BELGIQUE

Affaire Jürgen Conings: le patron du comité R met en cause l’extrême-droite au sein de l’Etat

Affaire Jürgen Conings: le patron du comité R met en cause l’extrême-droite au sein de l’Etat

Un mois après sa disparition, Jürgen Conings avait été retrouvé mort dans un bois de Dilsen-Stokkem. BELGA (Illustration)

Le président du comité de suivi des services de renseignement, dit «comité R» met en cause la volonté de favoriser des mouvements extrémistes, notamment d’extrême-droite, dans certaines strates de l’Etat.

Même s’il n’identifie personne, Serge Lipszyc, dans un entretien accordé au magazine «Wilfried», s’interroge sur la façon dont le dossier Jürgen Conings a été suivi et se demande si certains n’avaient pas intérêt à ce que le militaire ne soit jamais retrouvé.

Jürgen Conings, un caporal aux idées d’extrême-droite, membre un temps du Vlaams Belang, avait disparu le 17 mai après avoir volé des armes lourdes à la caserne de Bourg-Léopold (Limbourg). Une lettre avait ensuite été retrouvée où il menaçait le gouvernement, son employeur et des virologues. Il avait aussi été repéré rôdant autour de l’habitation du virologue Marc Van Ranst. Un mois après sa disparition, il avait finalement été retrouvé mort dans un bois de Dilsen-Stokkem. La cause de son décès serait un suicide.

Selon M. Lypszyc, la ligne du temps de son dossier et les moyens considérables déployés par la police et l’armée pour le retrouver -en vain - posent de nombreuses questions. Malgré les indices manifestes de menace qu’il présentait, notamment d’avoir rôdé autour du domicile de M. Van Ranst, il n’est pas interpellé ou perquisitionné. Idem à propos de la traque du fugitif, à laquelle collaborent activement la Défense et le SGRS, service de renseignement militaire dont les manquements sont manifestes dans ce dossier, qui procure au patron du comité R une «sentation désagréable».

«N’y avait-il pas des gens au sein même de la structure de l’Etat qui avaient intérêt à ce qu’on ne le retrouve jamais? Depuis, le dossier Jürgen Conings n’avance pas alors qu’il est tellement important», souligne M. Lipszyc.

«Si Jürgen Conings s’était appelé Mustafa, je pense que les choses se seraient déroulées autrement. Un certain nombre d’éléments permettent de croire que dans les différentes strates de l’Etat belge, il y a une volonté de favoriser les mouvements extrémistes, notamment d’extrême-droite», dit-il encore.

Après les propos du président du comité R, le PS appelle la Chambre à se saisir du dossier

Le PS a appelé vendredi le parlement à examiner au plus vite les propos du président du comité R, Serge Lipszyc, qui a dénoncé une volonté de favoriser l’extrémisme, en particulier l’extrême-droite, dans certaines strates de l’Etat.

«Des propos d’une grande gravité, plus encore s’ils sont étayés. Ils appellent un examen urgent au Parlement», a déclaré sur Twitter le chef de groupe PS à la Chambre, Ahmed Laaouej, qui réclame la réunion dans les meilleurs délais de la commission de suivi des comités P et R.

Dans un entretien accordé au magazine Wilfried, le président du comité de suivi des services de renseignement a pointé du doigt de nombreux éléments dans le dossier du militaire d’extrême-droite, Jürgen Conings, qui concernent aussi bien l’absence de réaction face à la menace que constituait l’individu que la traque dont il a fait l’objet.

«Si Jürgen Conings s’était appelé Mustafa, je pense que les choses se seraient déroulées autrement. Un certain nombre d’éléments permettent de croire que dans les différentes strates de l’Etat belge, il y a une volonté de favoriser les mouvements extrémistes, notamment d’extrême-droite», a déclaré M. Lipszyc. dans les colonnes de Wilfried.

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