TOURNAI

Le Tournis d’avant: Racing, comme on est bien chez soi

1908, le Racing naît de l'opposition sportivo-politique. Plus que la rivalité, c'est l'émulation qui sera le moteur des clubs tournaisiens.

À Tournai, le clivage entre libéraux et catholiques est alors net. Cependant, à la décharge des supporters des deux camps, jamais il n'a débordé dans des faits d'injures et/ou de violence, ce que prouvent les historiques des deux clubs

La foi

C'est dans leur local de la place du Parc (Reine Astrid) que les jeunes étudiants catholiques se proposent de former une équipe sous l'impulsion d'un Georges Syoen amateur du foot grâce à l'Antwerp, Beerschot et Berchem.

Ce ne sera pas simple; ils n'ont aucune structure et cependant, après leur premier match sur la plaine, une société nouvelle se crée, dénomme "Racing" aux couleurs "rouge et blanc".

Un terrain est loué à la chaussée de Douai, l'affiliation à l'Union Belge et l'attribution du matricule 36, le Racing va de l'avant avec Jean Dubus de Waenaffe, Victor D'Hondt, Charles Versonc, Joseph Marlier, Gustave Daubit, Joseph Dubroux, Robert Charlier, Félix Delannay, Georges Syoen, Maurice Lesur et Achille Dejaegher. Les pionniers.

La suite, un terrain rue de la Culture, plus tard à l'avenue des Sorbiers les couleurs "Jaune et noir" dès 1910 qui sont prémices de "perennité", d'autant que les supporters sont de plus en plus nombreux. C'est l'historique d'un club qui prend vraiment place dans la cité en 1922.

Chez soi

Jusque là, le Racing manquait de structures, ce qui amena quelques dirigeants éclairés, notamment Jacques Du Bus de Warnaffe, Edmond Thieffry à créer une société coopérative comprenant diverses disciplines sportives, le foot avec le Racing étant la principale. Les capitaux permirent l'achat à la rue Roc St-Nicaise d'une maison avec jardin (NDLR: vraisemblablement dans l'ex-domaine des Dominicains). Ce serait là le cœur décisionnel d'un club qui en avait grand besoin.

Cette "Maison des Sports", encore que les sports hors le foot ne furent guère encouragés, donnera sa première et belle mesure en 1923 en achetant un terrain drève de Maire, là où jadis on patinait sur les "prés de Maire".

Car le Racing veut mieux que ses résultats de 1921 (4e en DII) et 1922 (2e ) car affirme le docteur Villers "Tous les Racingmen ont foi en l'étoile d'un club qui deviendra l'un des grands de Belgique".

L'inauguration, fin août 1923, rassemble toute la famille "Jaune et Noir" et nombre d'Unionistes malgré une météo incertaine. Le souvenir de la Grande Guerre est et de ses morts demeure bien présent. Aussi est-ce en mémoire des treize Racingmen tombés qu'est célébrée la messe à Sainte-Marguerie. Edmond Thieffry, président de la Maison des Sports, le bourgmestre Wibaut, les autorités diverses assisteront d'abord à la bénédiction du drapeau puis l'abbé Bondroit décrit les mérites de Jean Leduc, Paul Dubois, Victor Lécluse, Armand Lohest, Louis Noé, Jean Renneson, Charles Vandercruyssen, François Vanacker, René Mercier et des déportés Robert Agache, René Bodart, Édouard Dupret, Louis Languy.. Dans l'émotion.

La plaque commémorative est dévoilée au son des clairons du 2e de Ligne et des discours, laudatifs, pleins de gratitude et d'espérances.

Après-midi réussie grâce d'abord à l'École Sportive d'Allain en démonstration rigoureuse de gym suédoise, course relais de 10km remportée par le 15e de Ligne et apothéose avec le choc en foot entre l'Olympique de Lille et le FC Bruges vainqueur 3-1. Soirée musicale avec la Lyrique Tournaisienne et le club des accordéonistes.

C'était le grand départ des "Rats" qui sera suivi de pages multiples dont les Tournaisiens se voulaient acteurs inconditionnels mais qu'une société matérialiste a clos en 2002..


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