article abonné offert

NAMUR

Van Dam reconnaît sa culpabilité… et se mure dans le silence

Van Dam reconnaît sa culpabilité… et se mure dans le silence

Xavier Van Dam fait valoir son droit au silence mais reconnaît sa culpabilité dans le meurtre de Wivinne Marion. EdA - Florent Marot

Une quinzaine de minutes, c’est très court pour l’interrogatoire d’un accusé sur des faits reprochés aussi graves qu’un assassinat, un viol avec séquestration… Un quart d’heure, c’est aussi extrêmement long quand on se heurte continuellement à un mur.

On le pressentait déjà ce matin. Xavier Van Dam a rapidement donné le ton quand le président Olivier Warnon lui a demandé s’il reconnaissait les faits qui lui sont reprochés. «Alors, je souhaite prendre mes responsabilités, entame l’accusé. Oui, je reconnais ma culpabilité pour le meurtre de madame Marion. Mais trois ans après, je ne me l’explique toujours pas. Je ferai donc usage de mon droit au silence.»

Le juge insiste. «Vous reconnaissez également le viol?» La tension monte d’un cran. Le visage de Van Dam se ferme: «J’ai répondu à votre question, je ne souhaite plus y répondre.»

Olivier Warnon rappelle les fondamentaux. «Vous pouvez faire usage de votre droit au silence mais c’est aussi mon droit de vous poser des questions.» Cette fermeté accrue n’aura pas plus d’effet. Même quand le président de la cour d’assises tente de «faire appel à la conscience» de Xavier Van Dam. «On peut avoir une pensée pour les proches de la victime. On peut penser à ses deux enfants qui, trois ans plus tard, se demandent toujours pourquoi leur maman n’est pas revenue d’un banal jogging. Ils se lèvent probablement tous les matins en se posant cette question.» 

A LIRE | La chronologie des faits

Impassible, Xavier Van Dam se mure dans son silence. «Cette position n’est pas irrévocable», lui rappelle Olivier Warnon. «Si vous souhaitez vous exprimer à un autre moment, vous aurez encore la possibilité.» Le président avertit aussi l’accusé. «Vous devrez aussi assumer. Pour certains, cela peut être perçu comme une fuite. C’est la première fois que je me retrouve face à ce cas de figure!»

Personne n’est décidé à prolonger ce drôle d’exercice. «C’est inutile», estime Me Marc Preumont, l’avocat des proches de Wivinne Marion. Les réponses, il faudra probablement les trouver autre part. Notamment dans le dossier et les éléments de l’enquête, actuellement présentés par les équipes de policiers et d’experts qui sont intervenus depuis le tout début des faits, le 1er novembre 2018.