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ÉCONOMIE

Secteur pharmaceutique: la Belgique veut rester dans le peloton de tête

Secteur pharmaceutique: la Belgique veut rester dans le peloton de tête

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a participé ce mardi au lancement de l’initiative. Photo News

Secteur des biotechnologies, monde académique et gouvernement ont accordé leurs violons pour que la Belgique conserve son leadership dans le domaine pharmaceutique. Une initiative saluée notamment par Hugues Bultot, un des patrons wallons du secteur.

La pandémie de Covid-19 l’a mis en évidence: la Belgique occupe une position de choix dans le secteur biopharmaceutique. Les projecteurs ont souvent été dirigés vers l’usine Pfizer de Puurs. Mais plus globalement, le secteur biopharmaceutique représente plus de 40 000 emplois directs dans notre pays, qui se classe en troisième position européenne des exportations biopharmaceutiques, pour une valeur totale de 56 milliards d’euros en 2020. «Sur le milliard de doses de vaccins contre la Covid-19 que l’Union européenne a exporté dans le monde, 700 000 l’ont été depuis la Belgique», se félicite d’ailleurs Alexander De Croo.

Sans prendre les devants, la Belgique risquerait cependant de perdre du terrain, d’autant plus que d’autres pays, y compris des voisins européens, cherchent désormais à se repositionner. C’est la raison pour laquelle des membres du gouvernement fédéral, du monde académique et les représentants de l’industrie de la santé et des biotechs se sont rencontrés ce mardi à Bruxelles. En présence, d’ailleurs de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Secteur pharmaceutique: la Belgique veut rester dans le peloton de tête
La charte visant à faire de la Belgique une «Health & Biotech Valley» a été signée ce mardi à Bruxelles. Photo News

Il s’agissait de signer une charte dont l’ambition consiste à renforcer la position de la Belgique en matière de recherche, développement et production dans le secteur biopharmaceutique. Le concept: faire de la Belgique une «Health & Biotech Valley» (une vallée de la santé et des biotechnologies, à l’image de la Silicon Valley dans un autre registre).

Des groupes de travail incluant les acteurs de l’écosystème biopharma plancheront ces six prochains mois sur des recommandations en matière d’actions et politiques pour stimuler l’innovation, l’attractivité économique et la formation. Des ingrédients qui doivent permettre à la Belgique d’entretenir son écosystème et son positionnement.

«Apprenez l’anglais, intéressez-vous aux technologies»

Secteur pharmaceutique: la Belgique veut rester dans le peloton de tête
Cultiver un écosystème favorable aux entreprises actives dans les biotechs est une nécessité, assure Hugues Bultot. BELGA

Avec son associé José Castillo, le Carolo Hugues Bultot a fondé plusieurs sociétés spécialisées dans les biotechs en Wallonie, dont Univercells, actives dans la production de vaccins.

Cette initiative qui vise à conserver une position dominante dans le secteur biopharma est-elle indispensable aujourd’hui?

Dans le cadre de projets à long terme, il faut à un moment pouvoir se féliciter, mais aussi se projeter dans l’avenir. Des menaces existent, comme l’a dit Alexander De Croo. Elles rendent la prise de conscience et un petit coup de fouet utiles.

La Belgique bénéficie-t-elle vraiment d’une position de leader?

Oui, vraiment. Quand on est capable d’attirer des investisseurs comme nous le faisons, vous pouvez flatter votre ego et vous dire que c’est parce que vous êtes le meilleur. La réalité, c’est que ça s’explique parce que vous êtes soutenu par un écosystème, des réussites passées, des gens inspirants. Avec mon associé, nous qui sommes actifs en Wallonie, on a quand même créé deux sociétés phares: Univercells et Masthercell. Sans l’héritage des vingt premières années de la biotech, on n’y serait jamais arrivés.

Selon vous, quelles actions mettre en place aujourd’hui pour conserver ce leadership?

Je lancerais un appel à la population wallonne: apprenez l’anglais, intéressez-vous aux technologies. Je ne crois pas à une Wallonie qui renaisse de ses cendres. Je pense qu’on va devoir se faire revasculariser par une immigration positive, par des gens qu’on attire dans le cadre de la biotech. Ils viennent travailler dans le Brabant wallon, à Charleroi, etc. Ils viennent redonner de l’espoir. Venant de Charleroi, je connais le choc lié à la désindustrialisation. Mais c’est grâce à cet espoir qu’on peut avoir de beaux jours devant nous.

Avec de vraies opportunités à saisir, donc?

Voilà. Je ne fais ni racisme anti-wallon, ni favoritisme wallon. On engage simplement les meilleurs. Évidemment, ce sont des opportunités pour la Wallonie. Il faut aussi réfléchir aux conséquences indirectes: restaurants, boulangeries, bâtiment et tout un renouveau économique. Il y a de la richesse en Brabant wallon, avec GSK et UCB par exemple. Quand vous êtes à Nivelles et que vous vous dirigez vers Pont-à-Celles, d’un coup, il n’y a plus rien. Mon rêve serait une reconnexion entre la richesse du Brabant wallon et Charleroi. Là, c’est le Carolo qui parle, mais je souhaite bien sûr la même chose à Liège.

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