article abonné offert

CHASTRE

Chastre: construire 50 maisons en zone partiellement inondable? Les riverains s’inquiètent

Le promoteur Durabrik envisage de construire une cinquantaine de maisons dans un champ à Gentinnes. Il a présenté son avant-projet à la population lundi soir.

La salle du Tensoul était bien garnie ce lundi soir à l’occasion de la présentation de l’avant-projet de Durabrik. Le promoteur projette de construire une cinquantaine de maisons dans un champ, situé entre la rue des Golards et la rue du Petit Champ, à Gentinnes. Une zone très touchée par les inondations de juillet dernier et dont l’urbanisation inquiète les riverains et les autorités communales.

C’est que le terrain de 5,5 hectares, repris au plan de secteur comme zone d’habitat rural, forme une sorte de cuvette. En cas de fortes pluies, le terrain est traversé par un axe de ruissellement concentré qui provient des plateaux agricoles situés en amont. Ce ruissellement devient alors de plus en plus fort si bien que les environs de la Houssière sont repris comme aléa d’inondation. Sur base du rapport d’infiltration, la porteuse du projet a expliqué que la capacité d’infiltration du terrain est relativement bonne en haut de celui-ci, au niveau de la rue du Petit Champ, mais que cette capacité devient mauvaise dans le bas du terrain, vers la rue des Golards.

Le promoteur reconnaît qu’il y a là une vraie contrainte à gérer. Il souhaite intercepter l’eau dès la rue du Petit Champ grâce à des fossés herbeux et imagine une coulée verte qui traverserait le terrain de bout en bout. «On va mener l’eau dans le cœur de la cuvette grâce à un cheminement végétal vers un bassin de rétention d’eau, a expliqué Marie-Yvonne de Saint-Georges, l’auteure de projet. L’un des grands objectifs de l’étude du permis technique sera de voir comment on retient cette eau et de déterminer la capacité nécessaire de ce bassin.»

L’idée est donc d’accompagner l’eau jusqu’au cœur du terrain et de la retenir dans ce bassin de retenue afin qu’elle ne s’écoule plus dans le reste du village. Par temps sec, on pourrait imaginer que cette coulée verte serve de terrain de jeux pour les enfants.

«Le quartier du Christ du Quéwet n’a pas été inondé»

La capacité de retenue du bassin, les conséquences en cas de débordement de celui-ci, la capacité d’absorption du réseau d’égouttage et la haute densité de logements sont quelques-unes des remarques formulées par les riverains à la suite de la présentation. Il leur a été répondu que ces questions seront intégrées dans l’étude d’incidences, comme le veut la procédure. Le promoteur s’est tout de même voulu rassurant sur la question des inondations: «On va mettre tout en œuvre pour diminuer le risque, a répondu Éric Roubaud, responsable Wallonie pour Durabrik. Nous avons été à la manœuvre pour le projet du Christ du Quéwet à Mont-Saint-Guibert et il s’agit du seul site de la commune qui n’a pas été inondé cet été. On y a créé des bassins d’orage, des voiries perméables plutôt que bétonnées. Nous avons tout intérêt à ce que ce projet réponde aux problèmes si l’on veut obtenir le permis.»

 

«Ça ne peut pas être pire qu’actuellement», assure le maïeur

Présent lors de la réunion d’information, le bourgmestre a découvert en même temps que les riverains les contours du projet de Durabrik. Certes, il y a eu quelques contacts avec le promoteur, mais cette réunion d’information était l’occasion de prendre connaissance des grandes lignes de ce projet immobilier.

Le bourgmestre a rappelé lors de la réunion d’information que le collège communal aurait préféré que le terrain ne soit pas urbanisé du tout, mais qu’il n’avait pas vraiment de marge de manœuvre puisque le site est repris en zone d’habitat et qu’il a été racheté par Durabrik. Ce que le collège peut faire par contre, c’est de guider le promoteur dans son projet pour qu’il prenne en compte au mieux les problématiques de mobilité et d’inondation, notamment.

Puisque le projet se fera de toute manière, le collège souhaite au moins que l’on puisse en tirer profit pour tenter de régler le ruissellement des eaux sur le site. «Il faut profiter du lotissement pour régler le problème à cet endroit, insiste Thierry Champagne. Ce sont des occasions qu’il ne faut pas louper pour être définitivement tranquille. De toute façon, ça ne peut être pire qu’actuellement puisqu’il n’y a rien pour retenir l’eau. On a fait en sorte que le promoteur soit sensibilisé à la problématique et je trouve qu’il a pris en compte les remarques du collège.»

 


Nos dernières videos