PRO LEAGUE 11E JOURNÉE - 11e journée

João Klauss (Standard) se confie à coeur ouvert : "Je me dois de réussir pour mes parents"

Plongée plus intimiste dans la vie de João Klauss qui entend se relancer avec la venue de Luka Elsner.

Ce samedi, João Klauss aura à cœur de briller pour la première de son nouveau coach, Luka Elsner. L’attaquant de 24 ans n’est pas du genre à se focaliser sur les stats. «Si tu fais ça, tu deviens vite fou», nous précisait-il. Mais l’ancien joueur d’Hoffenheim sait qu’il est en panne sèche depuis maintenant deux mois et son dernier but (le deuxième) au Beerschot le 15 août dernier.

S’il aura envie de se surpasser pour son nouveau T1, João Klauss le fera également pour une personne très chère à ses yeux, son papa Roberto Clauhs de Mello. Les deux hommes ont une relation plus que fusionnelle. «C’est mon père mais il est également mon meilleur ami», assure le Standardman. Si aujourd’hui, Klauss fait partie de la race des grands compétiteurs, c’est avant tout à son paternel qu’il le doit. «Il y a toujours de la compétition entre nous. Peu importe le jeu auquel on jouait, on finissait toujours par s’engueuler, que l’on joue ensemble ou l’un contre l’autre. Nos amis et proches se demandaient souvent comment on pouvait en arriver à se parler de la sorte (rires). Mais ne vous méprenez pas, je n’oubliais jamais qu’il est mon père et que je lui dois le respect. On a une relation particulière.»

«Je souffre de l’éloignement des miens»

On l’aura compris, pour João Klauss, la famille est primordiale à son équilibre. Pourtant, dès son plus jeune âge, l’attaquant a dû faire face à ce qu’il déteste le plus : l’éloignement. «Ce sera toujours difficile pour moi d’être séparé de mes proches même si cela fait cinq ans que je ne suis plus auprès d’eux», lance Klauss. Le Covid n’a rien arrangé et depuis son arrivée en Belgique, le Rouche n’a vu ses proches qu’une seule fois. «J’ai enfin pu rentrer au Brésil l’été dernier. C’était la première fois que je retrouvais les miens en un an et demi. Honnêtement, c’était très dur à vivre pour moi. Ok, j’ai ma femme avec moi, mais j’ai besoin aussi d’avoir ce lien avec mes proches. J’aimerais parfois envoyer un message à ma mère et lui dire : maman, je viens dîner ce soir, prépare ce que j’aime ou encore proposer à mon père d’aller boire un verre.»

Dans les prochaines semaines, Klauss espère que sa famille pourra lui rendre visite à Liège. «Ils aimeraient bien venir mais avec le Covid, c’est tellement difficile car les règles changent tout le temps. Même pour moi, c’était compliqué de rentrer au Brésil cet été. J’ai pratiquement loupé mon avion parce que je n’avais pas une version de mon test négatif en anglais. Aujourd’hui, quand vous voyagez, on vous pose toute une série de questions, c’est totalement fou. C’est stressant. Mon père me demande toutes les semaines s’il y a du changement car il aimerait vraiment venir.»

La saison dernière, dans un entretien qu’il nous avait accordé, Roberto Clauhs de Mello s’était laissé aller à une petite confidence. «J’ai un rêve d’enfant qui est de visiter Bruges. J’ai cela en tête depuis que j’ai 13 ans. La Venise du Nord, c’est ça, hein? Je me réjouis aussi de venir goûter tous vos produits locaux. Vous avez une sacrée réputation.» Avant d’arriver sur notre territoire, João Klauss a été briefé par son papa. «Mon père est quelqu’un de très cultivé, il adore l’histoire. Il en connaît un rayon sur les pays et donc sur la Belgique. Quand il a su que j’allais signer au Standard, il m’a dressé une liste des choses à savoir sur la Belgique. Pour ce qui est de visiter Bruges, désolé papa mais tu découvriras d’abord Liège (rires).» Et João Klauss de répondre à une autre requête soumise par son paternel dans nos colonnes. «Il aimerait bien être grand-père? Ah…. C’est dans nos plans avec ma femme, disons, pour dans deux ou trois ans.»

«À mes 9 ans, ma mère a quitté la maison pour venir vivre avec moi»

Si João Klauss a fait de sa passion son métier, il le doit à son talent mais également aux sacrifices consentis par ses parents qui l’ont toujours accompagné tout au long de son parcours. «Des sacrifices? Ils en ont fait énormément», se remémore-t-il. «Lorsque je suis parti pour jouer à l’Internacional, mon père a loué un appartement pour que je puisse vivre à Porto Alegre. Je n’avais que neuf ans et ma mère m’a accompagné là-bas. Ils ont fait tout ce qui était possible pour m’aider à devenir un footballeur professionnel. Je ne vais jamais l’oublier. Ils n’attendent rien en retour, simplement que je prenne du plaisir. Je ne peux que les respecter pour ce qu’ils ont fait pour moi et les principes qu’ils m’ont inculqués. Je me dois de réussir pour eux.»

