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LEUZE-EN-HAINAUT

Taxation maintenue à Leuze: «Et votre promesse de baisser l’IPP?»

Alors que les principales taxes (IPP et précompte immobilier) seront inchangées pour 2022, Écolo a interpellé le MR sur sa «promesse» faite à l’aube du dernier scrutin communal.

De retour à l’hôtel de ville après une petite année de séances virtuelles, les conseillers leuzois étaient en verve mardi soir, avec des débats parfois très animés entre la majorité et l’opposition.

On en a eu une première illustration lors du vote relatif aux taux d’imposition pour l’exercice 2022. Sans surprise, les deux principales taxes ont été maintenues à leur niveau actuel, à savoir 8,8% à l’impôt des personnes physiques (IPP) et 2950 centimes additionnels au précompte immobilier.

Le parti libéral ayant affirmé, à l’aube de la dernière campagne électorale, sa volonté de réduire la taxation directe, on pouvait s’attendre, tôt ou tard, à ce qu’il soit mis sur le gril… Le conseiller de la minorité Écolo, Baptiste Leroy, n’a pas manqué de demander ce que le MR comptait faire de sa promesse électorale.

«Éviter de faire un coup électoral»

«Nous voterons favorablement ces taxes (NDLR: à l’instar du PS), sachant que la directrice financière a mis en évidence les incidences graves qu’engendrerait une baisse de l’IPP. Je voudrais cependant m’assurer qu’il n’est pas dans les intentions de la majorité de faire un coup électoral en diminuant cet impôt en toute fin de mandature. Et ce sans prendre en compte les impacts de cette décision pour la future équipe au pouvoir», soutient-il.

«Ce n’est pas le moment!»

Le bourgmestre Lucien Rawart (MR) juge la taxation à l’IPP trop élevée pour ses concitoyens mais le moment n’est pas opportun pour envisager une révision, clame-t-il. «On a des défis à relever, des projets à concrétiser et l’on veut continuer à offrir les services et activités que les citoyens sont en droit d’attendre

Refinancer les communes: il y a urgence

L’échevin Nicolas Dumont (Idées) n’a pas apprécié la pique lancée par les Verts et a mis en lumière la situation financière désastreuse de bon nombre de communes. « Il y a des impondérables auxquels on doit faire face, comme les conséquences de la crise sanitaire, l’explosion du coût des matériaux… Avec la cotisation de responsabilisation et le gouffre financier que représentent les homes, compte tenu notamment de la baisse du taux d’occupation liée au Covid, les communes vont droit dans le mur.

Alors que les missions continuent d’augmenter, les recettes se réduisent toujours plus. L’urgence, c’est de refinancer les communes et j’invite chacun des groupes politiques à activer leurs relais ministériels

L’ancien bourgmestre Christian Brotcorne a aussi tenu à répondre au chef de file Écolo en faisant référence à la déclaration de politique communale. «Il est clairement stipulé qu’une réduction de la taxation peut être envisagée si les conditions le permettent, ce qui n’est pas le cas. Tout le reste, c’est du vent. À Leuze, on a la chance d’avoir des bases financières relativement saines mais je sais d’expérience que la confection d’un budget est toujours un exercice compliqué qui impose des choix raisonnés. » S’agissant de la crainte du groupe Écolo de voir la majorité «jouer une carte électoraliste» à la veille du scrutin de 2024, l’actuel conseiller Idées s’insurge.

«On ne prendra pas de décisions qui seront impossibles à assumer pour la future majorité. Ce serait insensé, d’autant qu’au moins un des deux partis actuellement au pouvoir (MR-Idées) imagine bien se retrouver autour de la même table au sortir du prochain scrutin », assure M. Brotcorne.


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