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COUR D’ASSISES DE NAMUR

Namur: Wivinne Marion étranglée et passée à tabac

Namur: Wivinne Marion étranglée et passée à tabac

Selon les médecins légistes, Wivinne Marion peut avoir perdu la vie rue Bois de Lahaut, au moment où l’agriculteur appelle les services de secours le 1er novembre. ÉdA – Florent Marot

Les médecins légistes ont présenté leur rapport. Wivinne Marion a été étranglée et frappée à de nombreuses reprises au visage.

Avec les images de la victime publiées hier par les enquêteurs de la police de Namur, on ne pouvait s’attendre qu’à un rapport accablant, ce mardi, des médecins légistes. L’autopsie, réalisée le 2 novembre 2018 par le docteur Alain du Verger et Jean-Pol Beauthier a mis en évidence d’importantes lésions au niveau du crâne. «Il y a eu de multiples coups portés qui sont impossibles à chiffrer. Un ou deux coups de poing ne permettent pas d’expliquer la violence au niveau de la tête.»

La strangulation, cause de la mort

Dans leur rapport, ils ont également indiqué que Wivinne Marion, 1m56 pour 52 kg, n’était pas décédée par noyade. «Nous n’avons pas retrouvé d’eau dans l’estomac, les poumons mais bien du sang.» La strangulation est le processus létal terminal. «Il nous est impossible de définir précisément la durée de l’agonie. Tout dépend de l’intensité de la strangulation, ajoute le docteur Jean-Pol Bauthier. Dans le cas d’une survie après strangulation, nous aurions retrouvé des lésions cérébrales qui auraient entraîné d’importants œdèmes. Ce n’était pas le cas ici. Nous pouvons dire que c’était très rapide.» A-t-elle perdu la vie à Boninne, rue du Bois de Lahaut, au moment où le fermier appelle les secours? «C’est possible car la description des coups portés selon la description de l’agriculteur est en partie compatible avec les constatations médico-légales (pour la strangulation, ndlr). En partie car cette description ne permet pas d’expliquer les lésions constatées au niveau du crâne de Wivinne Marion.»

«Pas de lésions liées à la pénétration»

Dernier élément de ce rapport, les traces d’ADN de l’accusé, Xavier Van Dam, retrouvées au niveau anal et vaginal de la victime. Les médecins légistes sont formels: «Il n’y a pas de traces de lésions, de résistance. Il nous est également impossible de déterminer à quel moment il y a eu pénétration. Il n’est pas non plus obligatoire qu’elle soit vivante au moment de l’acte. Elle peut également être inconsciente.»

 

 

Un autre épisode de violence?

 

Le président de la cour d’assises, Olivier Warnon, a questionné les médecins à de nombreuses reprises, mardi matin. Mais de nombreuses zones d’ombre restent au tableau. «Peut-on raisonnablement envisager l’hypothèse selon laquelle le décès est survenu après le moment où le fermier de Boninne appelle la police, à 8h54? Pourrait-on envisager un autre épisode de violence commis à un autre endroit?» Le docteur Alain du Verger reste prudent: «On ne pourrait émettre que des hypothèses. Il est impossible de définir, scientifiquement, ce qu’il s’est passé après 8h54. Mais il est certain que si la victime était toujours en vie après le passage à Boninne, les conséquences cérébrales auraient été plus marquées.»