CORONAVIRUS

Covid Safe Ticket retardé à Bruxelles: «les gens n’y comprennent plus rien», «Maron est comme un derviche tourneur», «il faut des seuils»

Covid Safe Ticket retardé à Bruxelles: «les gens n’y comprennent plus rien», «Maron est comme un derviche tourneur», «il faut des seuils»

Le Covid Safe Ticket arrive, mais plus tard que prévu. BELGA

L’opposition MR et cdH, ainsi que le partenaire de majorité DéFI, fustigent à Bruxelles le retard dans l’application du Covid Safe Ticket. Pour rappel, celui-ci n’entrera pas en vigueur à Bruxelles le 1er octobre. Vervoort rassure: ça sera le cas avant le 15.

L’entrée en matière du Covid Safe Ticket étendu ne pourra finalement pas être actée au 1er octobre. C’était pourtant le souhait depuis l’annonce de l’accord de coopération entre Fédéral et Régions. De quoi faire bondir l’opposition libérale bruxelloise MR, qui ne digère pas les nouveaux délais annoncés ce 27 septembre.

Le groupe MR du parlement bruxellois dénonce en effet ce lundi «le chaos, après la désorganisation vaccinale», pointant directement le gouvernement bruxellois et ses errements dans le dossier de l’élargissement du CST dans la Région-capitale.

Les annonces s’enchaînent alors qu’il n’existe toujours pas de base légale pour le CST élargi à Bruxelles

«Les annonces s’enchaînent alors qu’il n’existe toujours pas de base légale pour l’exécution du CST élargi à Bruxelles», ont dénoncé la cheffe de groupe Alexia Bertrand, le président de la Régionale du MR, David Leisterh et le Vice-président du parlement Vincent De Wolf.

«Les gens n’y comprennent plus rien»

Le groupe MR du parlement bruxellois interrogera mardi, le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron, «au sujet de la cacophonie qui règne autour de l’application du Covid Safe Ticket».

Il déplore les «multiples allers-retours du gouvernement régional dans sa communication et la confusion qui règne autour de ce dossier».

«Nous apprenons, ce jour, que le Parlement bruxellois n’est plus en mesure de débattre de l’ordonnance en commission ce mardi et en séance plénière ce jeudi comme prévu. Le gouvernement bruxellois ne respecte pas les délais qu’il s’était lui-même fixés», ont dénoncé les trois élus libéraux.

Si le but était de se concerter avec la Wallonie, il aurait fallu le dire clairement, voire mieux l’anticiper. Ça aurait eu du sens d’avoir une approche coordonnée dès le départ

Selon eux, «les gens n’y comprennent plus rien, à un moment particulièrement crucial où l’autorité doit travailler à gagner davantage la confiance de la population. Cette attitude est particulièrement dommageable. Les explications de la majorité manquent aussi de transparence. Si son but était de se concerter avec la Wallonie, il aurait mieux fallu le dire clairement, voire mieux l’anticiper. Cela aurait eu du sens d’avoir une approche coordonnée dès le départ».

Le MR déplore ce qu’il qualifie de «nouveau manque de stratégie» après l’épisode de la vaccination. «Les annonces de rétroactivité de la part du président du parlement sur un texte qui n’est même pas encore arrivé sur la table de l’assemblée relève du plus grand cafouillage démocratique», a-t-il conclu.

Frémault: «Dépitée par le manque d’anticipation perpétuelle»

De son côté, la cheffe de groupe du cdH au parlement bruxellois Céline Fremault a fustigé, mardi matin, l’attitude de la majorité régionale.

«Je suis totalement dépitée par le manque d’anticipation perpétuelle dans la gestion de la crise sanitaire à Bruxelles. Cela devient un amateurisme coupable qui impacte les citoyens bruxellois et de nombreux secteurs qui ont déjà souffert», a-t-elle dit, mardi matin dans Matin Première (RTBF).

Je porte vraiment un regard très dur sur ce manque de leadership et de courage

«Il y a 18 mois j’avais une réelle compassion pour ce gouvernement, nouvellement formé qui se retrouvait face au séisme de la crise sanitaire. Aujourd’hui je porte vraiment un regard très dur sur ce manque de leadership et de courage», a-t-elle ajouté.

Le cdH soutiendra toutefois l’adoption du texte quand il arrivera sur la table du parlement régional.

Le CST, c’est un instrument qui n’est pas agréable mais qui est indispensable. Je préfère un Covid Safe Ticket qu’un quatrième lockdown

«Le CST, c’est un instrument qui n’est pas agréable mais qui est indispensable. Je préfère un Covid Safe Ticket qu’un quatrième lockdown. Sur le fond le cdH soutiendra donc le texte. Mais sur la forme il y a une réelle difficulté de communication, avec un ministre de la Santé, Alain Maron, qui est comme un derviche tourneur alors qu’il devrait donner le cap», surtout dans une région où les chiffres de vaccination peinent toujours à décoller, a enfin pointé la députée humaniste.

DéFI veut des seuils et des critères clairs

Les chefs de groupe DéFI au Parlement bruxellois, à la Cocof et à la Fédération Wallonie-Bruxelles déplorent aussi une certaine cacophonie dans la mise en place du CST entre les différentes Régions. Ils demandent l’application de critères clairs, de seuils, et d’une transparence via la publicité des chiffres

Selon Emmanuel De Bock (Région bruxelloise), Michael Vossaert (Fédération Wallonie-Bruxelles), et Jonathan de Patoul (Cocof), en Région Bruxelloise, la mise en place du CST sera conditionnée à l’analyse de la situation épidémiologique, via divers indicateurs tels que le taux de vaccination, le taux de reproduction du virus, le taux de contamination, le nombre de lits hospitaliers… DéFI veut que le gouvernement bruxellois établisse des seuils pour chacun des indicateurs retenus.

