CORONAVIRUS

Le Covid Safe Ticket adopté en Wallonie

Le Covid Safe Ticket adopté en Wallonie

Le Covid Safe Ticket sera d’application en Wallonie dès le 1er novembre. BELGA PHOTO JAMES ARTHUR GEKIERE BELGA

Le décret portant sur une extension du covid safe ticket (CST) et sur l’obligation de port du masque en Wallonie a été définitivement approuvé mercredi soir en séance plénière du parlement de Wallonie.

Les débats avaient été longs mardi en commission Santé du parlement wallon concernant l’instauration, dès le 1er novembre, d’un covid safe ticket (CST) en Wallonie. Ils ne l’ont pas été moins ce mercredi en séance plénière puisque les nombreuses questions qui entourent l’application de ce CST ont une nouvelle fois été longuement discutées.

Sans surprise, comme en commission la veille, le CST a été approuvé par la majorité PS-MR-écolo. Le PTB a voté contre, estimant que les moyens dédiés à sa mise en place seraient plus utiles pour soutenir les soins de premières ligne; le cdH s’est abstenu en estimant que le texte contient trop de «flous», d’«illogismes» et de questions qui restent sans réponse.

«Mais autant manque-t-il de clarté, ce texte est effectivement un outil de lutte contre cette pandémie, reconnaissait le député cdH François Desquesnes. Et moralement, on ne peut pas voter contre un outil de lutte contre la pandémie.»

En réalité, même la majorité a voté ce texte à reculons. Consciente, comme le résumait la député Rachel Sobry, que «ce n’est pas un décret parfait».

«Mais la situation épidémiologique l’est encore moins, disait l’élue MR. En tant que libéraux, ça nous fait toujours mal de voter des textes qui restreignent les libertés. Néanmoins, en tant que citoyenne et en tant que parlementaire, je suis convaincue que c’est un mal nécessaire.»

Au sein de l’opposition, singulièrement au cdH, on déplorait qu’un tel texte législatif puisse être juridiquement fragilisé par toutes les incertitudes et cas particuliers qui ne trouvent pas réponse dans le décret.

La ministre de la Santé, Christie Morreale (PS), a bien répété que tout cela sera éclairci dans une FAQ (liste de questions les plus fréquentes) qui sera publiée après l’adoption du décret. Un call center est également prévu pour répondre aux questions des citoyens.

Si on s’en réfère à tous les cas particuliers soulevés par l’opposition, elles risquent d’être nombreuses.

«Mais un FAQ, ce n’est pas du droit», soulignait François Desquesnes, craignant qu’il ne faille réécrire ce texte au fur et à mesure des attaques dont il pourrait être la cible.

Il est «tout simplement impossible d’aborder toutes les situations particulières dans un décret», s’est défendu la ministre Morreale. Qui a par ailleurs indiqué que tous les plus de 65 ans recevront automatiquement une version papier de leur CST par voie postale.

Un élément qui n’a pas convaincu le PTB qui avait préalablement souligné les risques d’exclusions de toute une série d’activités et services des publics les plus précarisés ou victimes de la fracture numérique.

Outil contesté, outil imparfait, le décret instaurant ce CST a finalement été adopté en soirée ce mercredi et entrera donc en vigueur le 1er novembre.

«Pas de gaieté de cœur», soulignait encore le député écolo Manu Disabato. Mais pour éviter de devoir prendre des mesures plus coercitives encore. «En mars 2020, on a pris des mesures très dures qui ont empêché les gens de se déplacer librement. C’est aussi cela que nous voulons éviter à nouveau.»

 

 

 

Des députés exonérés ou un cdH «populiste»?

Ce fut particulièrement un point de tension lors des débats. L’intervention de René Collin (cdH) a même mis en rogne le placide président du parlement, Jean-Claude Marcourt. En cause, les propos du député humaniste qui s’est dit «embarrassé» par le fait que les assemblées liées à l’exercice de la démocratie (conseils communaux, parlements) ne seront pas soumises au CST. «Nous nous exonérons d’obligations imposées à nos propres citoyens», indiquait René Collin. Estimant que c’est là un «signal d’iniquité» et un «risque de perte de crédibilité du politique» qui n’en a déjà pas besoin sans cela. Le député cdH envisageait de déposer un amendement pour corriger cela mais, après une suspension de séance, cette demande a été actée comme irrecevable. «Ce qui fait la loi dans notre parlement c’est notre règlement d’ordre intérieur, expliquait Jean-Claude Marcourt, visiblement énervé par la sortie du député Collin. Vouloir soumettre notre parlement à une décision de l’exécutif est une atteinte à la séparation des pouvoirs et c’est inacceptable!» Propos fermes, mais moins durs que ceux tenus par la suite par le député écolo Manu Disabato: «Le populisme, c’est faire croire qu’il y a une différence entre ceux qui gouvernent et le peuple, disait-il à l’adresse de René Collin. Et aujourd’hui c’est ce que vous essayez de faire alors que c’est faux! C’est là le scandale de vos propos: faire croire que nous nous exonérons nous-mêmes de la mesure. » Ce qui n’est pas le cas puisque, en dehors des assemblées, les élus sont évidemment soumis aux mêmes règles que les citoyens pour ce CST. Mais pour René Collin, ne pas l’intégrer aux assemblées n’est pas «cohérent».

 



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