Smartphone: les conseils pour déconnecter et diminuer son temps d’écran

Smartphone: les conseils pour déconnecter et diminuer son temps d’écran

Un téléphone à l’ancienne pour les appels et un smartphone à connecter uniquement en WiFi, c’est une formule à tester à l’heure de réduire sa dépendance à l’écran et aux applications. Pormezz - stock.adobe.com

Deux expertes en communication organisent des tables rondes pour aider chacun à réfléchir à sa dépendance au smartphone et aux applications.

Utilisé sans limite, sans barrière, le smartphone est susceptible de vous emprisonner au mieux dans une relation chronophage, au pire dans une relation toxique. Entre les notifications et les messageries instantanées, la manie de répondre dans la seconde ou de vérifier (trop) souvent son écran mène éventuellement à la dépendance, à l’oubli de soi et du besoin de déconnexion.

Pour prendre conscience du phénomène et s’en détacher, Séverine Bailleux et Cyrielle Marlet (Happy Slow People) organisent des tables rondes à cœur ouvert. «Nous créons l’espace-temps et l’opportunité de s’arrêter, de réfléchir et de parler de la relation que nous entretenons avec les écrans et les nouvelles technologies», dixit Cyrielle Marlet.

Dans le cadre de la Semaine Numérique, les deux expertes de la communication animeront ce samedi 23 octobre de 14 à 16 h 30 une conférence-atelier sur le thème «Comment l’usage du numérique change notre rapport au temps?». Lieu: Atelier du web, 37 rue du Fort à Saint-Gilles.

Cyrielle Marlet, quels sont vos conseils à l’heure de diminuer son temps d’écran?

Il n’y a pas de recette miracle, je n’ai pas de baguette magique. Ce qui fonctionne pour moi ne va pas nécessairement fonctionner pour une autre personne. Donc ce que je conseille, c’est d’expérimenter afin de trouver ce qui vous convient. Les expériences sont toujours intéressantes, toujours enrichissantes. Elles nous apprennent toujours des choses sur nous, sur notre relation aux écrans. Parfois ça va mener quelque part, à une bonne résolution entre guillemets. Parfois pas. Et ce n’est pas grave. Au moins, on teste des choses.

Personnellement, j’ai commencé par désactiver les notifications de mon téléphone. Puis j’ai enlevé certaines applications, comme les réseaux sociaux. J’ai été de plus en plus dans l’extrême, quelque part. Parce que si je sais que la tentation est là, je vais y aller. Alors je dois la couper, cette tentation.

Comment est arrivée cette prise de conscience, ce besoin de déconnexion?

Pour moi comme pour ma comparse Séverine Bailleux, on travaillait dans la communication, sur le web, sur les réseaux sociaux. On était tout le temps connectées, tout en étant de plus en plus conscientes et informées des rouages, surtout économiques, qui se cachent derrière les réseaux sociaux et le marketing digital. C’était dérangeant. C’est un modèle qui m’a un peu choqué.

Cette pression d’être tout le temps connectée, de devoir répondre tout le temps à des sollicitations, ça m’a mené à de l’épuisement professionnel, à du surmenage. Séverine a fait un burn-out. Dans les deux cas, on était dans une recherche perpétuelle d’un moyen de retrouver un équilibre entre temps pour soi et temps pour les autres et pour nos activités respectives. Un levier d’action qui s’est avéré être efficace, c’est la déconnexion, de trouver de plus en plus de moments où on n’est pas sollicitées par le téléphone.

Jusqu’où avez-vous poussé vos expériences?

J’ai expérimenté un mois sans smartphone et sans série. J’ai juste été voir mes mails de temps en temps, vraiment parce que je me disais que c’était le minimum syndical. À cette époque, j’avais lu un livre qui m’incitait à le faire. C’était l’été. Je me suis dit: je vais essayer! C’était le bon moment. Cette déconnexion, je la conseille à tout le monde. Ça ne doit pas nécessairement durer un mois.

Suite ce mois de déconnexion, j’ai adopté une autre recette que j’ai apprise d’une personne que je venais de rencontrer. Cette personne possède un téléphone portable à l’ancienne qu’elle utilise pour téléphoner et être joignable, un smartphone sans carte SIM qui se connecte au WiFi pour les paiements, les messageries instantanées, etc. C’est comme ça que je fonctionne aujourd’hui.

Cette formule permet de rester joignable sans avoir constamment un smartphone en main. Les proches sont au courant, c’est important de leur expliquer la démarche. Certes j’ai peut-être moins de contact avec mon entourage, mais quand on en a, ils sont plus riches. Parce qu’on s’appelle, on s’entend.

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