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SOCIÉTÉ

Handicap: "Chaque lacet compte" pour un retour à une vie normale et digne (vidéo)

À l’occasion de la Journée mondiale des personnes handicapées, l’ONG Handicap International lance sa campagne "Chaque lacet compte". Objectif: créer le plus long lacet bleu possible et financer ainsi son programme d’actions au Rwanda. Explications.

AVANT DE LIRE | Le handicap à travers le monde

Un milliard Selon les derniers chiffres publiés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ 15% de la population mondiale présente une forme ou une autre de handicap. Cela représente un peu plus d’un milliard de personnes à travers le monde, ce qui traduit une nette augmentation sur les dernières années. Cela s’explique notamment par "les tendances démographiques" d’une part et "l’augmentation de la prévalence de maladies chroniques" d’autre part, justifie l’OMS.

Manque d’accès aux soinsCe sont principalement les pays considérés comme à bas revenus, ou en voie de développement, qui sont concernés: 80% des personnes présentant une forme ou l’autre de handicap proviennent de ces pays. Parmi elles, seule une personne sur dix a accès aux soins de réadaptation.

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3 décembreDepuis 1992, l’Organisation des Nations unies (ONU) célèbre la journée internationale des personnes handicapées le 3 décembre. Celle-ci vise à "promouvoir les droits et le bien-être des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société et du développement et à accroître la sensibilisation à leur situation particulière dans tous les aspects de la vie politique, sociale, économique et culturelle".

Handicap:
Pour Aurore Van Vooren, le lacet est synonyme de retour à la mobilité pour les personnes en situation de handicap. © Jacques Duchateau
Ce vendredi 3 décembre 2021 coïncide avec le grand retour des fameux lacets bleus. Véritable symbole de soutien (re)marqué envers les personnes en situation de handicap, le lacet bleu est apparu lors d’une première action menée en 1999 par Handicap International, l’organisation ayant reçu le Prix Nobel de la Paix en 1997 pour son implication dans la lutte contre les mines antipersonnel. "Ce lacet symbolise le retour à la mobilité, explique Aurore Van Vooren, Communication Manager de la structure belge de l’ONG. Il s’agit là du meilleur symbole que l’on puisse trouver, car le lacet fait référence à la chaussure, et donc à la mobilité, ce qui permet aux personnes en situation de handicap de vivre debout et donc de vivre une vie digne."

Car plus encore qu’aider les personnes en situation de handicap à retrouver une vie normale, c’est un retour à une vie "digne" que prône l’organisation. Ce concept est "très important pour nous, confirme Antoine Sepulchre, Manager Récolte de fonds. On n’est pas des grands sauveurs, mais on est ce petit coup de pouce qui permet à toutes ces personnes de vivre dignement."

On n’est pas des grands sauveurs, mais on est ce petit coup de pouce qui leur permet de vivre dignement.

Après 1999 et une deuxième campagne lancée en 2008, le lacet bleu revient donc en 2021 pour la troisième fois sur le devant de la scène, à l’occasion de la journée internationale des personnes handicapées.

Le retour des lacets bleus à Bruxelles, Liège et Bruges

"Avec cette nouvelle campagne intitulée “Chaque lacet compte”, nous serons présents dans les gares de Liège, Bruxelles-Midi et Bruges, et nous proposons à chacun de venir nouer un lacet bleu, de sorte à former le plus grand lacet possible, et de garder l’autrepour soi", explique Maarten Caversoons, le coordinateur de la campagne. Celle-ci se déroulera également en ligne, sur le site de l’ONG, le but étant de récolter un maximum possible de fonds, dont les bénéfices iront aux projets de l’organisation au Rwanda (lire ci-dessous).

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Le lacet bleu fait son grand retour cette année. © Jacques Duchateau

Les lacets bleus sont produits en Italie à partir de matériaux 100% écologiques. Ils sont disponibles à partir de 1€.

