Sélection télé - SÉRIE

Germinal, toujours moderne

Germinal, toujours moderne

Derrière Le Maheu et Étienne Lantier, c’est tout un peuple qui s’apprête à livrer bataille pour sortir de sa condition. Thibault Grabherr – FTV – Banijay

Intemporel le «Germinal» d’Émile Zola d’une nouvelle adaptation entre révolte sociale et MeToo.

L’œuvre d’Émile Zola est universelle et surtout intemporelle. C’est ce qui marque le plus à la vision de cette nouvelle adaptation, résolument moderne, de son roman Germinal. Aujourd’hui, les livreurs de repas à vélo et les serveurs de fast-food ont remplacé les mineurs mais c’est toujours la même misère exploitée pour enrichir une poignée de nantis de plus en plus riche. Le fossé se creuse inexorablement et tôt ou tard, ça finira par exploser…

Partant de ce constat et de bien d’autres, deux jeunes artistes, le scénariste Julien Lilti et le réalisateur David Hourrègue, ont eu à cœur de remettre cette grande saga romanesque au goût du jour. France Télévisions a ainsi voulu «atteindre le juste équilibre entre le respect de l’œuvre originale et les nécessaires prises de liberté pour que le spectateur puisse à la fois redécouvrir cette œuvre et être surpris par la modernité sous-jacente du roman».

Les corons à l’heure de MeToo

Réunissant un casting plus que solide (Alix Poisson, Thierry Godard et les jeunes Louis Peres, Rose-Marie Perrault et Jonas Bloquet du côté des mineurs – Guillaume de Tonquédec, Natacha Lindinger et Sami Bouajila du côté des exploitants), Germinal ne cache pas ses ambitions et déploie les grands moyens pour une série de 6 épisodes de 52 minutes.

Autre facette moderne de cette adaptation: la place bien plus centrale réservée aux personnages féminins, dont Alix Poisson qui incarne La Maheude. «La Maheude c’est une vieille âme qui a déjà plusieurs vies sur les épaules, explique la comédienne à nos confrères de France Télévisions. Ce qui est passionnant c’est son parcours à travers toute la série parce qu’on démarre avec un personnage qui est vraiment écrasé par ce contexte économique. C’est une louve en mode survie: elle n’est là que pour protéger ses enfants et nourrir. Avec l’arrivée d’Étienne Lantier, on va assister au réveil d’une conscience.»

Et toutes les femmes vont ainsi prendre le pouvoir, voter aux côtés des hommes et s’octroyer le droit de répondre aux agissements infects de certains d’eux. La scène du lynchage de l’épicier Maigrat fait partie des moments marquants de la série. Une scène qui restera à jamais marquée dans l’esprit de Simon Ferrante qui a la malchance d’incarner le salaud, celui qui abuse allègrement de sa position pour tripoter celles qui ne peuvent pas payer le pain. «Elles (NDLR: les actrices) me font réfléchir quand je reçois le coup de grâce, raconte Simon Ferrante sur le tournage. On sent qu’elles se font justice. Plus elles se laissaient aller, plus elles avaient tendance à vouloir frapper presque pour de vrai.»

Très bien produit et vraiment incarné par ses comédiens, le propos d’Émile Zola montre qu’il a malheureusement encore de beaux jours devant lui. Une série à ne pas manquer.

France 2, 21.10

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