Aujourd’hui, Klauss a réalisé son rêve, mais pas uniquement le sien. «Papa est encore plus fanatique que moi. Le foot, c’est toute sa vie. C’est une grande responsabilité pour moi de ne pas le décevoir. On dit toujours qu’il faut de la grinta pour jouer au Standard. Mais il en faut aussi pour satisfaire mon père. Il m’a toujours dit : «je n’ai jamais abandonné». C’est pourquoi, tout ce que je fais, je le fais à 100 %.»

«À l’école, j’étais le roi de la procrastination»

Enfant, João Klauss ne jurait déjà que par le ballon. Le football s’est rapidement imposé comme une évidence pour le jeune garçon. Mais les obligations scolaires devaient être remplies. «À l’école, j’étais vraiment fainéant», se souvient-il. «Attention, je n’étais pas un cancre, loin de là. J’avais même certaines aptitudes. Mes parents me le répétaient souvent mais je n’aimais pas travailler ou encore étudier. J’étais le roi de la procrastination (rires).» Lorsqu’on lui demande de quoi aurait été faite sa vie sans le football, João Klauss lève les yeux au ciel. «Encore aujourd’hui, je n’ai pas la réponse. Je n’avais qu’un plan A en tête. Le foot, c’est ma vie. Mais ce qui importe le plus à mes yeux, c’est ma famille. Plus tard, si je dois choisir entre elle et le foot, j’opterai pour ma famille.»

À 24 ans, le Standardman a encore de belles années devant lui. Pourtant, cela lui arrive parfois de penser à l’après-football. «Ce n’est pas au dernier moment que tu dois y penser. Le foot, ça va très vite. Je ne suis pas certain que je resterai dans le monde du foot. Je ne me vois pas devenir coach en tout cas, ce n’est pas pour moi. Peut-être assistant (rires). Dirigeant? Non, je n’aime pas ça. Je suis jeune mais je suis dans le foot depuis toujours, j’aurai envie de découvrir autre chose mais surtout avoir du temps pour moi et les miens. Être disponible pour ma famille.»

«Jouer au Gremio serait un privilège immense»

Avant la fin de sa carrière, le Brésilien aimerait, si l’occasion se présente, réaliser un autre rêve qu’il partage avec son père : porter le maillot de son club de cœur, Gremio.

«C’est notre passion commune. Petit, il m’emmenait voir les matchs et j’ai accroché de suite. J’y ai joué quatre ans chez les jeunes. Ce serait beau de porter ce maillot une fois dans ma carrière professionnelle. Mais si j’ai un jour la chance de rejoindre ce club, je veux que ce soit à un moment où je peux encore l’aider. Je ne veux pas jouer à Gremio juste pour accomplir un rêve et prendre mon salaire tranquillement. Ce serait un plaisir immense de jouer pour ce club, pour moi déjà, mais encore plus pour mon père.»

Avant de porter le maillot de Gremio de 2012 à 2017, Klauss a évolué pour l’ennemi juré de l’Internacional. «J’avais neuf ans, c’était très difficile au début pour moi. Quand je suis arrivé là, je demandais sans arrêt à mon père pour changer de club et rejoindre Gremio. Je n’avais pas ce sentiment d’appartenance à ce club, cela aurait été difficile pour moi d’y rester.» Et le natif de Criciúma de faire un parallèle avec notre compétition. «C’est un peu comme le Standard et Anderlecht. Je ne pourrai jamais jouer pour Anderlecht, c’est en dehors de mes principes. Je sais que, par le passé, plusieurs joueurs du Standard sont passés par Anderlecht. Mais j’ai trop de respect pour ce que le club fait pour moi.»

«La Seleção? Je pourrais aussi opter pour l’Italie….»

Né d’un papa d’origine allemande et d’une mère italienne, João Klauss dispose de la double nationalité brésilienne et italienne. Lorsqu’on est Brésilien, et fan de Ronaldinho et de Ronaldo comme l’est Klauss, on rêve de porter un jour le maillot auriverde.

«Au moment où on se parle, je n’ai pas de chance de rejoindre l’équipe nationale», précise-t-il, de manière très lucide. «Mais je peux encore opter pour l’Italie. Mon choix n’est pas encore fait entre le Brésil et l’Italie. Ce sont deux pays du foot, on verra ce que l’avenir nous réservera. En attendant, je dois me concentrer sur le Standard et, qui sait, si je réalise une belle saison en marquant beaucoup de buts, peut-être ferais-je parler de moi.»

Pro League

Classement
# MJ V D N B P
1 Union St-Gill. 16 11 4 1 41/17 34
2 Antwerp 15 8 4 3 26/18 27
3 FC Bruges 15 7 2 6 26/19 27
4 FC Malines 16 8 6 2 28/28 26
5 Charleroi 16 7 4 5 28/22 26
6 Anderlecht 16 6 3 7 31/22 25
7 Eupen 16 6 6 4 26/24 22
8 Courtrai 16 5 4 7 20/19 22
9 La Gantoise 15 6 6 3 23/16 21
10 KRC Genk 15 6 6 3 28/25 21
11 St-Trond 16 6 7 3 17/23 21
12 Standard 15 5 5 5 17/23 20
13 OH Louvain 16 4 4 8 22/26 20
14 FC Seraing 16 6 9 1 21/28 19
15 Ostende 15 5 8 2 19/32 17
16 Zulte-Waregem 15 3 7 5 23/35 14
17 Cercle Bruges 16 3 9 4 18/24 13
18 Beerschot 15 2 10 3 15/28 9
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