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MUSIQUE

Orelsan de retour: l’orfèvre du rap toujours aussi percutant (vidéo)

Orelsan de retour: l’orfèvre du rap toujours aussi percutant (vidéo)

Percutant, incisif… Les adjectifs pleuvent mais la plume d’Orelsan est surtout juste, miroir peu reluisant d’une société en perdition. Alice Moitié

Miroir peu reluisant d’une société en perdition, la plume d’Orelsan frappe fort mais surtout, elle frappe juste.

Un album d’Orelsan, ça n’est jamais un album de rap comme les autres. D’ailleurs, même en n’aimant pas spécialement le genre, on résiste difficilement à ses textes, photographies très nettes et sans concession de notre société.

Sa plume déjà incisive sur La fête est finie en 2017, redouble de mordant. Moins de punchlines et regard plus périphérique, les textes d’Aurélien Cotentin (son vrai nom) analysent le monde et la France d’aujourd’hui. Celle qui canarde les gilets jaunes en demande d’une pension décente (Manifeste), celle qui stigmatise l’étranger (L’odeur de l’essence), celle engluée dans une économie globalisée (Baise le monde) mais aussi un monde qui se brûle les ailes tout seul (Civilisation).

 

«Ce qui compte c’est pas l’arrivée, c’est la quête»

 

Évidemment, poussé par un single brûlant comme L’odeur de l’essence ("Plus personne écoute, tout le monde s’exprime. Personne ne change d’avis que des débats stériles. Tout le monde s’excite parce que tout le monde s’excite, que des opinions tranchées, rien n’est jamais précis. Plus le temps de réfléchir, tyrannie des chiffres"), on s’attendait à ce qu’Orelsan se fasse la voix d’une génération, celle biberonnée aux frasques de Britney Spears qui subit les mauvais choix des générations précédentes mais n’a pas fait grand-chose pour les réparer.

À 39 ans, Aurélien Cotentin concède dans Libération que "cet album s’occupe plus des gens autour, sûrement parce que j’ai fait le tour de moi-même". Orelsan en profite aussi pour se demander: "Qu’est-ce que tu vas transmettre à tes enfants? Civilisation, c’est la société qui m’entoure et ce que je peux apporter", explique-t-il à l’AFP.

Mais Civilisation n’est pas que noirceur: avec son complice Gringe, des Casseurs Flowters, il se moque de lui-même (Casseurs Flowters Infinity). Et, avec Dernier verre, Orelsan s’offre une collab’avec Pharrell Williams, lui et The Neptunes qui l’ont fait rêver dès ses débuts, comme le montre la série-documentaire réalisée par son frère, Montre jamais ça à personne (Prime Video). "C’est incroyable, fou, de les avoir sur ce disque."

Orelsan de retour: l’orfèvre du rap toujours aussi percutant (vidéo)
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Mais qu’on se rassure, Orelsan parle quand même encore un peu de lui et n’oublie pas de jeter un petit coup d’œil dans le rétro (La Quête) et de remercier celle qu’il aime depuis dix ans et à qui il a passé la bague au doigt (Athéna) l’année dernière ("Tu me protèges et guide mes pas"). Mais ça s’arrête là. Basique.

Orelsan, «Civilisation», Wagram/Pias.

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