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LOUVAIN-LA-NEUVE

La lutte contre les violences sexuelles, l’oubliée de la charte des baptêmes étudiants

La lutte contre les violences sexuelles, l’oubliée de la charte des baptêmes étudiants

La ministre Valérie Glatigny (MR) voudrait que la charte des baptêmes intègre l a lutte contre les discriminations, les violences sexuelles et le harcèlement sexuel et sexiste. BELGA

La ministre Glatigny voudrait ajouter la lutte contre les discriminations et les violences sexistes dans les chartes qui encadrent les baptêmes étudiants.

Les baptêmes organisés par les cercles étudiants sont, à Louvain-la-Neuve, organisés en suivant un protocole imposé par l’UCLouvain. Il y est notamment indiqué qu’un étudiant ne peut être obligé de participer à un baptême; qu’aucune forme de représailles vis-à-vis des étudiants non baptisés ne sera tolérée; qu’il ne peut être porté atteinte à la santé physique, morale ou psychologique des participants; que toute nudité est interdite; que la consommation d’alcool n’est pas obligatoire et que les organisateurs des baptêmes «s’impliquent dans la gestion de cette consommation et ceci dans le respect de chacun».

À Louvain-la-Neuve, les baptêmes sont évalués par la commission des baptêmes, en fonction du respect de la charte.

Après que Louvain-la-Neuve ait connu deux incidents, coup sur coup, la question de l’encadrement des baptêmes étudiants a été évoquée au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

«L’existence d’une charte ne garantit pas l’absence de risque»

Un seul de ces incidents était lié à une activité de baptême et, convenait le député Rodrigue Demeuse (Écolo), «la charte des droits et devoirs encadrant les baptêmes étudiants avait été signée et respectée, ce qui montre que l’existence d’une telle charte ne garantit pas l’absence de risque».

Si l’organisation des activités de baptême relève bien de la responsabilité des cercles étudiants et pas des établissements d’enseignement supérieur, ces derniers peuvent imposer des règles si les activités ont lieu dans leurs locaux. Ils peuvent aussi «mener des activités de sensibilisation et aider les étudiants à sécuriser les activités qui sont proposées aux candidats au baptême», a estimé la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny (MR).

Quant à la charte que l’ARES (Académie de recherche et d’enseignement supérieur) met à disposition des établissements d’enseignement supérieur, il y a lieu de l’évaluer, pense la ministre. Cette évaluation n’était initialement pas prévue. «Le 10 août, j’ai chargé l’ARES, avec la collaboration des établissements d’enseignement supérieur, d’effectuer une évaluation de l’application de la charte actuelle. Cette évaluation doit porter sur les moyens de communication mis en œuvre pour diffuser et appliquer la charte, ainsi que sur son efficacité.»

«Intégrer la lutte contre les discriminations et les violences sexuelles dans la charte»

Sans attendre les résultats de cette évaluation, la ministre pense qu’il faudrait modifier la charte «afin d’y intégrer la lutte contre les discriminations, les violences sexuelles et le harcèlement sexuel et sexiste. J’ai également souhaité qu’une réflexion soit conduite sur la possibilité d’inclure une disposition visant l’obligation de respecter le bien-être animal dans le cadre des baptêmes estudiantins.»


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