Je ne veux plus revivre ce qu’on a vécu avec le couvre-feu différencié. Il faut que la mesure ait du sens dans la lutte contre le Covid et se justifie quant à sa proportionnalité

Pour Emmanuel De Bock, «l’articulation des critères retenus doit permettre d’être prédictif de l’évolution positive ou négative du CST. En clair, il ne s’agit pas de donner un blanc sein au Collège réuni pour justifier des prolongations… Les critères retenus ont-ils la même importance relative? Je ne veux plus revivre ce qu’on a vécu avec le couvre-feu différencié. Il faut que la mesure adoptée ait du sens dans la lutte contre le Covid et se justifie quant à sa proportionnalité. C’est d’ailleurs une des remarques du Conseil d’État».

Au-delà de l’établissement des seuils, DéFI demande une méthodologie, et une publicité journalière, hebdomadaire des chiffres alimentant ces critères d’évaluation afin que la population puisse s’approprier la mesure.

Quid des soignants?

Par ailleurs, les élus amarantes jugent «absurde que l’application du CST dans différents secteurs tels que l’horeca ou encore les institutions de soins ne concerne pas les travailleurs». Pour la députée DéFI Marie Nagy, «il est incompréhensible que les soignants, qui passent davantage de temps avec le public fragilisé des Maisons de repos, ne soient pas obligés de présenter un certificat, alors même que les résidents et leurs familles le devraient».

Ils demandent de la précision sur la manière de calculer les jauges, notamment pour les grands complexes sportifs culturels.

Il est incompréhensible que les soignants, qui passent davantage de temps avec le public des Maisons de repos, ne soient pas obligés de présenter un certificat, alors que les résidents et leurs familles le devraient

DéFI qualifie enfin de «non-sens» le fait qu’au sein d’un pays aussi petit que la Belgique, le CST ne fasse pas l’objet d’une application concertée et cohérente entre l’ensemble des Régions.

Dans le même contexte, le député-chef de groupe FWB Michaël Vossaert a déploré le manque de concertation avec les communes et les acteurs de terrain dans le cadre de l’élaboration du cadre juridique d’application du CST.

L’ordonnance bruxelloise visant la mise en place de ce CST, prévoit des sanctions pénales en cas d’infractions aux règles d’application du CST. Pour Emmanuel De Bock, le choix de la pénalisation risque d’encombrer les tribunaux et d’alourdir le casier judiciaire de ceux qui ne paieraient pas l’amende établie.

Vervoort: «Date fixée dès réception des avis du Conseil d’État»

L’entrée en vigueur du CST élargi à Bruxelles sera fixée dès que la date de réception des avis du Conseil d’État et de l’Autorité de protection des données sur le projet d’ordonnance d’exécution sera connue avec certitude, a indiqué lundi après-midi le cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, au nom de l’ensemble des ministres bruxellois siégeant en tant que collège de la Commission communautaire commune (Cocom).

Par voie de communiqué, celui-ci a rappelé qu’en tant que en tant que collège de la Cocom, l’ensemble du gouvernement bruxellois, avait affirmé le 16 octobre dernier que son objectif, était «une mise en œuvre début octobre, une période de mise en place précédant des contrôles et sanctions à partir de la mi-octobre, dès l’adoption et la publication des textes portant ces sanctions». L’exécutif bruxellois venait alors d’adopter en première lecture le projet d’ordonnance portant sur les mesures d’exécution du CST élargi et annonçait l’envoi de ce texte, pour avis, au Conseil d’État ainsi qu’à l’Autorité de Protection des Données.

Début octobre quand même

Dans la même communication, rappelle le cabinet du ministre-président, il était précisé que le collège poursuivait, en parallèle, la concertation avec les différents secteurs et les ministres d’autres entités compétents pour ces secteurs, les partenaires sociaux et les bourgmestres. «Compte tenu de ces impératifs essentiels, l’objectif du gouvernement (COCOM) est une mise en œuvre début octobre, une période de mise en place précédant des contrôles et sanctions à partir de la mi-octobre, dès l’adoption et la publication des textes portant ces sanctions», était-il ajouté.

«Depuis lors, les concertations se sont poursuivies et les avis de l’Autorité de Protections des Données (APD) et du Conseil d’État sont attendus pour cette semaine. L’entrée en vigueur sera donc fixée dès que la date de réception des avis sera connue avec certitude», soulignent les ministres bruxellois, via le cabinet Vervoort.

Par ailleurs, la Région wallonne ayant également décidé d’adopter le Covid Safe Ticket, le gouvernement bruxellois se concertera avec son homologue wallon, les domaines d’application du CST dans les deux Régions concernant les mêmes secteurs et visant des mesures comparables.

Quid d’ici le 15 octobre?

«En tout état de cause, la Région bruxelloise sera prête pour une entrée en vigueur sur son territoire dès le 15 octobre», dit encore le communiqué.

Que se passera-t-il à partir du 1er octobre et jusqu’à l’entrée en vigueur du CST pour tous les secteurs concernés?

L’accord de coopération fixe un cadre pour les boîtes de nuit et les événements de masse: le CST continuera à s’appliquer pour les événements de masse et s’appliquera donc, dès le 1er octobre pour les boîtes de nuit.

Le CST pour les autres secteurs concernés ne s’appliquera qu’à l’entrée en vigueur de l’ordonnance bruxelloise, selon les conditions validées par le parlement.

Les autres mesures restent en vigueur tant que le CST n’est pas mis en place, à l’exception de l’heure de fermeture à 1 heure du matin qui n’est plus d’application.



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