article abonné offert

COUR D’ASSISES DE NAMUR

L’époux de Wivinne Marion: «Nos enfants sont admirables»

L’époux de Wivinne Marion: «Nos enfants sont admirables»

Wivinne Marion a été décrite comme une personne souriante et positive par son époux, ce matin devant la cour d’assises. ÉdA – Florent Marot

François Melebeck, l’époux de Wivinne Marion, a évoqué ce matin la personnalité de la victime, ainsi que la funeste journée du 1er novembre 2018.

Costume impeccable, verbe clair et précis, François Melebeck conserve une incroyable dignité saluée tout autant par le président de la cour que par Me Devaux, pour la défense. L’époux de Wivinne Marion vient de témoigner devant la cour d’assises. Il a dû évoquer tout autant sa journée du 1er novembre 2018, jour de la disparition tragique de son épouse, que la personnalité de celle-ci. Une épreuve.

Ce petit matin de Toussaint, il est tiré du sommeil vers 7h45. «On avait passé la soirée chez des amis, en famille. C’était Halloween. Et on était revenu vers une heure du matin.» Il constate donc que son épouse a beaucoup de courage pour partir pour son jogging dominical. «Mais c’était habituel. Elle faisait beaucoup de sport. Elle courait deux, trois fois semaines et elle partait tôt.» Le mari se rendort quelque peu, c’est jour férié.

Avec sa fille, François Melebeck prépare le petit-déjeuner. Mais le temps passe et ça commence à l’inquiéter. «Elle partait en général pour une heure et on devait aller dîner chez ma belle-mère. Ce n’était pas son genre de revenir en retard», glisse le Boninnois. Il décide alors de prévenir la maman de Wivinne Marion. C’est cette dernière, très inquiète, qui contacte la police. «Moi, je ne voulais pas imaginer le pire, détaille le mari. Je prends la voiture et je refais les différents itinéraires qu’elle emprunte habituellement.» Mais pas de trace de la joggeuse.

François Melebeck repasse chez lui et repart avec sa petite fille, âgée de neuf ans. Le garçon, 13 ans, est resté loger chez les amis. Le Boninnois va également se rendre à la salle de sport régulièrement fréquentée par son épouse. Sans résultats. C’est une équipe de police qui viendra lui apprendre que le pire est finalement arrivé.

De l’amour, de la compréhension

Dans un second temps, le président de la cour d’assises a également posé quelques questions à François Melebeck pour mieux connaître la personnalité de la victime. Le couple s’était rencontré durant leurs études de médecine. Ils vivaient ensemble depuis 2002. «C’était harmonieux, il y avait de l’amour et de la compréhension, définit ce papa de deux enfants. On n’a jamais connu de séparation.» Il décrit une épouse dédicacée à sa vie de famille et investie dans son boulot. Wivinne Marion était docteur au centre de néonatologie du CHR de Namur. «Elle était très perfectionniste, ajoute encore celui qui est également docteur, chirurgien-orthopédiste au CHR namurois. C’était une personnalité souriante, positive.»

Wivinne Marion avait également fait part, quelques mois avant le drame, de sa volonté de lever quelque peu le pied, en se réorientant notamment vers des consultations privées, tout en accordant plus de temps à ses passions. Parmi celles-ci, la mode occupait une place de choix. Elle créait également des vêtements. Plus personne ne peut désormais plus profiter de ses talents.

«Arrivez-vous à surmonter tout cela?», intervient le juge Olivier Warnon. «Non, répond François Melebeck avec une implacable franchise. J’élève mes enfants tout seul au quotidien. Et ceux-ci doivent grandir sans leur maman. Mais ils ont maintenu toutes leurs activités, les scouts… et ils gardent des résultats scolaires excellents. Je trouve qu’ils sont admirables.» Tout est dit.