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CORONAVIRUS

Obligation vaccinale des soignants: 13 heures pour un accord

Obligation vaccinale des soignants: 13 heures pour un accord

Pour Vandenbroucke, l’accord sur la vaccination des soignants était plié. Pas pour le PS. BELGA

L’obligation vaccinale, même appliquée aux seuls soignants, est un dossier "chaud". Les discussions ont été vives au sein de la majorité fédérale avant qu’un accord se dégage.

C vendredi, le conseil des ministres devait en principe avaliser le texte de l’avant-projet de loi porté par Frank Vandenbroucke, visant à obliger tous les professionnels des soins à se faire vacciner contre le Covid, sous peine de perdre le droit d’exercer leur métier. Pas si simple: on est passé en quelques jours de l’annonce d’un accord aux sévères engueulades.

Débutée à 8h30, la réunion préalable qui réunissait les principaux ministres (kern) s’est éternisée toute la journée avant qu’un accord puisse être dégagé in extremis en fin de soirée. Le revirement du PS, mis sous pression par les syndicats qui s’opposent à une obligation vaccinale réservée aux seuls soignants et ont déposé des préavis de grève, a crispé les positions au sein de la majorité, que certains ont cru en péril. Pour les tenants d’un accord publiquement annoncé, pas question de reculer. Pour le PS, rejoint par Écolo, pas question de céder. Vu la pression subie par les hôpitaux, un clash social dans le secteur des soins n’est guère envisageable.

Finalement, un accord a pu être obtenu vers 21h, confirmant la décision de lundi soir (licenciement avec chômage mais sans préavis si le soignant refuse de se faire vacciner). Seul bémol obtenu: le travailleur pourra s’opposer à la révocation de son contrat par l’employeur à partir du 1er avril. Son contrat serait simplement suspendu, mais sans salaire ni indemnité. Il pourrait toujours le récupérer… plus tard.

 

Une avancée ?

 

Pour sortir de l’impasse, les socialistes francophones avaient soumis à leurs collègues une proposition qui aurait permis au travailleur non vacciné de bénéficier d’une suspension prolongée de son contrat de travail plutôt que d’en subir la rupture, et de disposer plus longtemps du chômage temporaire. D’autres possibilités étaient envisagées, comme le travail pour un autre employeur ou une rupture conventionnelle permettant l’accès au chômage complet. Cette solution n’a pas été acceptée par les autres partis. Reste à savoir ce que penseront les syndicats du compromis dégagé.

En jugeant inacceptable de sanctionner d’un licenciement un soignant refusant le vaccin alors que cette obligation ne s’appliquerait pas à tout le monde, le PS poussait, d’une certaine manière, à une obligation vaccinale imposée à tout un chacun, par étapes. Mais un accord sur ce point n’autait pas été plus simple à obtenir.

 

Ouvrir un débat

 

Plusieurs partis de la majorité se sont montrés favorables à une obligation généralisée, à l’instar du MR, dont le président estimait qu’elle aurait, au moins, le mérite de la clarté, quand jusqu’ici on a plutôt cherché à forcer la main des récalcitrants avec des mesures contraignantes, comme le CST renforcé.

Le Premier ministre Alexander De Croo, lui, est resté sceptique sur la mise en œuvre d’une obligation généralisée, et Frank Vandenbroucke n’a cessé de répéter qu’elle serait très compliquée à mettre en œuvre. Mais la plupart des partis estiment qu’au moins, il faudrait ouvrir ce débat. Et l’idéal serait que la question se discute au Parlement.

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