Sélection Télé - Soirée Spéciale

Arletty, entre amour et haine

«Les Enfants du Paradis» l’ont fait rentrer dans l’histoire du cinéma, mais sa vie privée l’a plongée en désamour.MORGANE GROUPE-SK MEDIAS /Flair Prod. et Atelier Théâtre Actuel

Une comédie musicale puis un documentaire: France 5 consacre sa soirée à Arletty, actrice de légende, et un peu scandaleuse.

Léonie Bathiat, alias Arletty, demeure une actrice de légende: certaines de ses répliques sont restées cultes, à l’instar de son fameux «Atmosphère! Atmosphère! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère? », prononcé avec cette gouaille qui lui était propre dans le Hôtel du Nord de Marcel Carné, en 1938.

Rien d’étonnant, donc, à ce que France 5 lui consacre, ce jeudi, une soirée entière avec, d’abord, une comédie musicale puis un docu réalisé par Frédéric Mitterrand. Et, surtout, un fil rouge entre ces deux productions: l’amour qu’elle porta, au moment de l’Occupation, à l’officier allemand Hans-Jürgen Soehring.

Place, d’abord, à la musique, et à un spectacle – Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty? – qui vaut essentiellement pour la façon dont il reconstitue la Belle Époque, puis les Années folles. Avec, pour guide, Arletty elle-même, campée par la très convaincante Élodie Menant, qui a reçu le Molière de la révélation théâtrale pour ce rôle.

Vient ensuite le temps du «scandale», au cœur d’Arletty-Soehring, Hélas je t’aime, le documentaire diffusé en deuxième partie de soirée. Un film qui tente de poser, objectivement et de façon dépassionnée, un regard neuf sur l’une des affaires qui divisa la France de l’Occupation puis de l’après-guerre: cette fameuse histoire d’amour entre l’actrice et son officier allemand.

Un événement qui mit un frein à une carrière entamée sur les chapeaux de roue: à la fin des années 30, Arletty est une star immense, qui a déjà tourné avec les plus grands, parmi lesquels Marcel Carné, donc, mais aussi Sacha Guitry. La guerre n’y changera rien: pendant l’occupation allemande, elle est la tête d’affiche des Visiteurs du Soir puis des Enfants du Paradis, un film encore considéré, aujourd’hui, comme l’un des plus grands de l’histoire pourtant dense du cinéma français.

Oui, mais voilà: à l’époque déjà, Arletty est amoureuse. Et Hans-Jürgen Soehring n’est pas seulement allemand: il possède aussi sa carte du parti nazi. Une situation tolérée durant la guerre, mais qui viendra briser sa carrière à la Libération: Arletty sera même, un temps, placée en résidence surveillée avant, plus tard, de retrouver sa place devant la caméra. Puis de renouer avec Soehring, rescapé d’une Allemagne dévastée. Un beau document, témoin d’une époque où il était parfois bien difficile de dresser une frontière entre le bien et le mal. Surtout quand l’amour venait à s’en mêler.

France 5, 20.55 & 22.25

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