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ENVIRONNEMENT

Parcs nationaux: sept candidats et seulement deux élus

Sept territoires wallons postulent pour obtenir le label de Parc national. Et les importants subsides européens qui y sont liés.

C’est un des gros dossiers du plan de relance de la Wallonie et il vient de franchir une étape supplémentaire. Sept candidatures ont en effet été déposées suite à l’appel à projets visant à créer deux parcs nationaux en Wallonie.

Il s’agit des territoires Entre-Sambre-et-Meuse, Famenne-Ardenne, Forêt d’Anlier, Forêts de Brabant, Hautes-Fagnes, Massif de Saint-Hubert et Vallée de la Semois (voir ci-dessous).

Sept candidats, c’est "un immense succès", note la ministre wallonne de l’Environnement Céline Tellier (Écolo), qui souligne l’enthousiasme partagé pour valoriser le patrimoine naturel et renforcer la biodiversité. Mais sept candidats, ce sera aussi cinq déçus puisque les ministres Céline Tellier et sa collègue au Tourisme Valérie De Bue (MR) n’envisagent la création que de deux parcs. Mais, dit-on au cabinet de la ministre de l’Environnement, les cinq déçus n’auront pas tout perdu. Le résultat de l’évaluation de leur candidature par le comité d’experts pourrait très bien servir de base à la mise en place d’autres projets en faveur de la nature et de la biodiversité, même s’ils ne sont pas labellisés "parc national". Avec à la clé, peut-être aussi, des aides wallonnes dans un autre contexte. Comme la reconnaissance de nouvelles aires protégées (1 000 hectares par an sous cette législature) ou la restauration de certaines zones dans le cadre des projets LIFE (préservation de biotopes spécifiques).

 

Deux lauréats fin 2022

 

Le comité d’évaluation va donc désormais se pencher sur l’admissibilité des candidatures sur base des critères fixés par le gouvernement wallon. Il s’agit principalement de proposer un territoire d’une superficie minimale de 5 000 hectares, dont 75% sont d’intérêt biologique confirmé et 40% bénéficient d’un statut de protection. Cette superficie peut toutefois être morcelée à condition que la zone principale couvre au moins 2 500 hectares et 500 hectares chacune pour les zones additionnelles.

Quant aux autres critères d’évaluation, ils portent sur la valeur actuelle du territoire concerné et ses opportunités de développement sur le plan de la nature et du tourisme sur la contribution du projet aux objectifs régionaux en matière de nature et biodiversité, de climat et mobilité, d’économie et de social, d’éducation et de sensibilisation et sur la gouvernance du projet et sa solidité organisationnelle et financière.

À l’issue de cette évaluation, quatre dossiers seront présélectionnés par le gouvernement en décembre prochain. Ils construiront alors un projet détaillé durant dix mois, avant une nouvelle évaluation du comité. Le gouvernement sélectionnera les deux ultimes lauréats en décembre 2022.

La création de ces deux parcs nationaux est soutenue par l’Union européenne à hauteur de 28 millions d’euros. Les quatre projets présélectionnés bénéficieront d’une subvention pour l’établissement des plans directeur et opérationnel de maximum 250 000€. Les deux lauréats pourront en outre bénéficier d’une subvention de maximum 13 millions€ chacun pour réaliser leur projet de parc national.

 

 

ENTRE-SAMBRE-ET-MEUSE

 

 

Trois régions géologiques, à 93% en zone d’intérêt

 

Le projet de parc national en Entre-Sambre-et-Meuse s’étend sur quatre communes, dans deux provinces: Froidchapelle et Chimay en Hainaut, puis Couvin et Viroinval sur Namur. Du nord au sud, on y retrouve trois biotopes différents: la Fagne et ses prairies de fauche (avec la réserve naturelle de Virelles), la Calestienne (avec ses pelouses calcicoles et le Fondry des Chiens) puis les vastes forêts d’Ardenne. Cette diversité, c’est l’atout du dossier.

Total de la superficie: 14 730 hectares, dont 93,4% en zone d’intérêt biologique ou paysager. Dans ce parc, plusieurs pôles d’activité sont envisagés: l’Aquascope de Virelles, la future Maison de la forêt aux Grottes de Neptune à Petigny, mais aussi des projets de Maison de la Calestienne et d’infrastructure d’accueil à la gare de Mariembourg.

 

 

 

 

 

 

Éric Domb, Nassonia, Grande Forêt de St-Hubert: que du lourd

 

L’ASBL Grande Forêt de Saint-Hubert et de la Haute Lesse y compris la forêt Saint-Michel Freyr et Nassonia (d’Éric Domb), sont aussi candidates à la reconnaissance de leur périmètre en parc national. Et là, c’est du lourd quand on évoque notamment la biodiversité du lieu qui comprend l’impressionnant massif forestier de Saint-Hubert. Récemment la Province de Luxembourg a même donné un accord de principe soutenant sa participation à la candidature du massif forestier de St-Hubert comme parc national alors que la Forêt d’Anlier et la Vallée de la Semois, toutes deux sur le territoire luxembourgeois, sont aussi candidates (lire ci-contre). La raison est simple: les domaines provinciaux de Mirwart et du Fourneau St-Michel sont situés dans le massif forestier de Saint-Hubert.

