CORONAVIRUS

Pour Van Laethem, il est possible de mieux protéger les écoles: "Il y a une mesure qui s’est montrée efficace dans d’autres pays"

Yves Van Laethem était l’invité de l’émission "Il Faut Qu’on Parle" ce mardi matin sur DH Radio.

Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral Covid-19, est tout d’abord revenu sur la polémique qui fait grincer des dents le monde de la nuit suite à des images de centaines de fêtards qui dansaient sans masque, les uns sur les autres, au marché de Noël de Charleroi. "Les gens n’ont pas encore compris ou bien refusent de comprendre les mesures en place. Je pense que c’est aussi au politique à faire respecter tout cela. Je ne dis qu’il faut que la police débarque avec une matraque mais il y a des conseils à donner pour ne pas faire n’importe quoi."

Actuellement, la Belgique tourne autour des 18.000 contaminations par jour alors que près de 120.000 personnes sont testées au quotidien. Il y a environ 316 nouvelles hospitalisations par jour et 750 personnes se trouvent à l’heure actuelle aux soins intensifs. "Ces chiffres sont en augmentation de 13 à 15% alors qu’ils étaient en augmentation de 20-30-40% il y a une huitaine de jours. Je n’ose pas dire que c’est le début d’un ralentissement mais en tout cas cela n’augmente plus à la même vitesse."

Concernant la troisième dose, Yves Van Laethem se montre confiant pour l’organisation de l’injection de celle-ci. "Les convocations, le système où l’on peut s’inscrire, les centres de vaccination, etc.: tout est maintenant bien rôdé et cela devrait tourner beaucoup plus facilement qu’au mois de janvier dernier. Tout le monde devrait être vacciné dans le courant du mois de mars."

 

«Le variant Omicron? Pour l’instant, on ne sait rien»

 

Depuis quelques jours, le variant Omicron commence à préoccuper pas mal d’experts et surtout l’OMS, qui le qualifie de très inquiétant. Yves Van Laethem estime qu’il faut encore attendre 10 à 15 jours avant d’en savoir plus sur cette nouvelle souche même si cette dernière pourrait finalement être un cadeau de Saint-Nicolas comme il l’avait expliqué à la DH. "Il est possible que ce variant devienne dominant comme l’a été le Delta mais, même s’il devient dominant, ce n’est pas pour ça qu’il sera plus préoccupant. Il faut attendre encore quelques jours pour savoir exactement comment est ce variant car, pour le moment, la seule bonne réponse est que l’on n’en sait rien. Nous ne savons toujours pas non plus s’il résiste au vaccin, tout est encore sous analyse et la réponse devrait tomber d’ici 10 jours."

En Flandre et en Wallonie, le système de Testing et Tracing commence à craquer tout doucement. En Flandre, le système paraît même tout à fait dépassé. Il semble qu’il le sera certainement bientôt aussi en Wallonie alors qu’il continue à faire ses preuves à Bruxelles. Un souci de fonctionnement qui inquiète fortement le porte-parole interfédéral. "On peut comprendre que cela ne fonctionne plus en Flandre car c’est la partie la plus touchée du pays. C’est par contre profondément gênant car si nous ne pouvons plus savoir qui est vraiment malade pour le mettre en quarantaine, on a perdu une manière de manœuvrer le virus", regrette Yves Van Laethem.

Le carton rouge de l’invité s’adresse à Caroline Désir, la ministre de l’Education en Fédération Wallonie-Bruxelles, qui n’a pas voulu imposer le masque dans les écoles primaires. Un choix que regrette Yves Van Laethem car ce dernier avance que le masque dans les écoles fait ses preuves au niveau du ralentissement des contaminations. "C’est une mesure qui s’est montrée efficace dans d’autres pays et non délétère à court terme. Dans le même temps, désormais, une fois que nous aurons trois cas positifs dans une classe, celle-ci fermera pendant 8 à 10 jours et donc nous allons priver de l’enseignement un certain nombre de personnes. En Italie, en Espagne et en France, des études réalisées par des médecins locaux montrent que le masque a fait diminuer drastiquement la transmission du virus et que les enfants ont parfaitement supporté ce masque pendant plus d’un an. Ma crainte est qu’en n’imposant pas le masque, on induise plus un manque d’enseignement avec la fermeture de classes que ce qu’on aurait eu en perte de qualité d’enseignement en portant le masque mais en étant toujours présent jusqu’aux congés de Noël."

Le carton vert de notre invité est quant à lui adressé aux vaccins. "Il faut que les gens comprennent bien que la vaccination actuelle continue à fonctionner. On s’en rend compte suite aux chiffres publiés vendredi par Sciensano. Jusqu’à la mi-novembre, avec deux doses de vaccin, cela protégeait plus de 2/3 des personnes de plus de 65 ans d’une hospitalisation et 80% des personnes des soins intensifs. Vous mettez un booster avec une troisième dose et vous allez retrouver une protection de 90 à 94%. Les vaccins sont donc le socle sur lequel nous devons bâtir notre futur par rapport au virus."

Yves Van Laethem reste confiant pour les fêtes de fin d’année à condition que la population respecte bien les dernières règles mises en place. "Si nous ne faisons pas comme au Marché de Noël de Charleroi ou dans d’autres situations totalement illogiques par rapport à la circulation du virus, on peut encore le freiner à temps. Si ce n’est pas le cas, les réunions prévues dans le courant du mois de décembre devront décider de choses beaucoup plus sensibles et douloureuses."



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