez élevé sur le moyen terme.

 



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