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CLAVIER

VIDÉO | L’avaleuse engouffre 3 000 tonnes de betteraves par jour

Depuis quelques années, le ramassage des betteraves se fait avec une avaleuse. Une gigantesque machine qui permet un gain de temps mais qui décrasse aussi les betteraves, évitant ainsi de transporter trop de terre.

On s’active un peu partout dans nos campagnes en cette 185e saison betteravière. Nous sommes dans le Condroz, dans les campagnes entre Pailhe et Ouffet. Devant nous, un ballet de camions vient s’approvisionner en betteraves auprès d’une énorme machine; une sorte de mélange entre un insecte géant et un jouet Transformers.

Les betteraves récoltées depuis plusieurs jours sont chargées. Leur attente au coin du champ aura été plus ou moins longue en fonction de l’appétit de la râperie de Longchamps (Éghezée) qui doit écraser près de 19 000 tonnes de betteraves par jour. «C’est une discussion qu’on a avec les agriculteurs, explique Xavier Massin, agronome à la Raffinerie Tirlemontoise. En fonction des besoins de la râperie, on détermine une date à laquelle l’agriculteur doit préparer un certain tonnage sur son champ.» D’un côté, c’est plus intéressant pour un cultivateur de laisser plus longtemps ses betteraves en terre afin qu’elle gagne en taux en sucre mais d’un autre, la râperie ne peut s’interrompre de digérer les milliers de tonnes de betteraves durant la saison. «Alors, on fait une tournante avec les agriculteurs pour ne pas que l’un soit défavorisé par rapport à un autre.»

Pour nourrir la râperie en flux continu, depuis quelques années, un nouveau type d’engin a fait son apparition: l’avaleuse à betteraves. Un monstre qui permet d’engouffrer 3 000 tonnes par jour. Alors qu’il y a encore quelques années, les semi-remorques faisaient souvent la file en attendant d’être chargés avec la grue à grappin, ici c’est la Ropa qui s’impatiente. «Il faut environ 4 minutes pour remplir un camion d’environ 28 tonnes, note Sylvie Decaigny, agromanager à la Raffinerie Tirlemontoise. Une fois qu’il a présenté son camion, le chauffeur vient badger sur la machine. Comme ça, tous les détails du chargement sont encodés.»

La terre reste au champ

En plus du gain de temps, cette nouvelle technologie a aussi un aspect écologique. «Les betteraves passent dans plusieurs rouleaux, ce qui permet de les décrasser, détaille Xavier Massin. Une bonne partie de la terre et des morceaux de feuilles sont débarrassés puis rejetés par la machine sur le champ. Ça permet de ne pas transporter inutilement de la terre vers la râperie. Avant, on estimait qu’une betterave arrivant à la râperie comportait encore 10% de terre. Maintenant, ce n’est plus que 5%.»

La technique de l’avaleuse engendre aussi moins de déchets. Là où le grappin déchiquetait régulièrement les betteraves, la grande bouche de 10 m de large de l’avaleuse vient saisir les précieux tubercules sans les abîmer. Et quand on arrive à la fin du tas, la machine déplie son immense bras articulé. Une sorte de grande raclette qui ramène les dernières betteraves vers la gourmande bouche.


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