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HUY

Huy : Non, les chevaux d’Alain et Christine ne sont pas maltraités

Non, les deux chevaux, en prairie chaussée de Dinant à Huy, ne sont pas maltraités. Soad est maigre mais surtout, elle a… 34 ans.

"Si nos chevaux étaient maltraités, Soad ne serait plus là…" Voilà qui est dit. Alain et Christine Tihon sont clairs: leurs deux chevaux, en prairie juste à côté de leur maison, chaussée de Dinant, sont chouchoutés comme l’ont toujours été tous ceux que le couple de Hutois a eus par le passé. Or, cela fait des mois, si pas plus, que le couple reçoit la visite de la police et de son inspecteur chargé du bien-être animal ou bien de la SPA, la Société protectrice des animaux à cause de plaintes déposées contre eux pour maltraitance.

La raison? L’état d’un des deux chevaux, Soad… Alors oui, Soad est maigre, elle est creusée à l’arrière main. On ne voit cependant pas ses côtes, premier signe de malnutrition chez un cheval. Mais Soad est une jument de… 34 ans. Elle est née en 1987 dans un élevage en France, près de Versailles, où Alain et Christine Tihon sont allés la chercher. "C’est un arabe-barbe" qui a fait les beaux jours du couple lorsqu’il montait encore tous les deux à cheval. Des chevaux, ils en ont eu pendant plus de 30 ans. Ils les montaient sur la piste qu’ils avaient aménagée dans leur jardin mais aussi dans les bois proches. Aujourd’hui, ils ne font plus d’équitation et leurs deux derniers chevaux, Soad la jument de 37 ans et Prince le hongre de 26 ans, vivent une retraite paisible au pré. "Chaque fois que le maréchal-ferrant vient les parer (NDLR leur limer les pieds), il dit que Soad ne fera plus long feu. Mais elle est toujours là", sourit Alain Tihon, bien connu à Huy pour y avoir tenu une boulangerie pendant plus de trois décennies avant d’aller aider son neveu sur Antheit. Car 34 ans pour un cheval, c’est très vieux. "C’est comme une personne très âgée qui n’aurait plus que la peau sur les os", compare la Hutoise. Prince, lui, a même tendance à faire des fourbures car il est trop gros. Et il mue difficilement, ce qui est fréquent chez les chevaux plus âgés.

La SPA, alertée par des passants qui pensaient peut-être bien faire, est déjà venue contrôler les deux bêtes… et ne reviendra plus dans le pré de près d’un hectare de la chaussée de Dinant. Car les chevaux y sont bien. Ils peuvent sortir de leurs box à leur guise, tout comme y rentrer. Ils ont des abreuvoirs automatiques, chauffés en hiver.

Alors que Hopi le chien court de la maison à la prairie, Alain nourrit ses poules avant d’aller mettre du grain à ses chevaux. Il lui suffit de dire leurs noms pour que les deux chevaux reviennent au box où ils reçoivent leur ration. "On sait qu’on n’aura plus de chevaux, mais on veut les garder jusqu’au bout. On en a eu une quinzaine à une époque." Prince et Soad sont les deux derniers poilus de la maison. "Si Soad était maltraitée, elle n’aurait pas vécu aussi longtemps", assène le couple. Qui, pour éviter encore toute nouvelle plainte, n’a pas hésité ce week-end à placarder un panneau devant le pré, en bord de route. On y sent leur colère, eux qui ont toujours chéri leurs animaux et sont prêts à accompagner leurs deux chevaux jusqu’à leur dernier souffle.


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