MUSIQUE

Le mois de novembre 2021 dans la ziquemachine à remonter le temps

Petit moment de détente musical. Qu’écoutait-on en novembre 2011, 2001, 1991, 1981, 1971 et 1961? Réponse dans ce petit montage signé Patrick Zirpolo qui nous emmène dans une ziquemachine à remonter le temps.

2011Lykke Li – I Follow Rivers

En novembre 2011, c’est une jeune chanteuse suédoise de 25 ans, Lykke Li, qui envahit les ondes et les charts avec un véritable tube, I Follow Rivers, dans une version remixée par le DJ Belge The Magician.

Arrivé en 1re position de l’Ultratop Wallonie le 22 octobre, il restera en tête du classement chez nous pendant neuf semaines, et dans le top 3 jusqu’au 4 février 2012! Le titre était pourtant déjà sorti en janvier 2011 comme deuxième single de l’album Wounded Rhymes, publié lui en février 2011, sans trop se faire remarquer.

Ce remix est également très populaire dans d’autres pays d’Europe. I Follow Rivers devient numéro un en Allemagne, Italie, Pologne, Roumanie, numéro 2 en Suisse, Autriche, Irlande, Pays-Bas et numéro 4 en France.

Si le DJ namurois The Magician (Stephen Fasano de son vrai nom) a fait beaucoup pour faire connaître ce morceau en Europe, d’autres Belges ont œuvré à sa popularité. Il s’agit du groupe flamand Triggerfinger, originaire d’Anvers, qui réalise quelques mois plus tard une reprise « fragile » à l’occasion de son passage dans le show de Giel Beelen’s sur la radio hollandaise 3FM. Ils utilisent notamment un mug et un verre d’eau pour le gimmick rythmique qui revient régulièrement dans la chanson. Cette version se classera en bonne position en Autriche, en Belgique et aux Pays-Bas.

L’info pour faire le malin. Pour les 10 ans de la sortie du remix, Stephen Fasano est revenu sur la production de ce morceau dans une interview accordée à la RTBF. Il y révèle notamment qu’il n’a touché que 2000€ pour ce remix. «J’étais fan de Likke Li à la base, j’avais adoré son 1er album. Et là, le single me parlait beaucoup. J’ai gardé uniquement les voix et la petite percussion que je trouvais sympa.» L’équipe de la chanteuse n’était pas emballée par cette version, et la chanteuse n’a jamais contacté The Magician, même par mail. Il ajoute que le succès est toujours présent pour ce morceau, avec 5 millions de streams par mois.

2001Kylie Minogue – Can’t Get You Out Of My Head

À la fin des années 90 et au début des années 2000, la carrière de Kylie Minogue prend un nouvel envol après sa signature avec le label Parlophone.

Elle sort d’abord l’album Light Years en septembre 2000, puis enchaîne un an plus tard avec Fever, qui devient un succès planétaire, grâce entre autres à son 1er single Can’t Get You Out of My Head.

Produite et coécrite par Cathy Dennis et Rob Davis (guitariste fondateur des Mud), la chanson est basée sur un gimmick – «la, la, la, lala, lala…» chanté à plusieurs reprises durant les trois minutes cinquante du single. Les paroles évoquent l’obsession de la chanteuse pour une personne qu’elle n’arrive pas à se sortir de la tête.

Le titre est un vrai carton, atteignant la 1re place dans pas moins de 40 pays dans le monde. En Wallonie, il restera huit semaines en tête de l’Ultrapop, entre le 20 octobre et le 8 décembre 2001.

La vidéo au look futuriste a été réalisée par le Britannique Dawn Shadforth, qui a travaillé avec Björk, Primal Scream…

L’info pour faire le malin. La tenue blanche décolletée jusqu’au nombril qui marquera de nombreux esprits masculins a été conçue par le créateur de mode londonien Fee Doran, sous le nom de Mrs Jones. Selon la chanteuse, l’inspiration est venue de modèles portés auparavant par Grace Jones. «Quand je suis arrivée dans le studio, la pièce était posée sur un cintre et ne ressemblait à rien. On aurait dit que quelqu’un avait laissé un drap étendu. On a eu besoin de nombreuses astuces pour réussir à la faire tenir à tous les endroits», indique la chanteuse au magazine Marie Claire.

1991Fortuna feat. Satenig – O Fortuna

Au début des années 90, c’est un titre surprenant qui arrive en tête des charts. Il s’agit en effet d’une version dance de O Fortuna, un poème bavarois du 13e siècle extrait du codex Carmina Burana, recueil de 315 poèmes médiévaux de l’abbaye de Benediktbeuern en Bavière, où ils sont découverts en 1803. Ce poème sera rendu célèbre grâce à sa mise en musique par l’Allemand Carl Orff en 1936, dans la cantate Carmina Burina. Le groupe hollandais de dance Fortuna feat. Sadenig a l’idée d’y adjoindre un rythme techno et le morceau devient numéro un aux Pays-Bas.

