TV Factory: encore un espoir de pérenniser l’activité

TV Factory: encore un espoir de pérenniser l’activité

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Une offre de reprise a été déposée. Rien n’est encore signé, mais l’administrateur-délégué se veut optimiste.

L’avenir de TV Factory, décrite comme une «perle» dans le Projet de Ville La Louvière 2050, s’écrit toujours en pointillé. Minée par une dette accumulée lors des premières années d’exploitation avant sa mise sous procédure de réorganisation judiciaire, l’entreprise audiovisuelle a mis en vente son complexe de 24 000 m². Et cette vente pourrait aboutir de manière imminente.

«Une offre de reprise a été déposée», confirme Henry Alexander, administrateur-délégué de TV Factory. Une bonne offre, «qui devrait aboutir dans les semaines à venir» espère-t-il. Et qui pourrait signifier un avenir pour l’activité de location de studios sur le site d’Houdeng-Goegnies. «A priori, il y aurait la possibilité de garder ce type d’activité, mais les discussions sont encore en cours. À ce stade, rien n’est encore signé. Je ne peux pas encore garantir que ça va continuer, ni que ça va s’arrêter. Mais j’ai bon espoir.»

Quelle que soit l’issue, l’aventure sous la forme actuelle de TV Factory s’arrêtera à la fin de l’année. Soit le deal capote et l’entreprise dépose le bilan, soit le repreneur ne poursuit pas l’activité, soit l’activité de location de studio continue, mais «ce sera dans une nouvelle structure, il y aura une refondation complète de TV Factory, qui n’existera plus en tant que telle, avec de nouveaux actionnaires.»

Cette dernière hypothèse permettrait d’éviter un gâchis total, dont les causes sont multiples. Et l’une d’elles, c’est le dossier Antenne Centre. «ACTV s’est installé en 2018 mais, pour des raisons de mauvaise gestion interne, elle a décidé de partir en nous laissant une ardoise morale de plusieurs centaines de milliers d’euros.»

En effet, pour accueillir la télévision communautaire du Centre, «nous avons engagé des frais à leur demande pour leur construire un studio sur mesure.» Pour les rentabiliser, «il aurait fallu qu’ACTV reste neuf ans. Ils ne sont restés que trois ans. Faites le compte du manque à gagner», lâche Henry Alexander, qui reconnait que TV Factory «a commis l’erreur de ne pas inclure une clause dans le contrat de location stipulant le remboursement de ces travaux en cas de renoncement du bail de location.»

Décideurs politiques aux abonnés absents

Une faille dont le conseil d’administration d’ACTV était conscient et a profité pour mettre les voiles, enfonçant TV Factory dans les difficultés. «Nous avons notre part d’erreurs, notamment le fait d’avoir voulu tout faire d’un coup, sans phaser. Mais les politiques locaux ne nous ont pas aidés. Ils étaient aux abonnés absents, sauf au cocktail d’inauguration», grince Henry Alexander, qui regrette le peu d’intérêt suscité par le projet. «J’en suis très triste […]. Notre but était de s’ancrer dans le Hainaut, d’y développer l’audiovisuel, mais ça semble difficile si on ne dispose pas des bons appuis…»

L’administrateur-délégué n’est pas le seul à regretter le manque de soutien. C’est aussi le cas de Xavier Papier, conseiller communal d’opposition à La Louvière et président de Wallimages. En cette qualité, il a vu un beau projet échapper à La Louvière. «Un projet porté par Wallimages est d’aménager un studio avec des fonds LED. C’est le niveau au-dessus du fond vert pour créer des incrustations et ça a la cote. Ça permet d’attirer les grosses productions cinématographiques, de séries, des tournages de pub… Et TV Factory était en pôle position pour attirer le projet dans la région.»

Mais la situation du studio a fait capoter le projet «et les Carolos, avec Dreamwall, Sambrinvest, le Quai 10… sont venus frapper à la porte de Wallimages pour récupérer le projet.» Et La Louvière, à cause de son immobilisme, peste Xavier Papier, de dire bye-bye à la pépite technologique.

Ugo Petropoulos


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