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COVID

Troisième dose: pourquoi la Wallonie est-elle à la traîne?

Troisième dose: pourquoi la Wallonie est-elle à la traîne?

En Wallonie, 22 centres et dix antennes mobiles sont mobilisés pour l’administration de la 3e dose de vaccin. © ÉdA LABEYE Philippe

En Wallonie, seulement 54% des personnes immunodéprimées ont reçu la 3e dose de vaccin contre 80% en Flandre. Explications

Jeudi matin, sur les ondes de Bel RTL, le commissaire corona Pedro Facon pointait les différences régionales concernant la 3e dose du vaccin contre le Covid administrée aux personnes fragiles: 80% de Flamands ont reçu leur dose boost contre 50% de Wallons, 33% de Bruxellois.

« Ce chiffre n’englobe par toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, seulement celles qui sont immunodéprimées, précise Stéphanie Wilmet, porte-parole de la ministre wallonne la Santé, Christie Morreale. À l’heure actuelle, 54 % d’entre elles ont reçu leur dose boost

Convoqués au nord, invités au sud

Plusieurs facteurs pourraient expliquer l’écart entre la Flandre et la Wallonie, selon Clément Manguette, porte-parole de la Délégation générale Covid-19 du gouvernement wallon.

Si le Wallon est invité à prendre un rendez-vous dans le centre de vaccination de son choix, dans un délai de 2 mois, le Flamand, lui, est directement convoqué à un moment et dans un lieu précis, rendez-vous qu’il peut modifier.

«Cela tient plus de la convocation que de l’invitation mais ce système permet d’accélérer la procédure, c’est un incitant», admet Clément Manguette.

Au moment où les invitations ont été envoyées à ces populations fragiles, mi-septembre, l’épidémie était encore maîtrisée ce qui a sans doute eu pour effet que les Wallons ne se sont pas précipités pour prendre rendez-vous. C’était déjà le cas pour la 1re dose.

Mais avec la forte hausse des contaminations, la tendance s’inverse. «On constate depuis quelques jours, une accélération des prises de rendez-vous, avance Stéphanie Wilmet. Jeudi midi, on enregistrait plus de 58 000 prises de rendez-vous depuis le début de la semaine. Les centres de vaccination tournent pratiquement à plein régime»

Dernière explication avancée: certains hôpitaux prennent en charge la vaccination des personnes immunodéprimées et cette vaccination est encore en cours.

22 centres et 10 antennes mobiles en Wallonie

Pour l’administration de la 3e dose, la stratégie de vaccination a été adaptée côté wallon, rappelle Stéphanie Wilmet. « On invite les personnes à se tourner vers les vaccibus et les antennes de proximité qui ont été déployées notamment dans les zones où la couverture vaccinale est un peu plus faible. Actuellement, une antenne tourne dans la région de Verviers où le retard a été accentué par les inondations. D’autres vont sillonner prochainement la région du Borinage».

Six centres viendront renforcer début novembre les seize restés opérationnels: Dour, Braine-l’Alleud, Walcourt (ouvert depuis le 27/10), périphérie de Liège, Marche-en – Famenne et Arlon.

«On invite les personnes à ne pas traîner pour prendre rendez-vous. Ce n’est pas une dose de confort mais un boost indispensable pour compenser la baisse d’immunité chez les personnes les plus fragiles

La 3e dose est également administrée par certains généralistes: le 25 octobre, un peu plus de 11 500 doses avaient été injectées dans leurs cabinets ou au domicile des patients.

Marie, 82 ans, attend toujours son invitation…

Pourquoi Marie, 82 ans, n’a-t-elle pas encore reçu son invitation alors que son voisin Norbert, 69 ans, a déjà reçu sa 3e dose de vaccin?

Si lors de la première campagne de vaccination, le critère de l’âge primait pour l’envoi des invitations, ce n’est plus le cas pour la 3e dose. Cette fois, c’est le type de vaccin administré précédemment et la date d’injection de la 2e dose qui déterminent le moment où les invitations sont envoyées, explique Clément Manguette, de la Délégation générale Covid-19 au gouvernement wallon. «Une personne âgée de 65 à 84 ans qui a reçu l’AstraZeneca ne peut recevoir la 3e dose de vaccin qu’à partir de 4 mois après la 2e dose. Pour celles qui ont reçu le Pfizer, ce délai est de 6 mois. Il est donc logique qu’une personne de 82 ans vaccinée avec le Pfizer reçoive son invitation après celle de 67 ans vaccinée avec l’AstraZeneca.»

Dès le début de la campagne de vaccination, il y a eu des décalages parce que des centres de vaccination ont ouvert plus tardivement dans certaines régions ou encore parce que l’envoi des invitations a dû être suspendu à certains moments pour éviter d’engorger les sites très fréquentés.

«La plupart des invitations pour la 3e dose ont été envoyées aux personnes de 80 ans et plus, précise Lara Kotlar, porte-parole de l’Aviq, le reste suivra en novembre et décembre. Personne ne sera oublié»

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