PARIS-ROUBAIX

Van Petegem: «Malgré la déception, van Aert reste le grand favori pour Paris-Roubaix»

Van Petegem: «Malgré la déception, van Aert reste le grand favori pour Paris-Roubaix»

Après son "échec" aux Mondiaux, van Aert doit vite se remobiliser pour l'Enfer du Nord. BELGA

Selon le vainqueur de l’Enfer du Nord 2003, le Campinois jouera les premiers rôles, malgré la déception mondiale.

Une journée d’intense réflexion et de remise en question s’est écoulée depuis la désillusion belge dans les rues de Louvain. Entre les piques de bonne guerre lancées par nos voisins et l’analyse de certains, les coureurs déçus ont dû tourner la page et se focaliser sur les derniers objectifs de la saison.

Malgré son manque de forme dimanche, Wout van Aert reste l’un des principaux candidats à la victoire dans le Vélodrome de Roubaix. Le Campinois doit se remettre d’aplomb pour espérer succéder à Philippe Gilbert. Mais parfois, les blessures mentales sont plus difficiles à soigner que les pépins physiques. À quel point le vice-champion du monde du chrono aura été touché dans son amour-propre à Louvain? Sera-t-il de retour à son meilleur niveau pour affronter les pavés? Un deuxième monument comme lot de consolation? Plusieurs interrogations habitent les débats autour du coureur de Herentals.

On ne peut s’en cacher, la défaite de la Belgique aux Mondiaux est un échec cuisant. Sûrement l’un des plus grands de l’histoire du vélo dans notre pays. Attendu comme le favori à la tunique irisée, van Aert n’a pu jouer avec les meilleurs. Abattu lorsqu’il a franchi la ligne, le numéro un mondial ne pensait pas encore aux pavés du nord de la France. Une course qu’il apprécie particulièrement et où il sera encore davantage attendu après son jour sans dimanche. Difficile de se projeter quant à la forme de WVA en fin de semaine, mais mentalement, il semble d’ores et déjà acquis qu’il sera prêt à se battre pour la gagne. La force mentale est sans aucun doute l’une des marques de fabrique de l’intéressé. La meilleure preuve est à trouver dans son incroyable retour au premier plan après sa lourde chute au Tour de France. Suite à cet événement, le puncheur anversois a tout de même boité pendant de longs mois… Des coups durs, il en a connu, donc.

«Il est touché par la défaite et mentalement, ce n’est pas simple de se concentrer sur autre chose, souligne Peter Van Petegem. Mais il vaut mieux perdre quand vos jambes ne sont pas là, plutôt que l’inverse. Je suis convaincu qu’il sera prêt pour Roubaix. Certains s’interrogent sur l’énergie dépensée au Tour de Grande-Bretagne. Je ne sais pas vraiment dire si Wout en a trop fait sur cette épreuve. Il roule chaque course pour la gagner, personne ne peut lui reprocher cela. Quand cela ne veut pas, on doit l’accepter et ne pas se lamenter éternellement. L’Enfer du Nord représente une belle manière de retrouver rapidement les sommets pour van Aert. Il reste le favori, je pense. Les candidats sont nombreux, toutefois.»

Vainqueur de Gand-Wevelgem, grâce notamment au travail admirable de Nathan Van Hooydonck, puis de l’Amstel, l’homme de Jumbo-Visma n’a pu atteindre ce qu’il recherchait à l’aube de la saison : la conquête d’un second monument après Milan-Sanremo en 2020. Du moins, sur les courses d’un jour car sur les épreuves à étapes, le fer de lance du cyclisme belge a largement atteint la grande distinction. «Ce qu’il a fait au Tour de France était tout simplement exceptionnel! Il rêve des monuments, et il est, selon moi, capable de les remporter tous les cinq, commente Van Petegem, lauréat à Roubaix en 2003. Tout est une question de priorité. Pour le moment, Wout axe sa préparation sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. J’ose croire qu’il les gagnera à court ou moyen terme. Van Aert va dominer les classiques durant quelques années. Ce n’est pas parce qu’il a perdu aux Mondiaux qu’il faut l’enterrer.»

S’il venait à dompter les pavés, le Campinois ferait taire les quelques détracteurs qui se sont manifestés sur les réseaux après la perte mondiale.

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