LIÈGE

La France s’intéresse de près aux archives volées et retrouvées à Liège

La France s’intéresse de près aux archives volées et retrouvées à Liège

L’ambassadrice de France, Hélène Farnaud-Defromont, a découvert la rocambolesque histoire des archives volées et traquées. Crédit : Archives de l’État - Bernard Wikin

Ce mardi, l’ambassadrice de France en Belgique s’est rendue aux Archives de l’État à Liège afin de récupérer 550 documents volés et retrouvés grâce au travail des traqueurs d’archives.

C’est une visite de prestige qui vient d’avoir lieu au dépôt des Archives de l’État à Liège: l’ambassadrice de France ainsi que plusieurs hauts responsables belges ont fait le déplacement à Cointe. Ce n’est pas tous les jours que la Belgique restitue plus de 550 archives volées à ses voisins d’Outre-Quiévrain. L’occasion aussi de saluer le travail des archivistes et policiers liégeois.

 

 

Un coup de fil, une histoire et voilà la curiosité de l’ambassadrice de France, Hélène Farnaud-Defromont, titillée. C’était en juin. Bernard Wilkin, archiviste à Liège, contacte l’ambassade de France: dans le cadre de l’inlassable traque aux archives volées menée par les archivistes liégeois, entre 550 et 600 documents (datant de 1624 jusqu’au milieu du 20e siècle) sont à remettre à la France. «Cela concerne plusieurs services, j’ai donc contacté l’ambassade pour qu’elle puisse les dispatcher aux services ad-hoc.» Parmi ceux-ci, il y a notamment une lettre signée Louis XIIIou encore ce passeport de l’intérieur, documents permettant le voyage à l’intérieur de la France entre un point A et B.

La France s’intéresse de près aux archives volées et retrouvées à Liège
Crédit : Archives de l’État

Dans le bâtiment diplomatique situé rue Ducale, le coup de fil ne passe pas inaperçu. La quantité des documents et le côté rocambolesque de l’histoire attirent l’attention. L’ambassadrice souhaite se déplacer personnellement. «On voulait marquer le coup, rendre hommage aux services d’archives et aux policiers pour ce travail au long cours», précise l’ambassadrice de France.

Historienne de formation, Hélène Farnaud-Defromont insiste également sur l’importance du devoir de mémoire. «Les archivistes sont souvent des métiers peu connus, or, c’est fondamental dans notre société. Le devoir de mémoire fait partie de ma mission. Et c’est quelque chose que vous faites très bien, vous, les Belges.»

L’ambassadrice est accompagnée par le directeur des archives diplomatiques qui a fait spécialement l’aller-retour dans la journée afin de récolter les documents et qui va les dispatcher aux nombreux services victimes des voleurs.

Bernard Wilkin et les archivistes liégeois apprécient particulièrement ce geste: «nous sommes ravis, ça met en avant le travail déjà réalisé.»

 

 

En juin, les Archives de l’État à Liège avaient déjà restitué aux Archives départementales de la Marne 8 classeurs d’archives, dont la valeur marchande était estimée à 15 000 €. «Cette fois-là, les choses avaient été assez simples puisque cela ne dépendait que d’un seul service», contextualise Bernard Wilkin. Dans les nombreuses caisses et fardes retrouvées par l’équipe des traqueurs d’archives, d’autres documents seront-ils à nouveau restitués à la France ? «Pas dans l’immédiat, j’ai fait le tour de ce que nous avons.» Mais la médiatisation autour de cette traque trouve un écho de plus de plus large auprès du public. Les restitutions, notamment, ont tendance à s’accélérer. Il y a de fortes chances que des documents volés en France refassent surface.

«Les autorités ne sont pas encore très sensibilisées mais on constate une conscientisation de plus en plus grande sur le sujet.»

Et la France n’est pas la seule à s’intéresser à ces archives retrouvées. La semaine prochaine, Bernard Wilkin se rendra dans une ambassade à Bruxelles pour discuter de documents à remettre. Quand les archives s’invitent sur la scène internationale.

Une venue qui a aussi permis de découvrir de nouvelles archives volées.


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