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THÉÂTRE

Lagaf’sur les planches: «Jean, c’est un peu moi, mais puissance dix…»

Les trois amis se retrouvent au bar le dimanche soir pour refaire le monde. Mais l’arrivée de Ludmila va boulverser la soirée… Laurent Gheysens

Mi-novembre, Lagaf’ sera sur les planches au centre culturel d’Auderghem dans «Pair et manque», avec Christian Vadim, Nadège Méziat et Bernard Fructus. Il joue Jean, un célibataire un peu macho, un peu mytho…

Cela fait vingt ans que Vincent Lagaf’n’était plus monté sur scène chez nous. Du 16 au 21 novembre prochain, il sera sur les planches du centre culturel d’Auderghem, pour cinq représentations de Pair et manque, une pièce de Nadège Méziat (qui tient aussi le rôle de Ludmila), avec aussi Christian Vadim et Bernard Fructus.

Christian Vadim et Vincent Lagaf’, qui est à l’origine de cette collaboration?

C.V.: Tout est de sa faute! (sourire). Mais aussi un peu de la mienne. En fait, on a travaillé ensemble voici quatre ans au Théâtre du Gymnase. Nous nous sommes bien entendus et je lui ai promis de passe le voir quand je descendrai dans le Sud, près de Cavalaire-sur-Mer où il réside. Et là, il m’a proposé une pièce…

V.L.: Cela s’appelait Côte à côte. On a commencé à la lire, à faire l’affiche… Et puis l’auteur nous a dit qu’il préférait la donner à Thierry Lhermitte et Patrick Chesnais. Et là, Christian m’a dit qu’il avait une pièce sous le coude, qui s’appelait Pair et manque. Je l’ai lue et quand je lui ai demandé quel rôle il me donnait, il m’a répondu: ‘Celui que tu veux’. Donc j’ai pris le mieux, celui qui rapportait le plus… (sourire).

Le pitch, ce sont trois cinquantenaires célibataires qui se réunissent tous les dimanches soir dans le bar tenu par Christian pour refaire le monde…

C.V.: Ils sont tous les trois bien largués… Et puis, un soir, il y a une jeune femme qui entre…

V.L.: Et on veut tous la pécho!

C.V.: C’est son personnage qui commence! On va découvrir plus tard dans la pièce qu’elle est là pour une bonne raison… C’est une comédie, mais c’est aussi une réflexion sur le manque de la paternité… C’est un peu un mélange de Trois hommes et un couffin de Coline Serreau et de Brèves de comptoir (NDLR: série de livres reprenant des réflexions de bistrots, collectées par Jean-Marie Gourio). La pièce a été écrite par Nadège Méziat et elle donne des rôles masculins magnifiques. On rit énormément, mais on dit aussi des choses. Ce n’est pas une pièce qui s’oublie en sortant de la salle, elle donne à réfléchir.

V.L.: Nadège a une scène de 5 minutes où elle livre toutes les difficultés rencontrées par une mère divorcée. C’est drôle, mais c’est fort!

 

Il y a un grand avantage à jouer avec Christian, car quand il joue une pièce, il apprend tous les rôles! Donc si vous avez le moindre trou de mémoire, il vous remet sur la voie.

 

Justement, qu’est ce qui vous a plu dans cette pièce?

V.L.: Elle est facile à apprendre pour moi car Jean, le personnage que je joue, c’est un peu moi, mais poussé à l’extrême. Il est un peu macho, un peu mytho, un peu mégalo… Et puis il y a un grand avantage à jouer avec Christian, car quand il joue une pièce, il apprend tous les rôles! Donc si vous avez le moindre trou de mémoire, il vous remet sur la voie.

C.V.: Je suis un souffleur sur pattes (rires).

V.L.: Et puis avec lui, il n’y a pas de prises de tête…

C.V.: Ça, c’est quelque chose de très important, car en tournée, on est tout le temps ensemble: ce sont les mêmes hôtels, les mêmes restaurants… Si jamais cela ne va pas avec l’un de vos partenaires, c’est l’enfer!

Vincent, on n’a pas eu l’occasion de vous voir beaucoup au théâtre. C’est votre quatrième pièce en 35 ans de carrière.

V.L.: Oui, c’est vrai. J’ai eu un accident de parcours, j’ai fait 13 ans de one-man-show et après, j’ai fait une mauvaise rencontre, j’ai rencontré la télé et j’y ai passé 20 ans. Mais aujourd’hui, il y a une telle affluence de nouveaux talents que j’ai envie de leur laisser la place… J’ai bien profité de la scène, de la télé et maintenant, je n’ai envie d’avoir que du plaisir…

Ces cinq représentations à Auderghem seront les dernières?

C.V.: Oui, nous avons commencé la tournée voici un an et puis on s’est arrêtés net à cause du covid. Nous avons repris en juin dernier et Auderghem sera la fin de la tournée.

 

Chez vous, le public ne se demande pas si c’est drôle, s’il doit rire ou pas… Si c’est drôle, c’est drôle, point.

 

Pour vous, Vincent, ce sont des retrouvailles avec le public belge…

V.L.: Oui, cela fait bien 20 ans que je ne suis pas venu sur une scène chez vous. Mais je suis content de finir la tournée ici, car je dois tellement à la Belgique. Et puis chez vous, le public ne se demande pas si c’est drôle, s’il doit rire ou pas… Si c’est drôle, c’est drôle, point. Maintenant, le public belge est très assidu. Il ne rit pas à tout non plus. En France, si c’est pas bon, on va être indulgent. En Belgique, moi j’ai vu ramasser des chaussures sur scène ou des demi-salles se lever et partir.

Vous avez déjà d’autres projets ensemble?

C.V.: Oui. On va bien finir par sortir de ce covid… L’idée sera de faire une pièce et une tournée où les dates sont plus rapprochées et moins de kilomètres. On va faire un truc pour nous, vieux acteurs… (rires)

Vous trichez un peu d’ailleurs dans la pièce, car votre personnagesa plutôt la cinquantaine, Vincent…

V.L.: Oui, c’est vrai, je triche un peu… Je suis le plus vieux, mais je suis celui qui est le plus en forme (rires).

«Pair et manque», de Nadège Méziat. Avec Vincent Lagaf’, Christian Vadim, Nadège Méziat et Bernard Fructus. Du 16 au 20 novembre 2021 à 20 h 30 et le 21 à 15 h au Centre culturel d’Auderghem (02 660 03 03) ou www.ccauderghem.be. Prix: de 17,5€ à 42,5€.

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