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ARLON - Tribunal correctionnel

Clémence pour la mamy qui avait semé la panique dans les rues de Musson avec 4,61 gramme dans le sang

Clémence pour la mamy qui avait semé la panique dans les rues de Musson avec 4,61 gramme dans le sang

Mamy s'était lâchée sur l'apéro... avant de reprendre sa voiture. heymans

La sexagénaire avait trop abusé du rosé. Elle avait écrasé sa voiture contre un mur. Le ministère public avait fait appel estimant que la sanction du premier juge était insuffisante. Le tribunal d’appel diminue sa peine.

Le 18 avril 2019, une sexagénaire de Musson a retrouvé un de ses copains dans le café de son village où elle a ses habitudes. À la place des quelques apéros qu’elle consomme lors de ses visites, elle s’est laissé aller à boire des rosés, beaucoup trop de rosés. Elle a repris le volant en semant la panique dans le paisible village gaumais. Elle a pris un sens interdit, sa voiture a zigzagué sur les trottoirs avec un moteur hurlant (elle est restée en première pendant tout le trajet!) avant d’aller se fracasser contre un mur. Tombée inconsciente, elle a été emportée par une ambulance qui a constaté un taux d’alcoolémie record de 4,61 gr. par litre de sang.

En première instance, elle a été condamnée à 1 600€ d’amende, à deux mois de déchéance du permis de conduire et à la pose d’un éthylotest pour une période de trois ans. Elle avait alors bénéficié d’un sursis de trois ans pour l’amende, la pose de l’éthylotest et la partie de la déchéance dépassant le retrait immédiat. Une expertise médicale l’a, en outre, déclaré inapte à la conduite.

«Madame aurait pu tuer des passants ou causer un accident avec d’autres voitures et son taux d’alcoolémie est incroyablement élevé, avait commenté le substitut Yannick Rosart. Je demande au tribunal de ne pas accorder de sursis sur les peines prononcées.»

L’avocat de la Mussonaise avait plaidé pour un maintien des sanctions prononcées et pour la levée de la mesure prise suite à l’expertise médicale. «Ma cliente a demandé une contre-expertise, a plaidé Me Marc Kauten. Cette dernière a attesté qu’elle a cherché à gérer sa dépendance à l’alcool, qu’elle est aujourd’hui bien consciente du problème.»

Ne plus boire abusivement

Le tribunal d’appel à trois juges a rendu son jugement mercredi matin: «Le tribunal retient que la prévenue avait un taux d’alcool très élevé lors de la crise aiguë du 18 avril 2019. Elle a stipulé qu’elle prend encore l’apéro de temps en temps, mais qu’elle ne prend plus le volant après avoir consommé de l’alcool. Afin de réduire le risque de récidive, elle s’est engagée à respecter les conditions probatoires imposées par le tribunal.» Le tribunal n’a pas suivi le ministère public. Il a annulé son inaptitude à la conduite et l’obligation de placer un éthylotest. Le sursis est maintenu pour autant qu’elle ne consomme pas abusivement de boissons alcoolisées, qu’elle soit suivie par un psychologue et qu’elle suive une formation consacrée aux addictions à l’alcool.


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