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Culturisme: les championnats de Belgique à Mons, entre poses, talons aiguilles et stéréotypes

Le Lotto Mons Expo a accueilli les championnats de Belgique de culturisme, ce dimanche. L’occasion d’en découvrir plus sur une discipline toujours très méconnue en Wallonie.

«Ça fait du bien d’être ici, au milieu de tous ces gens qui partagent la même passion. Après 18 mois d’attente, on avait vraiment besoin de se retrouver.» Son miroir de poche posé sur sa valise, Sarah peaufine son maquillage. Et profite de l’ambiance de ces championnats de Belgique de culturisme reportés d’un an et demi en raison de la pandémie.

«Le Covid nous a bien pris la tête… Entre les salles de fitness qui étaient fermées et les compétitions qui étaient annulées, il a fallu s’accrocher. Ça n’a pas toujours été simple, mais on est là, et c’est le plus important.» Encore très décontractée, la coach sportive installée à Rebecq veut surtout prendre du plaisir sur la scène du Lotto Mons Expo. «Parce que la récompense, c’est aussi d’avoir su conserver ses bonnes habitudes et ses belles formes malgré la crise, et de pouvoir le montrer au public.»

Organisés ce week-end durant le WellFit Expo Europe, le plus grand salon du bien-être et de la santé du Benelux, les championnats de Belgique de culturisme symbolisent donc «un certain retour à la normal», mais pas seulement… «Car ça reste une compétition avant tout, et qu’on a envie de s’y montrer sous son meilleur jour», souligne Dylan, Nolan et Lukas, trois participants originaires de la région.

«Serre ton cul!»

À la diète depuis huit semaines, le trio hennuyer a hâte d’en découdre. «On a tout fait pour arriver le plus sec possible sur scène, explique Nolan. On veut que nos muscles soient les mieux définis possibles.» Quitte à mettre de côté sa vie sociale pendant plusieurs mois.

«Quand on fait du bodybuilding, il faut parfois accepter de se priver, de ne pas sortir avec les amis, confirme Dylan. Pour ma part, je ne me souviens plus de la dernière fois où je me suis fait un vrai resto. Donc oui, la sèche, c’est dur. Et ça l’est encore plus les derniers jours car on en vient même parfois à se refuser une clémentine, par exemple.»

Culturisme: les championnats de Belgique à Mons, entre poses, talons aiguilles et stéréotypes
EdA - Alan MARCHAL

«Et puis, il y a les poses. Ce n’est pas tout de monter sur scène et d’être bien taillé, il faut aussi pouvoir enchaîner les poses sans montrer qu’on a mal, sourit Lukas. C’est tout un travail que le public ne voit pas mais qui prend du temps et pas mal d’énergie.»

Bomber le torse, gainer les abdominaux et «serrer le cul», comme le crie si bien Nolan, voilà ce qui fait aussi la différence sur scène. «Ça fait partie d’un tout. De beaux muscles, c’est bien. Mais il faut pouvoir les mettre en valeur. C’est pourquoi on aime aussi voir des participants avec du charisme et des femmes avec de l’élégance», note encore un des membres du jury du BIFBB.

«Toujours les mêmes stéréotypes»

Lancés dans un va-et-vient incessant entre les vestiaires de fortune du Lotto Mons Expo et sa grande scène, les culturistes retouchent leur teint, font quelques pompes et répètent leurs poses. Parfois seuls, parfois accompagnés.

Au service de plusieurs autres membres de sa team, Jordan donne ses derniers conseils dans les coulisses. «Peu importe où on en est dans la préparation, ça aide de savoir qu’on peut compter sur les autres. Mon travail, aujourd’hui, c’est de les décharger de tout stress inutile. Mais ce n’est pas toujours facile quand les horaires ne sont pas respectés comme c’est le cas comme aujourd’hui.» Sport de détails, le culturisme se joue à très peu de choses. Une pose mal effectuée «ou même parfois un gel pris trop tôt ou trop tard», et c’est la victoire qui s’envole.

Quand on fait de la musculation et qu’on participe à des compétitions de ce genre, il faut avoir la peau dure.

Tantôt déçus, tantôt soulagés, les participants des championnats de Belgique de ce dimanche espèrent en tout cas tous que l’événement aura permis à plus de Wallons de découvrir une discipline surtout connue en Flandre. Et, par la même occasion, de faire tomber quelques stéréotypes, que ce soit sur le dopage ou encore la masculinité des femmes qui la pratiquent.

«Quand on fait de la musculation et qu’on participe à des compétitions de ce genre, il faut avoir la peau dure, reconnaît Sarah. Parce que les critiques, elles sont nombreuses. Les gens conservent une vision assez stéréotypée de notre sport. C’est dommage. Peut-être que ça changera d’ici quelques années… Mais, en attendant, c’est à nous de concentrer sur tout le positif que nous apporte le culturisme. Et si ce qu’on fait ne plaît pas aux gens, c’est tant pis pour eux.»

Culturisme: les championnats de Belgique à Mons, entre poses, talons aiguilles et stéréotypes
EdA - Alan MARCHAL