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Pas d'âge pour s'envoyer en l'air, même quand on est senior

Pas d'âge pour s'envoyer en l'air, même quand on est senior

sindret - stock.adobe.com

Loisir insolite et impressionnant, la chute libre à 4 000 mètres du sol séduit aussi les seniors. Car une activité physique, même extrême, est bénéfique pour le système cardiovasculaire.

Lâché d’un avion pour chuter à 200 km/h durant 50 secondes, avant d’être ralenti par un parachute pour terminer en douceur une descente de 3 minutes: voici le nouvel et insolite hobby de Serge Demesmaeker. Cet Éghezéen de 69 ans a goûté trois fois à ce "plaisir indescriptible" de la chute libre en tandem. Lors de son premier saut, en 2018, des personnes de son entourage l’ont pris pour un fou! "Certains pensent que ce n’est pas un âge normal pour sauter dans le vide, s’amuse-t-il à raconter. Mais il n’y a pas d’âge pour s’y mettre… Et puis, j’ai 15 ans dans la tête!"

Le parachute n’est pas étranger à Serge, qui a pu l’expérimenter 17 fois durant sa carrière au régiment de para-commando de l’Armée belge. Mais sans jamais être lâché en chute libre, le parachute s’ouvrant après 2 secondes. C’est lors d’une récente visite aux portes ouvertes d’une base militaire que ce dynamique retraité tombe littéralement en admiration pour ces hommes-oiseau. Avec des étoiles dans les yeux, il se renseigne. "J’ai été étonné de l’accessibilité de ce sport extrême… tandis que ma femme me freinait des quatre fers!"

En bon état de santé général, le candidat à la chute libre doit présenter au paraclub un simple certificat de son médecin généraliste. Au-delà de 70 ans, un certificat supplémentaire doit être demandé auprès d’un cardiologue. Quant aux personnes en chaise roulante, le saut leur est également accessible, moyennant la mise en place d’un matériel redressant les jambes à l’atterrissage.

 

«Juste profiter»

 

Peu de temps après, Serge réalisait son baptême en tandem, au paraclub de Schaffen, dans le Brabant flamand, suivi de deux autres sauts au paraclub Skydive, à Saint-Ghislain. Son ressenti? "Une décharge d’adrénaline accompagnée d’une intense impression de bien-être et de légèreté lorsque le parachute s’ouvre et nous laisse planer dans un silence absolu." Accroché dans son dos, un moniteur est aux commandes. "Je suis comme un simple convoyeur, je ne dois rien faire! Juste profiter des sensations et du paysage, et de saltos que je réclame!" Sans aucune crainte? "Non! C’est plus facile qu’on l’imagine. La peur du vide juste avant de sauter, c’est possible. Mais le vertige n’existe pas là-haut."

Lors de son dernier saut, Serge Demesmaeker a entraîné son petit-fils dans l’aventure, pour son 11e anniversaire. "Histoire de lui trouver une passion commune avec son Nono! Il était davantage craintif dans le petit avion qui tremblait. Il a été soulagé de pouvoir en sauter!"

Dans les airs, Serge se sent en complète sécurité. "Mais vous ne m’aurez plus dans un parc d’attractions, sur une montagne russe, ou en saut à l’élastique!" avertit-il. Ah bon? "Et bien, il n’y a pas de plan B si un câble lâche. Tandis qu’en chute libre, plusieurs sécurités sont en place: un système électronique si le moniteur ne réagit pas et une manette pour larguer soi-même un petit parachute de secours. Tout est prévu!"

 

Sauter partout

 

Dès que la saison de saut reprendra au printemps, Serge se qualifiera pour sauter seul, quand il le souhaite " et jusqu’à 4 sauts par jour! Pour 18€/saut, matériel et assurance compris, je ne veux pas m’en priver. Je dois posséder mon propre casque, uniquement." La formation en Belgique est réputée pour ses exigences de sécurité. Après deux jours de théorie et 7 sauts en solo, Serge pourra réaliser son rêve: sauter seul aux quatre coins de l’Europe.

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