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TOURNAI

PHOTOS-VIDÉOS | «L’horeca est à plat», le secteur dans les rues de Tournai

Une trentaine de représentants du secteur horeca tournaisien ont exprimé leur colère face à la fin du taux réduit de TVA et au contrôle du Covid Safe Ticket.

Ils étaient déjà descendus dans la rue, en février dernier, pour exprimer leur désarroi et leurs revendications face à des cafés, restaurants et autres établissements fermés durant de longs mois.

Ce lundi, et même s’ils ont pu reprendre leurs activités, les travailleurs du secteur horeca expriment à nouveau leur colère. Armés de leurs toques, casseroles et cuillères, ils scandent «l’horeca est à plat», «nous ne sommes pas des gendarmes», «TVA à 6%»…

Ils pointent en effet du doigt la décision du gouvernement fédéral d’avoir mis fin, depuis ce 1er octobre, au taux réduit de TVA. «Par cette mesure, il a décidé de supprimer l’aide la plus importante et la plus équitable qui nous avait été accordée durant cette crise sanitaire, déplore Robert Delvigne, le président de l’association Tournai Commerces. En repassant de 6% à 12% pour la nourriture et 21% pour les boissons, nous allons perdre 120 euros de bouffée d’oxygène par tranche de 1000 euros de recettes.»

«Une mise à mort rapide»

Pour les représentants du secteur, cette décision est trop hâtive. «Aucun d’entre nous n’est encore remis financièrement des deux obligations de fermeture totale qui nous ont été imposées par les autorités. C’est une mise à mort rapide pour bon nombre d’entre nous et une lente agonie pour bien d’autres! Tous les métiers de l’alimentation bénéficient de ce taux de TVA à 6%, sauf nous… parce que nous assurons un service, et que cela permet de créer de l’emploi. Il est indécent et aberrant de pénaliser et de handicaper de la sorte l’emploi…»

Après avoir ouvert son bar à vins/tapas juste au début du confinement, «L’atelier des Stars» la gérante peine à envisager l’avenir. « Cette augmentation de la TVA, ce sera pour notre poche, et pour notre trésorerie déjà presque vide… On ne peut pas la répercuter sur les clients, car on peine déjà à les attirer à nouveau chez nous… Il ne faudrait pas faire fuir les quelques clients qui nous restent! Pour le contrôle du Covid Safe Ticket, je ne peux pas non plus consentir quelconque investissement car personnellement, je n’ai pu bénéficier d’aucune aide car je venais d’ouvrir mon établissement lorsque le confinement a été décrété…»

«Pas des gendarmes»

Les responsables de bars et restaurants, mais aussi leur personnel, s’inquiètent également de l’instauration du Covid Safe Ticket. «Nous ne sommes pas contre son application, par contre, nous ne sommes pas d’accord d’en assurer le contrôle, ajoute Robert Delvigne. Nous ne sommes pas des gendarmes, ce n’est pas notre rôle et nous n’en avons pas les moyens que ce soit en termes de personnel ou en termes de disponibilité. Cela va en effet entraîner une surcharge de travail, de stress, de situations conflictuelles avec la clientèle…»

Une double peine

Pour le secteur horeca, les dernières décisions gouvernementales sont une double peine. «On nous supprime les aides, et on nous met une surcharge de travail», résume le représentant des commerçants tournaisiens.

Après avoir quitté la Grand-Place, et remonté la rue Saint-Martin pour rejoindre l’hôtel de ville, les manifestants ont été accueillis par divers représentants politiques. Un cahier de revendications leur a été remis. Le bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois et l’échevine du Commerce, Caroline Mitri ont tenu à marquer leur soutien au secteur. «Durant cette crise, nous avons mis en place toutes les aides que nous pouvions afin de vous soutenir parce que nous avons besoin que vous existiez pour mettre de la vie dans la ville», insistent-ils. Marie-Christine Marghem et Denis Ducarme, députés libéraux, étaient aussi présents pour déplorer «l’erreur d’avoir mis fin au taux de TVA à 6% alors que le secteur n’était pas encore sorti de la crise.»

Tous se sont engagés à relayer les revendications du secteur horeca tournaisien à qui de droit, soit à leurs collègues, membres du gouvernement fédéral, qui ont pris ces décisions…


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