Dinant

Expédition punitive au chalet voisin: une «vendetta d’une violence inouïe»

Expédition punitive au chalet voisin: une «vendetta d’une violence inouïe»

Illustration. Reporters/QUINET

Annabelle est poursuivie pour avoir été l’instigatrice de faits d’une extrême violence, dans un camping-résidence à Hastière, en mai 2015.

La prévenue fait opposition à un jugement prononcé le 20 février 2020. Elle ne s’était pas présentée lors de l’audience et avait été jugée à 40 mois de prison par défaut. «Je suis devenue SDF après les faits. Je n’ai pas reçu de convocation», raconte-t-elle.

Mercredi, elle a pu s’expliquer sur l’agression qui remonte au 7 mai 2015. À l’époque, la prévenue habite dans le chalet de son père, dans un camping-résidence à Hastière. On lui reproche d’avoir été l’instigatrice d’une expédition punitive, menée dans le chalet situé juste en face. Les faits sont extrêmement graves. Pour le même prix, c’était les assises.

La prévenue nie tout en bloc. «Je n’étais pas présente sur les lieux, j’étais chez moi, en face quand ça s’est passé. J’ai tout entendu mais je n’ai rien vu

Si le président est bien au clair avec le fait qu’elle n’a pas participé à la «vendetta d’une violence inouïe», elle serait à l’initiative des faits crapuleux commis. «J’ai harcelé plusieurs fois mon frère en lui expliquant ce qu’il se passait avec les voisins. J’en avais marre. Ils ont voulu mettre le feu au chalet de mon père et ont empoisonné le chat. Mais je n’ai jamais demandé clairement à mon frère de venir. Je me suis juste confiée à lui

Le fait est que, lorsque son frère débarque en état d’ébriété avec son neveu et d’autres personnes ce jour-là, c’est bien elle qui leur indique le chalet en question. Elle a aussi camouflé la plaque d’immatriculation du véhicule de son frère avec un drap de vaisselle. «Et lorsque les auteurs sont partis, vous les avez remerciés et vous avez fait une petite danse de joie avec votre fille en disant “On les a eus”. C’est ce que relatent des témoins », précise le président Hauquier. «Je ne pensais pas que c’était si grave, je ne pensais pas qu’un monsieur se trouvait dans cet état-là.»

En réalité, quatre personnes ont été agressées dont Thierry, venu rendre visite à son beau-fils. L’homme a reçu un coup de revolver sur le crâne et un deuxième coup avec une barre de fer. «Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Ça aurait pu lui être fatal», raconte son avocat. À la suite de l’agression, l’homme a sombré dans le coma. Il a dû subir plusieurs interventions chirurgicales. Il garde aujourd’hui encore de nombreuses séquelles de cette agression.

Vers une confirmation du jugement?

Du côté de la défense, on remet les faits dans le contexte. Madame aurait auparavant été agressée par les habitants du chalet voisin. Elle s’est confiée à plusieurs reprises à son frère quant à ces problèmes de voisinage. «Elle n’a jamais demandé à son frère de venir agresser les personnes. Moralement, elle se sent responsable, mais pas pénalement…», évoque son avocate.

Elle plaide l’acquittement de sa cliente qui n’a pas d’antécédent ou, à titre subsidiaire soit un sursis, soit une peine de travail. Elle juge la peine de 40 mois excessivement lourde. «Ma cliente n’a pas eu conscience de ce qui allait se passer

Du côté du ministère public, on souhaite que le jugement soit confirmé au niveau pénal et civil. Jugement le 24 novembre.


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