COUR D’ASSISES DE NAMUR

Traits psychopathiques, trou noir pas crédible, Xavier Van Dam passé au crible

Traits psychopathiques, trou noir pas crédible, Xavier Van Dam passé au crible

Xavier Van Dam présente des traits psychopathiques. EdA

Mercredi matin, les psychiatres et psychologues ont dressé le profil de l’accusé. Une personne qui trace sa route, sans remise en question.

Pas moins de six psychiatres et psychologues ont analysé Xavier Van Dam sous tous ses profils. Tous les rapports d’expertises convergent: c’est une personne narcissique, peu sensible, antisociale, impulsive, qui recherche une image positive aux yeux des autres avec, s’il le faut, l’emploi du mensonge par profit, avec des remords et culpabilité modérés. «C’est aussi une personne qui trace sa route, indique Anne Massin, psychologue. Il possède sa propre ligne de conduite et quand on lui soumet des éléments contradictoires, il continue à avancer

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Xavier Van Dam, selon les différents experts, a aussi une tendance à rejeter la faute sur les autres. «C’est notamment le cas quand il explique qu’il a raté sa cinquième primaire à cause de son professeur», note le président de la cour d’assises, Olivier Warnon. «Nous avons en effet constaté cette tendance, commente Donatien Maquet, psychologue. C’est d’ailleurs le cas avec sa voisine de Flawinne (où il est rentré durant la nuit par effraction quelques années avant les faits à Boninne, ndlr) où il se présente toujours comme victime alors que les faits ont été établis par la justice.»

Autre élément pour le moins capital, les différents rapports ont conclu que Xavier Van Dam est responsable de ses actes. «Il y a absence d’un trouble mental tant au moment des faits qu’au moment des différentes expertises.» Il n’a pas non plus de retard mental, de troubles dépressifs. «Il n’est pas question de maladie psychiatrique», commente Cécile Debabeche, psychologue.

Le trou noir ne tient pas

Les psychologues étaient d’ailleurs invités à répondre à la question du trou noir, la période de plusieurs heures dont Xavier Van Dam ne se souvient plus. Tout d’abord, Cécile Debabeche explique que l’alcool, au vu des éléments du dossier, ne peut être pris en compte. «Le fonctionnement cognitif est optimal lorsqu’on le voit à la station Q8 de Malonne puis au bar à champagne de Live-sur-Meuse. L’alcool ne peut donc expliquer un tel trou de mémoire. Ce n’est pas compatible.»

Les analyses psychologiques, psychiatriques n’expliquent pas non plus cette amnésie. «L’accusé ne présente pas de symptômes psychiatriques. Il ne présente pas non plus de trouble psychotique bref car il n’y a pas de fragilité psychotique dans le chef de l’accusé.» Un trouble dissociatif, une double personnalité donc? «Non plus car il est très posé, pas fébrile et regarde les experts dans les yeux. Ça ne colle pas. De plus, depuis les faits, il n’a plus vécu d’amnésie alors qu’il est incarcéré et donc dans des circonstances de vie plus stressantes. Il aurait dû, aussi, avoir des flashs, des souvenirs quand on le confronte à des faits, des angoisses. Ce qui n’a jamais été le cas.»

Alors, comment peut-on expliquer cet oubli de plusieurs heures? Ce n’est, pour Anne Massin, pas un cas unique en psychologie. «C’est de la manipulation pour se dégager de ses responsabilités. Au regard de son profil psychologique, ça colle. Cela l’arrange d’avoir cette version. Il se comporte comme si ces faits n’existaient pas. Il trace sa route.»

Troubles psychopathiques et récidive

Dernier élément: les tests pour évaluer les troubles psychopathiques de l’accusé. Il a passé à deux reprises le même test de deux psychologues différents. «Nos résultats sont légèrement différents mais nos diagnostics convergent, indique Donatien Maquet. Xavier Van Dam présente des traits psychopathiques sans pour autant que ce diagnostic soit posé de manière franche. Mais ils existent.»

Enfin, au niveau de la récidive, les psychologues ont conclu que le risque est d’actualité avec une facilité de passage à l’acte. «La dangerosité, la récidive est liée à la personnalité du sujet», conclut Donatien Maquet.

 

 

L’accusé réagit, pour la première fois

 

Avant que les différents psychologues ne quittent la cour, Audrey Seminara, l’avocate générale, s’est adressée aux jurés. Et, dans le même temps, visé adroitement l’accusé. S’il fait usage de son droit au silence durant la cour d’assises, Xavier Van Dam n’a, par moments, pas pesé la force de ses mots. «La psychologue Anne Massin a demandé à Xavier Van Dam son avis sur le viol dont il est accusé. Voici sa réponse, inédite: “ A quel moment j’aurais eu besoin de violer la victime? Je ne supporterais pas d’être placé dans cette catégorie ”.» Il a ensuite ajouté, lorsqu’on lui répète que des traces de sperme ont été retrouvées sur les effets personnels de la victime: «La seule explication serait qu’il y ait eu un rapport consenti avant que la situation ne dégénère.» Une phrase qui a évidemment provoqué du remous dans la salle. Et pour la première fois depuis le début de la semaine, l’accusé a montré des signes d’agacement. Il a froncé les sourcils et s’est directement adressé à son avocat, Me David Toussaint.