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LIGUE DES CHAMPIONS

Mats Rits: «Oui, je pense aux Diables rouges»

Mats Rits: «Oui, je pense aux Diables rouges»

Mats Rits se sent comme à la maison à Bruges, où il est arrivé en 2018. Ennio Cameriere

Après un été mitigé, où il s’est retrouvé sur le banc, Mats Rits revit avec les Blauw en Zwart, où il est redevenu un pion essentiel.

N’avoir disputé que 23 minutes réparties sur quatre matches en août n’a pas empêché Mats Rits d’être performant contre le Paris SG en septembre. Intelligent, capable de couvrir de longues distances, d’arracher des ballons mais aussi de les pousser au fond, comme à Leipzig et Anderlecht, le milieu de terrain se loupe très rarement. Au point d’avoir relégué l’un de ses meilleurs amis, Ruud Vormer, sur le banc, pendant plusieurs semaines.

«C’est quelqu’un de très honnête et sensible. Émotionnellement, c’était difficile, mais il est vite passé à autre chose», affirmait-il mercredi dernier, avant de voir son coéquipier inscrire un doublé contre Courtrai. Rencontre.

Mats Rits, vous étiez titulaire contre Paris et avez marqué face à Leipzig et Anderlecht. Pourtant, votre début de saison était mitigé.

J’ai eu des hauts et des bas. J’avais bien commencé, avec la victoire en Supercoupe et les trois premières journées. Je me suis ensuite retrouvé sur le banc pendant quatre matches. Ce n’est jamais amusant, mais j’ai continué à travailler. La situation a changé et je n’ai presque pas raté une seule minute sur les cinq dernières rencontres.

À la fin du mois d’août, vous ne jouez qu’une seule minute en trois journées et la direction transfère Otasowie, un concurrent. Vous avez douté?

Non, je ne me suis pas dit que ma situation se compliquait. L’entraîneur est venu me parler, il m’a affirmé qu’il comptait sur moi comme les saisons précédentes, que rien ne changerait… si je continuais à travailler. Même s’il n’était pas venu me voir, je n’aurais pas été inquiet parce que je regarde mes propres performances, pas les autres. C’est ma quatrième saison à Bruges; j’ai déjà prouvé ma valeur en tant que milieu de terrain.

Malgré votre faible temps de jeu, vous étiez titulaire contre le PSG. Une surprise?

Je ne pensais pas commencer, mais je n’étais pas complètement surpris non plus. Je venais de manquer plusieurs matches, mais j’avais commencé la saison, donc je ne manquais pas de rythme. C’était agréable de revenir dans l’équipe et de faire un résultat, surtout.

Ruud Vormer s’est retrouvé sur le banc face à Paris. Il ne l’a apparemment pas bien vécu. Vous en avez discuté?

Je parle toujours avec Ruud car c’est un de mes meilleurs amis dans le vestiaire. On part souvent en vacances ensemble et on ne discute d’ailleurs pas que de football. On a une vraie amitié. On a parlé de sa non-titularisation; ce n’était pas amusant pour lui. Je l’ai déjà vécu par le passé aussi. C’est frustrant d’être sur le banc, surtout pour une telle rencontre. Ruud Vormer, que ce soit sur le terrain ou en dehors, c’est un gars qui est toujours très honnête, émotif et même sensible. Émotionnellement, c’était difficile pour lui, mais il est assez vite passé à autre chose.

 

Je n’ai jamais eu peur d’un bilan de 0 sur 18 en Ligue des champions.

 

Vous avez ensuite marqué votre premier but en Ligue des champions. Ce bilan de 4 points sur 6, vous vous y attendiez?

Non, c’est une surprise. Après la réception du PSG et un déplacement à Leipzig, on ne s’attendait pas à ça. Ce n’est plus notre première campagne en Ligue des champions, on a confiance en nos qualités. La campagne est déjà positive, mais il reste encore quatre journées (il sourit).

Vous n’avez pas ressenti une sorte de pression avant le début de la compétition? La peur de terminer la phase de groupe avec 0 point sur 18…

Personnellement, je n’ai jamais pensé qu’on n’empocherait aucun point. Et je n’ai jamais ressenti ça au sein du groupe. Jamais.

On a l’impression que l’équipe a grandi sur la scène européenne. Elle est physiquement au point, elle est décomplexée… et efficace.

L’efficacité, c’est toujours important dans ces rencontres. Tu dois marquer tes occasions. Mais je pense que le plus grand pas qu’on a franchi par rapport aux saisons précédentes, il est mental. Quand on encaisse le 0-1 contre Paris ou 1-0 en Allemagne, on ne panique pas. On reste calmes et on redresse la barre, tous ensemble. Au début, on se dit toujours qu’on doit garder le 0 derrière, pendant 20 à 30 minutes, et puis qu’on sortira davantage. Mais, même si nos entames de match n’étaient pas idéales, on ne s’est pas effondrés.

 

J’ai vu les statistiques de Dortmund au niveau des courses à haute intensité, c’était incroyable.

 

Et d’un point de vue plus athlétique?

