ROYAUME-UNI

Sous le choc, le Parlement britannique rend hommage au député tué

Alors que le Royaume-Uni a été visé ces dernières années par des attaques islamistes, perpétrées à l’arme blanche, le drame a aussi suscité des appels à renforcer la sécurité des élus. AFP

Un «serviteur loyal» de ses administrés: Boris Johnson s’est joint lundi aux hommages émus rendus par le Parlement britannique au député David Amess, mortellement poignardé lors d’une permanence parlementaire, assurant que la démocratie l’emporterait.

Les députés, qui s’étaient auparavant recueillis lors d’une minute de silence, sombrement vêtus et en rangs serrés, ont unanimement salué un homme «de conviction», Brexiter dans l’âme et fervent catholique, dont la gentillesse dépassait les clivages partisans.

La vie politique a été électrisée ces dernières années par les débats autour du Brexit, des divisions que des députés ont appelé lundi à dépasser.

Des centaines d’élus se sont ensuite rassemblés pour une cérémonie commémorative à l’église St Margaret, à l’abbaye de Westminster.

L’archevêque de Canterbury, Justin Welby, a salué un homme engagé et droit, qui avait «gagné l’admiration et l’affection de toutes parts, qu’elles soient ou non d’accord avec lui sur le plan politique».

«Le service public en politique est un sacrifice qui devrait être honoré et respecté, même quand les divergences d’opinions sont très profondes», a-t-il ajouté, appelant les députés à poursuivre leur engagement.

Alors que le Royaume-Uni a été visé ces dernières années par des attaques islamistes, perpétrées à l’arme blanche, le drame a aussi suscité des appels à renforcer la sécurité des élus.

Plusieurs députés ont témoigné avoir reçu des menaces de morts qui les ont fait, pour certains, envisager de quitter la politique.

Si le gouvernement a évoqué la possibilité d’apporter une protection policière, au cas par cas, aux députés, le ministre de la Justice Dominic Raab a mis en garde lundi contre le risque de créer un «fossé» entre population et élus.

«Cette attaque ne peut entraver la démocratie», a souligné le porte-parole de Boris Johnson, soulignant que toute mesure de protection devait être prise avec l’accord de l’élu concerné.

L’épouse de David Amess s’est rendue sur les lieux du drame lundi, essuyant ses larmes tandis qu’elle lisait les messages d’hommage déposés aux côtés de nombreux bouquets de fleurs.

Les premiers éléments de l’enquête, confiée à la direction antiterroriste, révèlent «une motivation potentielle liée à l’extrémisme islamiste», selon la police.

Les enquêteurs ont jusqu’à vendredi pour interroger le suspect, après l’avoir placé en détention en vertu de la loi sur le terrorisme.

Parmi les pistes envisagées, les enquêteurs examinent les liens de David Amess avec l’Etat du Qatar, selon le Times qui cite des sources expliquant que la «raison claire pour laquelle il a été ciblé n’a pas été établie».

M. Amess était président du groupe parlementaire transpartisan sur les relations entre le Royaume-Uni et le Qatar et sa dernière visite dans le pays a eu lieu ce mois-ci.

D’autres médias, comme The Telegraph, avancent qu’il a été visé au hasard et que le suspect avait envisagé de tuer d’autres députés.

Selon un de ses amis, cité par le tabloïd The Sun, «il s’est complètement radicalisé sur internet» et s’est pris d’admiration pour le prêcheur Anjem Choudary, figure de la mouvance radicale islamiste de Londres.

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