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COVID-19

Le Covid Safe Ticket bientôt obligatoire pour le sport en club: «La tuile de plus»

L’obligation du Covid Safe Ticket pour les plus de 16 ans sera de mise dès le 15 octobre, pour trois mois. On a pris la température dans les clubs sportifs en région verviétoise: la douche est glaciale.

«La soupe à la grimace», «une tuile de plus»,«une catastrophe», «une douche froide»… Si depuis plusieurs jours, les bruits de couloirs s’intensifiaient, dans les clubs sportifs amateurs, quant à l’annonce d’un «Covid Safe Ticket» obligatoire (vaccination, test négatif…), sa mise en application se précise pour le 15 octobre et ce pour une durée de trois mois, a annoncé mardi l’Association interfédérale du sport francophone (AISF). Concrètement, l’entrée dans les infrastructures sportives couvertes ne sera possible qu’avec un CST, pour les personnes de 16 ans et plus. Il ne sera exigé en extérieur que si l’on dépasse les 200 personnes. De quoi en refroidir beaucoup.

D’autant plus après plus d’un an et demi de crise sanitaire, suivi des inondations, où les clubs ont jonglé avec les difficultés financières et structurelles. «Si le sport devient plus une contrainte qu’un plaisir, les gens vont tout simplement arrêter», craint d’emblée Martin Maurage, gestionnaire d’infrastructures sportives à Welkenraedt. Et le retour au sport n’avait déjà pas été évident, note-t-il.

Et les championnats?

« Une période d’une quinzaine de jours de tolérance sur les sanctions devrait être prévue», indique l’AISF. Suffisamment pour se retourner? «Non», nous dit-on. Surtout dans les clubs où la plupart des joueurs sont assez jeunes. «La majorité ne sont pas encore vaccinés. Dans un groupe de 15 joueurs, seuls 3 ou 4 le sont déjà. Et il faut compter le temps de deux doses», souligne Stéphane Klein, secrétaire de la RUCV, section football en salle.

«Le championnat de foot en salle commence lundi – avec déjà un mois de retard suite aux inondations… Si sur le principe, on n’est pas contre, les délais sont un peu courts.»

Si à l’école de tennis de Herve, on compte un grand nombre de joueurs vaccinés, on juge «vraiment dommage» que le tennis tombe aussi sous cette règle.

«Avec le volume des halls, on est quasiment comme à l’extérieur…», note le responsable Nicolas Kesseler.

Fini de jouer?

Et puis, faut-il encore que le jeune désire tout simplement se faire vacciner ou que ses parents acceptent, rappelle Thierry Renard, coach au club de volley de Theux, dont les équipes ont déménagé à Grand-Rechain suite aux inondations.

«Ça relève de la vie privée. – Ce qui est fou, c’est que ces deux prochains week-ends ils vont pouvoir jouer, puis dans 15 jours certains ne pourront pas s’ils refusent le test ou le vaccin.»

Covid, inondations: dans la région, les clubs ont bien morflé disions-nous. «On a déjà perdu 25% des membres», note Thierry Renard.

Même constat amer du côté de la salle CrossFit la Vesdre, qui en deux ans et demi d’existence a dû fermer 10 mois pendant la crise. « C’est assez contraignant. On a des membres non-vaccinés, on risque clairement de perdre une partie de notre clientèle», estime Jonathan Mathurin, l’un des gérants. Il s’interroge: «Est-ce que l’état fera un geste?»

«Qui pour contrôler?»

Vient aussi la problématique de la logistique. Comment mettre en place les contrôles? Qui va s’en occuper? Pas facile pour les petites structures, avec peu de personnel, d’autant plus quand les sportifs (et le public) se multiplient en une journée sur le terrain.

Quant aux amendes qui suivront en novembre pour ceux qui ne respectent pas les règles, «qui sera responsable? les clubs? les gestionnaires?», s’interroge Martin Maurage, qui rappelle que les infrastructures sportives ont déjà mis – profondément – la main au portefeuille pour l’installation, notamment, des capteurs de C02.

«C’est contraignant, mais, d’un autre côté, si ça permet de ne plus avoir une saison comme l’an dernier, avec des fermetures…», commente pour sa part Jean-Raphaël Marot, responsable du backet-club BC Verviers, qui regagnera sa salle touchée par les inondations fin du mois.

Les prochaines semaines s’annoncent donc loin d’être évidentes dans le secteur sportif.

«Dommage, quand on sait que ceux en bonne santé, qui font du sport, ont moins de risque de développer une forme grave du Covid….», souffle-t-on à Welkenraedt.



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