On va dans la bonne direction depuis quelques années, grâce au staff qui travaille énormément avec les statistiques. Ils passent des heures là-dessus. C’est le football moderne. Je me souviens d’avoir regardé les chiffres des joueurs de Dortmund après notre confrontation, l’année passée. La différence entre leurs courses à haute intensité et les nôtres était énorme. Leurs statistiques étaient incroyables. Mais je pense que, de manière générale, l’écart est moins grand que par le passé. Puis il y a cette sérénité et l’efficacité. Ce sont tous ces paramètres qui expliquent nos résultats.

Ce mardi, ce sera le Manchester City de Pep Guardiola. C’est un coach et une équipe que vous admirez?

Avec Guardiola, tu sais que tu vas affronter une équipe qui joue un football “idéal”. Ils ont d’excellents joueurs, évidemment. Mais, quand tu montes sur le terrain, tu te retrouves à onze contre onze. Ce n’est qu’à la fin de ta carrière que tu peux prendre le temps de repenser à ces grands matches.

Onze contre onze, mais il y a quand même des différences au niveau des qualités intrinsèques…

C’est sûr qu’il y a des joueurs avec des capacités hors du commun. Mais ce n’est pas un sport individuel comme le tennis. Ici, le collectif peut compenser. C’est pour ça que tu as des surprises comme le FC Sheriff Tiraspol (Moldavie) qui s’impose au Real Madrid. Si tu joues ce match dix fois, le Real s’impose huit fois, au moins. Mais il y a d’autres facteurs qui déterminent une rencontre. Oui, notre adversaire est meilleur individuellement, mais ça ne signifie pas qu’il va nous battre pour autant.

Vous regardez souvent Manchester City à la télévision?

À la maison, je dois bien avouer que je ne regarde pas trop de football. Je suis un passionné, mais sur le terrain. En dehors, ça me fait du bien de couper. Je regarde les Diables, quelques matchs de Ligue des champions ou de Premier League, mais sans plus. Je préfère me changer les idées avec des séries ou en passant du temps avec ma famille et mes amis.

Vous avez déjà défié Neymar, Mbappé et Messi. C’est maintenant au tour de Kevin De Bruyne. Vous le mettez dans la même catégorie?

Oui, bien sûr. Enfin, quand même pas Messi, je crois (il sourit). Messi, il est plutôt dans la catégorie avec Pelé, il est différent. Mais KDB, c’est l’un des meilleurs joueurs au monde actuellement; c’est comme un rêve de l’affronter. Comme c’était déjà un rêve de jouer contre Modric, un ancien Ballon d’or.

Luka Modric, c’était un joueur spécial, pour vous?

Oui, vraiment. Il a quelque chose de particulier. Je me souviens du match contre le Real Madrid, il y a deux ans, et d’une phase en particulier. Il avait le ballon sur un flanc et j’étais proche de lui. Je savais exactement ce qu’il allait faire, parce que je l’avais observé. J’ai pris le risque de l’attaquer et d’anticiper. Malgré ça, il m’a échappé. Il a quelque chose en plus que les autres…

 

Je crois que le niveau chez les Diables doit être comparable à la Ligue des champions.

 

Vous vous frottez actuellement aux meilleurs joueurs de la planète et Bruges fait bonne impression en Coupe d’Europe. Est-ce que du coup vous pensez aux Diables rouges?

(Il rigole) On m’a posé cette question récemment. J’y pense, forcément. C’est un rêve de représenter son pays; cela ne m’est encore jamais arrivé. C’est un choix du sélectionneur national, je le respecte. Moi, je suis disponible et je me sens prêt. Mais, qu’il m’appelle ou pas, je reste un supporter des Diables.

Mignolet, Vanaken, De Ketelaere et Mechele ont été repris ces derniers mois. Cela donne confiance…

Oui, c’est sûr, mais je ne suis pas non plus focalisé là-dessus. J’essaie de bien jouer à Bruges.

Mais vous estimez avoir le niveau pour jouer avec l’équipe nationale?

Oui, je pense avoir le niveau. On joue actuellement la Ligue des champions, contre de grandes équipes et les meilleurs joueurs au monde. Je crois que le niveau doit être comparable, mais peut-être que je me trompe. J’ai conscience d’avoir le niveau pour être dans le groupe, mais il y a plus que 26 joueurs dans ce cas. D’autres joueurs belges ont le niveau et ne sont pas repris.

Vous avez déjà vécu une aventure à l’étranger, avec l’Ajax Amsterdam, quand vous étiez jeune. Aimeriez-vous prendre une sorte de revanche en relevant un nouveau défi en dehors de la Belgique?

C’est dur de répondre à cette question car il y a plein de facteurs qui entrent en ligne de compte. Je suis d’abord très content ici à Bruges, dans un club du top en Belgique, qui joue la Coupe d’Europe chaque saison et dont les résultats sont excellents. Si l’été prochain un autre club me veut, que tout le monde est d’accord, que le projet est sportivement et financièrement intéressant, alors oui. Mais ma tête est à Bruges et ce n’est pas un objectif ou une ambition personnelle.

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