À la même période, le groupe Apotheosis – derrière lequel se cache notamment le producteur belge Luc Rigaux, futur fondateur de Paradisio – sort lui aussi une version techno du même morceau.

L’info pour faire le malin. Comme aucun producteur n’avait reçu l’autorisation des héritiers de Carl Orff d’utiliser son œuvre, tous les disques ont dû être retirés du marché et le morceau a été interdit de diffusion à la télévision ou à la radio.

1981Soft Cell – Tainted Love

Au début des années 80, la new wave règne en maître sur les hit-parades. Exemple avec ce tube marquant, Tainted Love, du groupe anglais Soft Cell, formé par Marc Almond (chant) et Dave Ball (musique).

Ils se sont rencontrés à l’Art School de Leeds et sont repérés par Stevo, fondateur du label Some Bizzare. Après avoir connu un succès underground dans les clubs aux États-Unis avec le titre Memorabillia – considéré par certains comme le 1er tube house de l’histoire – Soft Cell passe un cap avec la sortie la même année de Tainted Love. La chanson est produite par Mike Thorne, impressionné par le nouvel arrangement et la voix sinistre d’Almond.

Cette reprise (lire ci-dessous) deviendra numéro un dans dix-sept pays. Mieux, en 1982, Tainted Love devient le single qui reste le plus de semaines consécutives (43) dans le Billboard Hot 100, hit-parade où il atteindra seulement la huitième place. À noter que le maxi 45 T de Tainted Love mixe astucieusement le morceau avec une reprise de Where Did Our Love Go des Supremes. Ce qui donne une versionde plus de neuf minutes!

Le clip officiel est réalisé par Tim Pope, qui deviendra par la suite le réalisateur attitré des clips de The Cure. On reconnait aisément le style déjanté du réalisateur: on y voit Marc Almond déguisé en centurion romain et Dave Ball en joueur de base-ball! Un deuxième clip plus moderne (voir au premier paragraphe) sera réalisé en 1991 par Peter Christopherson de Hipgnosis. C’est lui qui restera connu par la plupart des téléspectateurs.

L’info pour faire le malin. Peu de gens le savent: Tainted Love n’est pas un morceau original mais bien une reprise d’un morceau de Gloria Jonesdatant de 1964, écrit par Ed Cobb, ancien membre du groupe amérciain Four Preps. C’était la face B du single My Bad Boy’s Comin’Home qui fut un flop. Un DJ anglais fera de Tainted Love un tube underground pour clubs branchés au milieu des années 70, et Gloria Jones enregistrera une nouvelle version pour son album Vixen, paru en 1976. La sortie en single ne marchera pas.

1971Middle Of The Road – Soley Soley

En mars dernier, on vous avait déjà parlé de Middle of The Road, ce groupe écossais formé par la chanteuse Sally Carr, le batteur Ken Andrew, le guitariste Ian McCredie et le bassiste Éric McCredie. Un band qui est parti en Italie à la fin des années 60 car il ne rencontrait pas le succès chez lui.

Le producteur italien Giacomo Tosti trouve la bonne formule et le groupe va enchaîner les tubes en ce début des années 70, dont ce rayonnant Soley, soley. Le groupe aura notamment beaucoup de succès en Allemagne, avec 11 morceaux dans le Top 40 entre 1971 et 1974.

L’info pour faire le malin. Soley, soley sera chanté en français l’année suivante par Nana Mouskouri sous le titre… Soleil, soleil. Cette reprise figure sur l’album Une voix qui vient du cœur, produit par André Chapelle. C’est Michel Jourdan qui assure l’adaptation du texte. On lui doit les paroles de Pauvres Diables pour Julio Iglesias, Il a neigé sur Yesterdaypour Marie Laforêt, Le petit Nicolas pour Michel Fugain ou, plus récemment, Si seulement je pouvais lui manquerpour Calogero, reconnu en 2015 comme coupable d’un plagiat pour la musique de cette chanson.

1961 Johnny Hallyday – Viens danser le twist

En novembre 1961, Johnny Hallyday est sur tous les transistors avec Viens danser le twist, une adaptation en français du morceau Let’s Twist Againde Chubby Checker, sorti en juin 1961.

C’est à Londres, au début du mois de septembre, que le chanteur français – qui n’a alors que 18 ans – enregistre ses premiers morceaux aux studios Fontana pour le label Philips.

Viens danser le twist et Let’s Twist Again sortent sur un single promotionnel le 25 septembre 1961. Il ne faudra pas un mois pour qu’ils deviennent des tubes.

L’info pour faire le malin. Parmi les musiciens qui jouent sur l’enregistrement de Johnny, on retrouve un certain Big Jim Sullivan à la guitare rythmique. Musicien de studio réputé, il a joué sur environ 750 singles classés dans les charts au cours de sa carrière et 50 numéros un en Angleterre! On le retrouve sur Goldfinger de Shirley Bassey (thème de James Bond), What’s New Pussycat ? de Tom Jones, No Milk Todayde Hermans Hermits…

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