 

 

 

VALLÉE DE LA SEMOIS

 

 

Ce parc national s’étendrait sur plus de 20 000 hectares

 

Sept communes et les deux parcs naturels établis sur la Semois (ceux de Gaume et de l’Ardenne méridionale) proposent la candidature d’un parc national de la Vallée de la Semois. "Vu sa richesse, tant de la faune et de la flore que patrimoniale, la vallée de la Semois répond déjà aux critères de parcs nationaux", explique la bourgmestre d’Herbeumont Catherine Mathelin. On peut même préciser que, les minimums exigés pour chaque critère d’évaluation sont déjà acquis, sans apporter de modification quelle qu’elle soit". Ce parc national s’étendrait sur plus de 20 000 ha et concerne directement les communes de Bertrix, Bouillon, Chiny, Florenville, Herbeumont, Paliseul et Vresse (plus le CPAS de Mons avec les Épioux).

 

 

 

HAUTES FAGNES

 

 

Mieux accueillir et réguler l’important flux touristique

 

Le projet du parc national des Hautes Fagnes inclus sept communes: Malmedy, Waimes, Jalhay, Eupen, Baelen, Raeren et Bütgenbach. 42 associations soutiennent ce projet, tout comme l’ASBL Région de Verviers qui le porte. En termes de superficie, le projet atteint les 12 190 hectares et compte de nombreuses zones Natura 2000. Avec ce label, l’objectif est une gestion plus naturelle des zones périphériques et forestières de la réserve naturelle. Et celle-ci, on ne la présente plus! Les touristes sont nombreux à la visiter tout au long de l’année. Le but au niveau touristique est d’ailleurs de mieux accueillir l’important flux touristique et de mieux le réguler. Une réflexion globale sur les parkings est déjà en cours et serait intégrée au parc national, avec notamment des signalétiques aux différentes entrées.

 

 

 

FORÊTS DE BRABANT

 

 

À cheval sur les trois régions, ce serait un véritable parc national

 

Le projet défendu par la Province du Brabant wallon comprend plus de 4300 hectares de bois et vallées situées dans le nord de la jeune province. Cette zone, étendue sur dix communes, ne constitue pas la plus grande partie des "Forêts de Brabant".

La Flandre (10 400 hectares) – le dossier est déjà rentré – et la Région bruxelloise (1 900 hectares) sont aussi partie prenante du projet "Forêts de Brabant" qui veut englober et connecter les forêts de Soignes et de Meerdael, les bois de Hal et de Laurensart, et les vallées de la Lasne et de la Dyle. Pour le coup, le parc national mériterait pleinement son nom.

 

 

 

FORÊT D’ANLIER

 

 

Un magnifique massif feuillu de 7 000 hectares, géré par le DNF

 

La Forêt d’Anlier espère bien que ses atouts feront mouche. Elle s’étend sur environ 7 000 hectares, dans le sud de la province du Luxembourg aux confins des communes de Habay, Léglise, Fauvillers et Martelange. Ce massif essentiellement feuillu est l’un des plus grands de Belgique, appartenant, de manière indivise, pour moitié à l’État belge et pour moitié à neuf communes usagères (dont deux grand-ducales). Le massif est géré par le DNF (département de la Nature et des Forêts). "La principale difficulté sera, un peu comme nous l’avons connue il y a 20 ans lors de la création de notre parc naturel, de rassurer tous les acteurs du territoire à ce propos", avance Donatien Liesse, directeur du parc naturel Haute Sûre Forêt d’Anlier.

 

 

 

GEOPARK FAMENNE-ARDENNE

 

 

Le 1er Geopark de Belgique et labellisé par l’Unesco en 2017

 

"La candidature émane de 5 des 8 communes composant notre Geopark: Durbuy, Hotton, Marche, Nassogne et Rochefort.Mais les communes de Beauraing, Wellin et Tellin pourront les rejoindre", indique son directeur Alain Petit. Le Geopark, reconnu par l’UNESCO en 2017, s’étend sur une superficie de 915 km2. Son fil conducteur est la bande calcaire de la Calestienne, qui repose sur les vallées de trois rivières (Lesse, Lomme, Ourthe). Un territoire sur lequel on retrouve des sites géologiques et touristiques exceptionnels (grottes de Han, Rochefort et Hotton), mais encore Durbuy ou des villages de caractère parmi les plus beaux de Wallonie (Wéris, Ny,…). Mais aussi une faune et une flore remarquables, à découvrir à pied ou à vélo.

 


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