HISTOIRE

Il y a 25 ans, c’était quoi la Marche blanche ?

Il y a 25 ans, c’était quoi la Marche blanche ?

Le 20 octobre, à Bruxelles, c’est une marche blanche de plus de 300 000 personnes qui avance silencieusement dans les rues. Belga

Le 20 octobre 1996, dans les rues de Bruxelles, 300 000 personnes disent: «Plus jamais ça!». La population ne veut plus de ce cauchemar, elle veut que la vérité soit faite, que les responsables soient punis et que les choses changent. Cette marche sans cri laisse parler les cœurs et bouleverse la Belgique, ses pays voisins et au-delà.

La découverte des corps de deux fillettes, Julie et Mélissa, en août 1996, crée un choc important. Comment une telle chose a-t-elle pu se passer dans un pays comme le nôtre? Comment Marc Dutroux n’a-t-il pas été mis hors d’état de nuire (de faire du mal)? On commence à analyser ce qui s’est passé durant l’enquête menée pendant 14 mois pour retrouver les fillettes.

 

Deux autres fillettes, Sabine Dardenne et Laetitia Delhez ont été retrouvées le 15 août 1996, elles avaient été enlevées par Marc Dutroux. On les retrouvera vivantes. Ce n’est pas le cas de Julie et Melissa ni d'An et Eefje, ces deux dernières ont été retrouvées le 3 septembre 1996.

 

Le ministre de la Justice reconnaît qu’il y a eu des problèmes dans l’enquête et promet que toute la clarté sera faite. Entre polices, gendarmerie et justice, les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû. Tout n’a pas été fait pour retrouver Julie et Mélissa et ça, c’est grave.

C’est vêtus de blanc que les parents d’enfants victimes s’adressent aux journalistes

A Grâce-Hollogne, les messages de sympathie et de soutien, les bouquets de fleurs blanches s’amoncellent chez les parents de Julie et Mélissa. Le 18 août, c’est vêtus de blanc que les parents s’adressent aux journalistes. Ils laissent éclater leur douleur et leur colère: contre Dutroux, mais surtout contre le fonctionnement de la justice.

Le 20 octobre, à Bruxelles, c’est une marche blanche de plus de 300 000 personnes qui avance silencieusement dans les rues. La foule porte casquettes, fleurs, pulls et ballons blancs, de la couleur de l’enfance et de l’innocence. Elle est venue dire qu’elle soutient les parents de Julie, de Mélissa, d’An, d’Eefje et de tous les autres enfants disparus et maltraités. Les mots qui reviennent le plus sont: «Plus jamais ça!». Tout se passe sans cri et sans incident.

Que justice soit faite

D’où vient toute cette ferveur (très grande énergie) de la foule? D’un grand besoin de voir le monde, plus humain, plus sensible et attentif aux personnes en général.

300 000 personnes viennent dire leur «mal de vivre», montrer qu’elles ne se sentent pas en sécurité dans un pays où les institutions (justice, police, etc.) ne fonctionnent pas comme elles le devraient. Cette marche blanche réagit comme les parents des enfants disparus, elle n’appelle pas à la vengeance mais, au contraire, à la vérité et à la justice.

Dans la foule de la marche blanche, les âges se mélangent. Des gens de toutes origines (de familles, de nationalités différentes) se parlent.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre belge reçoit les familles des victimes. Il les écoute et leur fait plusieurs promesses: l’enquête sur l’affaire Dutroux ira jusqu’au bout, ainsi que «l’enquête sur l’enquête». Il promet aussi la création d’un centre consacré à la recherche des enfants disparus.

L’affaire Dutroux a provoqué des changements dans notre pays

Sous la pression médiatique et populaire, une commission parlementaire a été créée. Des élus vont passer cinq mois à interroger juges, magistrats, policiers, gendarmes, parents, témoins... Ils essaient de comprendre comment ces enquêtes n’ont pas abouti à temps, et ce qu’il faut faire pour que ça n’arrive plus.

La justice a été réformée. On a créé une nouvelle police, des Maisons de justice ainsi que Child Focus (un centre pour les enfants disparus). Les choses doivent encore changer, s’améliorer… tout va lentement. Mais la Marche a permis des changements et a profondément marqué les esprits.

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