FRANCE

Ultradroite française: Rémy Daillet inculpé pour des projets d’action violente et écroué

Ultradroite française: Rémy Daillet inculpé pour des projets d’action violente et écroué

Selon des sources proches du dossier, Rémy Daillet est soupçonné d’être «le cerveau» d’un groupe projetant des actions violentes. AFP

Rémy Daillet, figure des milieux complotistes français, déjà incarcéré dans l’affaire de l’enlèvement de la petite Mia, a été mis en examen (inculpé en Belgique, NDLR) vendredi pour des soupçons cette fois-ci de projets d’attentat et de nouveau écroué.

Mis en examen et placé en détention provisoire dans l’affaire Mia, instruite à Nancy, M. Daillet a été extrait de sa cellule mardi pour être placé en garde à vue dans un autre dossier, suivi par le pôle antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris.

Cette fois, il est soupçonné d’avoir envisagé des «projets de coups d’État et d’autres actions violentes», dont un attentat contre une loge maçonnique de l’est de la France, selon une source proche du dossier. Ce qu’il conteste.

À l’issue de sa garde à vue, il a été présenté vendredi à un juge d’instruction qui l’a mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et de nouveau placé en détention provisoire.

Sa secrétaire, Ginette M., âgée de 67 ans, interpellée mardi dans l’Aude où elle réside, a elle aussi été mise en examen du même chef d’accusation mais elle a été placée sous contrôle judiciaire.

Selon des sources proches du dossier, Rémy Daillet est soupçonné d’être «le cerveau» d’un groupe projetant des actions violentes.

Cela porte à quatorze le nombre de personnes appartenant à l’ultradroite mises en examen dans cette affaire.

Les précédentes mises en examen datent du 8 octobre. Il s’agit de quatre hommes, dont deux militaires.

Convaincus qu’«Emmanuel Macron est au service de l’argent et qu’il faut en finir avec le grand capital», ces hommes avaient «l’idée d’un coup d’État, d’un renversement du gouvernement français», avait alors relaté à l’AFP une source proche du dossier.

Selon une source proche du dossier, l’information judiciaire, ouverte en mai après les premières interpellations liées au groupuscule «Honneur et nation», s’est élargie, et les projets visés par la justice dépassent désormais ce cercle, mais tous les mis en cause semblent avoir le même inspirateur, Rémy Daillet. L’enquête devra déterminer ses responsabilités.

«Malgré les efforts de la DGSI et du ministère public, aucun élément matériel et objectif ne permet de le mettre personnellement en cause à l’issue d’une garde à vue qu’il a affrontée seul, confiant qu’il était encore dans la justice française», a commenté dans un communiqué son avocat, Me Jean-Christophe Basson-Larbi.

«La justice française considère aujourd’hui, inventant un «principe de précaution judiciaire», que M. Daillet peut et doit être embastillé pour avoir diffusé des idées politiques explicitement non-violentes dont des individus violentes se réclament pour échapper à leurs responsabilités éventuelles», poursuit-il, qualifiant son client de «prisonnier politique».

Parmi les cibles des mis en cause dans ce dossier figuraient entre autres des antennes 5G, des centres de vaccination, des journalistes et des personnalités, avaient détaillé deux sources proche de l’enquête.

Parmi les quatre suspects arrêtés début octobre, deux sont également poursuivis dans l’affaire de l’enlèvement de la petite Mia.

Dans cette enquête, Rémy Daillet a été mis en examen mi-juin pour «complicité d’enlèvement d’un mineur de 15 ans commis en bande organisée» et «association de malfaiteurs».

«Animateur» de la «mouvance» anti-système dans laquelle évoluaient les ravisseurs de la fillette, il «apparaît comme l’organisateur d’un mouvement appelé +Le Renversement+» dans lequel «il promeut l’idée selon laquelle il convient de mener des actions visant à restituer à leurs parents des enfants pourtant régulièrement placés», avait détaillé le procureur de la République de Nancy, François Pérain.

Dix autres personnes sont poursuivies dans cette enquête.

Ancien cadre du MoDem dont il a été exclu en 2010, installé en Malaisie depuis plusieurs années, Rémy Daillet ignorait «l’existence de ce mouvement et de ses activités, sans lien avec son organisation politique», assure son avocat.

Il avait été arrêté fin mai avec sa compagne et leurs trois enfants puis avaient été expulsés par les autorités malaisiennes en raison de leurs visas expirés.

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