Ce à quoi va précisément servir l’argent récolté

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Manager Récolte de fonds, Antoine Sepulchre détaille la proportion de chaque don qui sera reversée aux projets de l’organisation. © Jacques Duchateau
Il est parfois complexe de mesurer la véritable portée d’un don financier que l’on exécute auprès d’une organisation. À quoi sert réellement l’argent récolté? Où vont précisément les euros ainsi donnés? Chez Handicap International, on joue la carte de la transparence: "Sur un don de 100 euros, 86 euros servent directement à financer la finalité sociale de nos projets, explique Antoine Sepulchre. Les 14 euros restants servent à couvrir les frais de fonctionnement et de recherche de fonds."

Dans le cadre de la campagne lancée par l’équipe belge de l’ONG ce 3 décembre, l’argent récolté contribuera à "financer notre programme d’actions au Rwanda" (lire ci-dessous).

"Pour ces projets, nous bénéficions du soutien d’un partenaire institutionnel: la Coopération belge au développement, reprend Antoine Sepulchre. Son soutien est essentiel mais nécessite un apport de fonds propres de la part de Handicap International." En d’autres termes, c’est un peu comme lorsque l’on souhaite obtenir un crédit immobilier: la banque acceptera de vous suivre si vous êtes en mesure d’apporter vous-mêmes une partie du financement.

"L’un ne va pas sans l’autre et c’est précisément pour cela que nous avons besoin de récolter des dons pour nous permettre de financer nos projets", conclut Antoine Sepulchre.

En 2020, Handicap International Belgique fonctionnait avec un budget de 11,55 millions: 6,8 millions provenant de fonds institutionnels et 4,75 millions de récoltes de fonds privés.

«Permettre à Longini de vivre sa vie de petit garçon»

Active dans 59 pays à travers le monde, l’ONG Handicap International mène actuellement 9 projets au Rwanda.

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Coordinateur de la campagne, Maarten Caversoons explique en quoi l’argent récolté servira, notamment, à aider le jeune Longini, 9 ans. © Jacques Duchateau
"Cette année, Handicap International a par exemple financé la réalisation de deux prothèses de jambes inférieures pour un jeune garçon, Longini, raconte Maarten Caversoons, coordinateur de la campagne “Chaque lacet compte”. Il a neuf ans et a déjà traversé de nombreuses épreuves dans la vie: après sa naissance, les médecins lui ont diagnostiqué une malformation congénitale des deux jambes, il a donc subi une double amputation à l’âge de 3 ans."

Trois ans plus tard, la maman de Longini lui a trouvé une place au sein de l’école inclusive HVP Gatagara, dans la banlieue sud de Kigali. Pour la première fois, le jeune garçon a pu se rendre à l’école.

"Celle-ci comporte un centre de réadaptation ainsi qu’un atelier orthopédique, poursuit Maarten. Handicap International soutient ce centre et apporte une aide financière aux familles qui ne peuvent pas se permettre de payer de tels soins."

Un rêve qui devient réalité

La famille de Longini est de celles-là: tandis qu’il n’a jamais connu son père, décédé durant la grossesse, sa mère ne possède pas les ressources suffisantes pour offrir au jeune garçon les prothèses qui lui permettraient ainsi de marcher seul. "Mais grâce au soutien de Handicap International, ce rêve est devenu réalité pour Longini qui a reçu ses premières prothèses en 2019, à l’âge de 7 ans".

"Ces prothèses sont d’une part importantes pour sa mobilité, mais elles sont surtout très importantes parce qu’elles permettent à Longini de vivre enfin sa vie de petit garçon, souligne Aurore Van Vooren. C’est synonyme de retour à une vie la plus normale et la plus digne possible pour lui."

Seulement voilà: pour que Longini puisse poursuivre sa vie normale et digne de petit garçon, il a régulièrement besoin de nouvelles prothèses. "Car il n’a pas terminé sa croissance, il lui faut donc régulièrement des prothèses de taille plus grande", explique Maarten Caversoons.

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Mais Longini est tout sauf un cas isolé. Au Rwanda, ce sont ainsi 7 698 personnes qui, comme lui, ont bénéficié en 2020 des projets de réadaptation conduits par Handicap International.

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Le jeune Longini peut retrouver une vie normale et signe grâce au soutien de Handicap International. © Simon Wohlfahrt - Handicap International

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