SANTÉ

Le ministre Frank Vandenbroucke veut supprimer progressivement les suppléments d’honoraires

Le ministre Frank Vandenbroucke veut supprimer progressivement les suppléments d’honoraires

Les autorités communales, wallonnes et fédérales ont visité la nouvelle clinique liégeoise. Eda

Le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, l’a annoncé ce samedi: il entend supprimer progressivement les suppléments d’honoraires.

L’inauguration officielle de la nouvelle clinique du CHC MontLégia a eu lieu ce samedi, soit «19 mois après son ouverture effective et sa mise en activité», comme l’a rappelé Alain Javaux, le directeur général du Groupe santé CHC. «Au-delà de son aspect médical et médicotechnique, nous voulions une clinique lumineuse, avec une réelle approche hôtelière, agréable dans son aménagement et très accessible tant pour les patients et leurs proches que pour les membres de notre groupe. Et nous sommes très heureux du résultat, la progression très importante de nos activités sur le site et la satisfaction de nos patients sont les plus belles des récompenses.»

À cela s’ajoute la récompense obtenue à un niveau international. La clinique du CHC Montlégia et plus particulièrement les bureaux d’architecture Assar et Artau ont obtenu en septembre dernier, lors du MIPIM, le plus grand salon international des professionnels de l’immobilier, l’Award du «Best Healthcare Development».

Considéré comme le plus grand employeur privé en province de Liège, le Groupe santé CHC occupe près de 5.500 personnes salariées et indépendantes dans quatre hôpitaux, huit maisons de repos, une dizaine de polycliniques extérieures aux hôpitaux, une crèche et un service d’accueil de jour pour adultes porteurs d’un handicap.

Lors de son discours, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, a évoqué la réforme de financement hospitalier. Une réforme sur laquelle il a pu travailler au printemps dernier, «quand j’ai pu commencer à faire un peu autre chose que du Covid 24h/24», a-t-il indiqué.

«Par ailleurs, c’est aussi précisément le Covid qui a mis en exergue l’urgence des réformes dans le secteur hospitalier. À cet égard, tant la réforme du financement hospitalier que du paysage hospitalier doit poursuivre quatre objectifs: améliorer les soins tels qu’ils sont perçus par l’individu; améliorer l’état de santé de la population en accordant une attention particulière à l’accessibilité et à l’équité sociale; obtenir une valeur ajoutée pour le patient en matière de santé avec les ressources affectées; garantir que les professionnels de la santé puissent faire leur travail correctement et durablement.»

Selon Frank Vandenbroucke, «la réforme des hôpitaux doit conduire à plus de simplicité, de stabilité, d’équité et d’efficacité». «Elle doit responsabiliser les acteurs concernés et déboucher sur un financement stable. Elle doit être conçue de manière à obtenir le meilleur résultat diagnostique et thérapeutique au meilleur prix et elle doit inclure des éléments qui incitent à une optimisation des traitements. Elle doit encourager les soins intégrés et la coopération, et garantir des soins abordables et la sécurité tarifaire des soins pour le patient.»

Et le ministre fédéral de la Santé de distinguer quatre chantiers majeurs dans la réforme des hôpitaux sur laquelle il planche. «Premièrement, le financement actuel, double et entremêlé, des médecins et des hôpitaux doit être revu minutieusement. Les travaux en cours de révision de la nomenclature servent de ligne directrice dans ce cadre. Mais ils impliquent des obligations. Ils doivent aboutir à une nomenclature modernisée et objectivée, qui gomme les différences déraisonnables de revenus entre médecins et qui permette de distinguer objectivement la partie professionnelle des frais de fonctionnement. Je suis convaincu que cette évolution réduira la pression sur la surconsommation, d’une part, et qu’elle peut et doit conduire à un modèle renouvelé de coopération entre les médecins et les hôpitaux, d’autre part. Un modèle de coopération axé sur les besoins des patients, l’organisation des soins et la qualité des soins, plutôt que sur les discussions financières. Deuxièmement, nous devons mener des réformes en parallèle au niveau du budget des moyens financiers. (...) Nous devons évoluer vers un financement prospectif par type d’admission et par patient.»

Les hôpitaux doivent être encouragés à se concentrer davantage sur l’hospitalisation de jour lorsque c’est possible.

Dans le cadre de ce chantier, Frank Vandenbroucke entend prêter une attention particulière à l’hôpital de jour. «Les hôpitaux doivent être encouragés à se concentrer davantage sur l’hospitalisation de jour lorsque c’est possible, en tenant évidemment compte de la qualité des soins et de la capacité sociale du patient.»

Un troisième axe de réforme important concerne la coopération entre hôpitaux, mais aussi entre les hôpitaux et les soins primaires. Cette coopération doit être approfondie et intensifiée, notamment via les réseaux hospitaliers.

Combattre l’augmentation des suppléments d’honoraires

«Un quatrième axe de réforme important est l’accessibilité des soins. C’est un domaine prioritaire pour moi. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a une augmentation des suppléments d’honoraires dans les hôpitaux. Le dernier baromètre hospitalier de l’Agence intermutualiste montre qu’en 2019, un total de 1,38 milliard d’euros a été facturé aux patients lors de séjours hospitaliers aigus sur un montant remboursé de 6,05 milliards d’euros par l’assurance maladie. Un peu moins de la moitié de ce montant, soit 610 millions d’euros, sont des suppléments d’honoraires, et ceux-ci augmentent d’année en année plus que les remboursements. En 2006, les suppléments d’honoraires représentaient 13,7% des honoraires; en 2019, ils représentent déjà 18,6%. Cette évolution ne correspond pas à ma vision de soins accessibles et solidaires pour tous. J’ai l’intention de mettre un terme à cette évolution et de supprimer progressivement les suppléments d’honoraires.»

Un dossier médical intégré et partagé

Lors du conclave budgétaire, le ministre socialiste flamand a notamment pu obtenir 22 millions d’euros pour la qualité des soins en lien avec la digitalisation, 29 millions d’euros pour réaliser le dossier médical intégré et partagé, en dehors de l’enveloppe de l’INAMI, ainsi que 64 millions d’euros pour la cuber-criminalité.

Bientôt un hôtel de 80 chambres, à proximité du MontLégia

Des esplanades, voiries, espaces de parking, un arrêt de bus devant l’entrée et un héliport garnissent déjà l’accès confortable à tous les utilisateurs de la nouvelle clinique du CHC MontLégia, comme l’a rappelé René Thissen, le président du Groupe santé CHC. Une maison de repos de 180 lits est en activité. «La construction d’un hôtel de 80 chambres à côté de la maison de repos, avec vue imprenable sur la ville de Liège devrait prochainement démarrer», a-t-il ajouté. «Les discussions pour la réalisation d’une petite centaine de logements sur le site vont bon train. Les bureaux de nos services de groupe, en face de l’hôpital, sont opérationnels et une crèche de 72 places fonctionne à proximité.» Elle est ouverte à tous et dispose encore de quelques places. «Le Legiapark, en construction en association avec notre partenaire Noshaq, ne deviendra pas seulement une pépinière d’entreprises de pointe dans le secteur des biotechnologies: il sera aussi un lieu de collaboration directe avec notre hôpital.» Le Tennis club Baudouin a, lui, été acquis par le Groupe CHC. «Nous allons en assurer sa pérennité.» Une résidence pour les crapauds calamites a aussi été construire.

Et le président du Groupe santé CHC de conclure en guise de boutade: «Finalement, il n’y a que pour le Standard que nous n’avons pas trouvé de place.